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SCÈNE II

Les Mêmes et FARUEL.

KERVEUR.

BoDJour, Faruell

FARUEL.

Salut, Kerveur!

Ça va bien?

KERVEUR.

Oui, et toi, ma vieille?

FARUEL.

Couci, couça, tout en douceur,

Comme un homm' qu' est d'bout d'puis la veille.

KERVEUR, désignant Calvarin.

J'pari', vieux, qu' tu n" le r'connais pas?

FARUEL.

Tiens bon un peu, que j' l'examine!

C'est Calvarin! C'est toi, mon gas!

Sacredié, tu n'as pas bonn' mine !

(Aux hommes du bateau.)

Eh ! là, vous aut's, débrouillez-vous ! Portez d' suite à la poissonn'rie Tout's les manné's, dépêchons-nous!

(A Calvarin,)

Pauv' Calvarin, t'es core en vie!

J'te croyais crevé d'puis longtemps.

Tiens, t' as la médaill' militaire!

C'est chouett'! j'te fais mes compliments!

Ah! si nous allions prendre un verre?

(Les trois amis se dirigent vers la grand'portc.) CALVARIN.

Mon vieux Faruel, c'est pas d' refus.

C'est chic de se r'trouver ensemble

D'puis vingt-cinq ans qu" nous nous somm's vus.

FARUEL.

Oui, c"tait pendant la guerre, i' m' semble, Au bas d' l'escalier des Sept-Saints, A Brest, chez la gross' mèr' Cotasse, Qui, avec son p'tit débit d' vins, T'nait un' gargot' de ragougnasse.

Quand nous sortions d'un lupanard, C'est là qu'on s'emplissait la panse.

LE PERE FAIIUEL 1<.M.)

CALVARIN.

Maint'iuint c'est ru' d' Siain, An Cawwd, Que Jean 1' mat'lot va fair' bombance... La mèr' Cotass', c'est ça qu' est loin !

KERVEUR.

Oui, y a longtemps qu' la vieille est morte !

(Les amis passent sous les rciii[iails cl ciitrciit cii ville.) F A RU EL.

Vieux frèr's, entrons là, Au Bon Coin.

C'est r meilleur débit d' la grand'porte.

SCÈXE IIJ.

[Dans Vintérieur du petit débit faisant le coin, au bas de la grand^rue, oh se trouvent attablés, buvant du café^ quelques portefaix.)

Les Mêmes, plus .JOSÉPHINE, servante, puis le MOUSSE de Faruel.

FARUEL, en entrant.

Salut, tout r mond' !

CALVARIN.

Messieurs, bonjour!

(Apercevant la jeune servante.)

Tiens, c'est toi que v'ià, Joséphine !

T'as donc quitté, depuis Faut' jour, Ta place au café d' la marine?

(Joséphine essuie la table. Faruel en profite pour lui passer la main sur la taille et l'embrasser.)

JOSÉPHINE, se défendant.

Allons, M'sieu Faruel, laissez-moi!..

C'est vrai, faut tout F temps quT m'embrasse.

KERVEUR.

Sacré Faruel, va, c'est bien toi, Toujours comm' chez la mèr' Cotasse!

(A Calvarin.)

r n' peut pas voir un cotillon Sans qu' ça lui chavir' la boussole.

On r'connait bien là 1' vieux garçon Qui n' crach' pas su' la gaudriole !

JOSÉPHINE

Qu'est-c'que vous prenez?

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