‹ Gens de poudre: roman d'histoire et d'aventuresChapitre 19 sur 55 · I. C'est-à-Hlire ; « le Victorieux · texte numérisé non relu

I. C'est-à-Hlire ; « le Victorieux

Éric était charmé de la franchise du regard, de la mobilité des narines, de la longueur de Tencolure, de la hauteur du rein, de la solidité des aplombs. Comme il passait sur la peau veloutée de Mansour une main voluptueuse, Ben-Titi ordonna:

— Maintenant, compte un peu ses épis. Il a Tépi de la têtière qui gagne la victoire à la course. Il a Tépi du sultan qui porte le maître à l'honneur. Il a Tépi des éperons qui met Tamoureux hors des atteintes d'un mari jaloux...

— Et ses basanes ! dit le goumier.

— Examine, reprit Ben-Titi, son pied droit de devant et son pied gauche de derrière. Ce cheval a la main blanche de l'écrivain et le pied blanc du cavalier. Avec lui, tu monteras et tu descendras sur du blanc. Dieu te protège contre l'envie 1

Tant de présages heureux dans la robe, les basanes et les épis, ajoutés aux qualités plus certaines qu'il avait reconnues sous la pression experte de sa main, décidèrent Éric. Il ordonna à Ben-Titi au milieu d'un murmure approbateur :

— Dis à ce goumier que l'afifaire est conclue. Paye le cheval et conduis-le à l'écurie du commandant. Je le monterai dès demain, au petit jour.

— Tu viens, dit le spahi d'un ton grave, de t'ajouter un ami. Le père de ce Mansour était Sâad, l'enfant chéri des Hâymeur, sa mère, Guémâra, que les Ouled-Krélif appellent leur fille aînée. Ainsi, pour te former ce a Victorieux » , le destin a marié le « Bonheur » avec la « Lune ». Il n'en fallait pas moins pour satisfaire un cavalier tel que toi : le bijou d'or se forge avec Tor.

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