I. Sefeur el ilioiidy. C'est l'isabelle à crins blancs
cuisses longues ; mais il contemplait l'épaule avec un froncement de sourcils.
Aussitôt, les adversaires du cheval gris et de son maître commencèrent de vociférer :
— Il a le poitrail étroit !
— L'épaule perpendiculaire î
— Il nie les éperons !
— Il se sauve des étriers 1
— Méprise-le!
— Voyons l'alezan dont tu m'as parlé, dit f>ic au spahi.
Un cheval parut, tenu en main par un goumier. Et comme il s'avançait en hennissant, la télé haute, un murmure d'admiration qui n'était pas feinte, jaillit du tas des burnous. Ben-Titi ordonna au goumier de débarrasser ce magnifique animal de la selle et du tapis qui protégeaient son rein. Puis se tournant vers Eric, il déclama :
— Voilà. . . Son dos est découvert. . . Rassasie tes yeux.
— Gomment se nomme ce buveur d'air. ^ inlerrogea un des assistants.
— Mansour *, dit le goumier.
— Un beau cheval! dit Eric.
Mais Ben-Titi lui coupa la parole :
— Ne dis point que c'est un cheval ! . . . Dis que c'est un fils!... Il devance l'amorce, il atteint la gazelle, il dit à l'aigle : « Je monte vers loi ! » Il répond par des hennissements au chant des mariages, il flaire la poudre comme si c'était la fraîcheur de l'eau. Compte sur lui comme sur ton cœur! Ce cheval-là n'a pas de frère en ce monde...