LE BOEUF DU MOUSSE
LE MOUSSE
V's ôt's bien bon, m'sieu; mais voulez-vous (^u'je r soign' pendant la traversée?
LE SECOND
Oui. J' te charg' de les soigner tous.
LE MOUSSE
Oh ! merci pour vot' bonn' pensée,
J' vas m' mettre à l'œuvre. Où cxu' c'est qu'est ITolu ?
LE SECOND
A l'avant;, mon p'tit.
LE MOUSSE
Bon! j' commence, Et j'espèr' qu'on n'aura pas b'soin D' tuer r mien, avant l' retour en France.
A Félix Jean te t.
PÊCHEURS DE TERRE-NEUVE
17 février 1893.
PÉCHEURS DE TERRE-NEUVE
[En (loris, sur les bancs, un jour de brume.)
AN -FRANÇOIS, novice. — MATHUPJN, malelo Puis, LE CAPITAINE.
JEAN-FRANÇOIS
Quel froid d' loup, mon vieux pays!...
R'gard' donc la mer, comme è' fume !
MATHURIN
Oui, ça y est ! nous v'ià cor' pris.
Tous deux, dans cett' maudit' brume.
C t'égal, faut pas s' plaind', ça mord, V'ià r doris qu'est plein d' morues...
Bouffez donc, t'nez, en v'ià cor, Du cap'lan, band* de goulues!
(II chante.)
Jean-François de Nantes,
Hé! hé! hé!
Aim' les joli's servantes Ohé!
Jean-François.
MATHURIN
N' chant' pas si fort, animal!
V'ià tout r banc d' poisson qui file !
Bah ! laiss' courir, y a pas d' mal, Y' rViendi'a demain, sois tranquille...
J' crèv' de faim! Rallions 1' bateau.
Ya pus d'biscuit, ni d'quoi boire.
Tiens, r'garde ! Ya pus un' goutt' d'eau, Queir brum' ! La mer en dVient noire-.
(Il chante.)
Jean-François de Nantes,
Hé! hé! hé!
Aim' les joli's servantes Ohé!
Jean-François.
(Coups de sifflet à vapeur dans la brume.) MATHURIN.
Tonnerre î As-tu entendu ?
PECHEURS DE TERRE-NEUVE 139
JEAN-FRANÇOIS
C'est un charbonnier qu'arrive!
MATIIURIN.
Gueul' comm' moi, ou t'es perdu.
Stop! stop!... Touchés!... L' chameau d'rive... J' somm's foutus!... Au s'cours! au s'cours!... Via la maudit' barqu' passée !
Jean-François! vis -tu toujours?
JEAN-FRANÇOIS
Oui, mais j'ai la patt' cassée !
MATHURIN
Pauv' bougrM attends, j'vas t'aider.
Cramponn', d'un' poign', la carcasse!
J'espèr' qu'on n' va pas tarder A v'nir du brick voir c* qui s' passe. L' cap'taine doit s' douter un peu Que j' devons fair' les grenouilles.
JEAN-FRANÇOIS
Oh! qu' mon bras m' fait mal, bon Dieu! Chameaux d'Anglais! Band' d'andouilles!...
MATHURIN
Ya du calme plat, tant mieux!
Comm' ça j' gardons la mêm' place ; Mais qu' la mer est froid'! vingt gueux! J'en ai tout' ma barb' qui s' glace... Brr! Ça n' fait rien, patientons...
J'crois qu'on vient, r'tiens ton haleine.
JEAN-FRANÇOIS
Oui, c'est des bruits d'avirons Et la gross' voix du cap'taine.
(Voix du capitaine dans la brume.)
Jean-François! Oh! Mathurin!
MATHURIN
Par ici, v'nez vous-en, vite!
(Voix du capitaine dans la brume.)
Par où, vieux? cri' core un brin.
MATHURIN
Ici!
(Voix plus rapprochée du capitaine dans la brume.)
Bon, y somm' à vous d' suite...
Ét's-vous core en vi' tous deux ?
MATHURIN
Oui, cap'taine.
PKCIIEURS DK TEIIHK-NEUVE 141
LE CAPITAINE, à l'arrière d'une embarcalion de son hrii k.
A la bonne heure!
J' vous vois, c'est pas malheureux !... Qu'est-c' qu'a Jean-François? F pleure!... Pauv' bougr', qu'est-c' qui t'arriv' cor?
JEAN-FRANÇOIS
J'ai l'abattis en pantenne!
LE CAPITAINE
Tiens bon que j' te hisse à bord.
Allez, houst!...
JEAN-FRANÇOIS
Merci, cap'taine,
LE CAPITAINE
Fais voir un p'tit peu ton bras...
C'est un' foulur', ça s' répare.
Laiss'-moi faire un peu, mon gas, J' vas t' le remettre en plac' dar'-dare.
Ouill! ouill! Merci, cap'tain'! Mais Faut qu'à terr' ma rage éclate.
J' poch' l'œil au premier Anglais Qui va m' tomber sous la patte.
LE CAPITAINE
V'ià r ciel qu'est tout bleu, mainfricant, Tiens. Mais rgardez-donc en face, Dans la brum' qui fil' sous P vent, C'est r vapeur qu'est su' V banc d' glace!. Vlà qu'i' coule !... Allons, mes vieux, Pus d' r aucun' devant V naufrage!
Montrons que j' valons mieux qu'eux.
Allons r'pêcher c' t' équipage !
^1 Ji:nn Lorrain.
LA CHARITE SUR LA COTE
S octobre 1895.
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LA CHARITÉ SUR LA COTE
JEAN-FRANÇOIS et THOMAS, Terreneuvas.
Eh ben, Thomas, qu'est-c' que tu compt's de neuf? As-tu c' matin quèqu' nouvelle à m' apprendre?