‹ Gens de poudre: roman d'histoire et d'aventuresChapitre 46 sur 55 · RENTREE D»EXIL · texte numérisé non relu

RENTREE D»EXIL

Il avait été décide que les Ouled-Saoud, introduits par la brèche de la muraille, iraient surprendre les habitants de la Casbah dans leur premier sommeil. Selman devait attendre dans la maison que la trahison lui avait ouverte, des nouvelles de leur coup de main. Il se trouvait Thôte d*un des plus riches marchands d'or du quartier de la Medjeria. Ce juif avait appris à lire à Tunis. Il pouvait servir de « kodja ».

Sur le conseil de Sonia, Selman n'attendit point pour rédiger Tavis qu'il comptait envoyer au général de Salles qu'un messager lui apportât la nouvelle que la Casbah était prise. Il discuta longtemps les termes de ce message avec cette étrangère que déjà il avait pu juger à l'épreuve. Sonia affirmait avec un luxe d'arguments qui devait triompher de toute défiance que, de gré ou de force, les Français seraient

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contraints d'accepter la révolution de palais qui allait mettre TOued-Rir dans les mains de Selman.

Instruite par le lieutenant Franck, puis par le Cheikh-El-Arab, de tout ce qui s'était dit dans le conseil du commandant Séroka, elle prédisait Tavenir

> sûr. Selman finit par se rendre à ses raisons.

\rit, presque sous sa dictée :

« Mon général, j porte à votre connaissance que je suis votre ur et votre fils. Or, si le fils s'écarte de la bonne l appartient à son père de l'y ramener. Pardonoi mes fautes passées. Je viens à vous, je me jous votre égide, parce que vous êtes une nation use et bienfaisante.

le n'est point parce que je reprochais à Abdern d'avoir recherché votre alliance que je me suis î au milieu des nomades qui, jusqu'ici, ont de reconnaître en vous les envoyés de Dieu, liais sauver ma tête. Si vous me donnez à cette l'appui que je vous demande, vous n'aurez pas viteur plus zélé que moi. Je persuaderai à mes BS nomades d'abaisser leur bannière devant votre lu, je leur fermerai le marché de l'Oued-Rir, sistent. Ainsi, ils connaîtront que Dieu a décidé -miner par la faim ceux qui résistent à sa

dis que l'oreille aux aguets et prêt à s'élancer, d'échec, sur le cheval qu'un serviteur lui avait au pied du rempart, Selman apposait déjà son de sultan au bas de cette lettre politique, les

-Saoud s'étaient glissés à travers la ville endor-

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mie, jusqu'à la place du Marché. Blottis dans Tombre de la mosquée, ils attendaient qu'un chant de coq, suivi d'un aboiement de chien, leur donnât le signal convenu. Ils guettaient sans émotion, leur volonté détendue jusqu'à la minute de l'audace, comme des arcs dont de sages guerriers lâchent la corde dans les repos de bataille.

La nuit était encore noire, quand, de cette cour triangulaire où les écuries d'Abd-El-Kader étaient installées, un chant de coq s'éleva, si clair, que personne n'aurait osé affirmer qu'il était une imitation de la voix humaine. Pourtant, en une seconde, la troupe fut sur pied :

— Comptons, dit le chef. Un, deux, trois...

Il avait levé les mains. Chaque fois, à l'énoncé d'un nombre, il abattait un de ses doigts. Quand il fut à dix, un aboiement étouffé jaillit plus près d'eux, juste sous la porte. Il n'y avait plus de doute. Les guerriers sortirent de l'ombre, et, du pommeau de son sabre, le chef des Ouled-Saoud heurta la porte trois fois:

— Au nom de Sidi Abd-El-Kader-Djelaly ! prononça-t-il à voix basse, comme la porte s'entre-bâillait.

— Au nom de Celui qui jamais n'a laissé les Croyants dans l'embarras, répondirent les -Ouled-Moulat qui avaient machiné cette trahison. Soyez les bienvenus... Tout dort et vos ennemis vont se réveiller vos serviteurs.

Hs étaient maintenant près de soixante-dix guerriers, choisis, armés soigneusement. Étouffant leurs pas, ils pénétrèrent dans cette cour intérieure où, d'ordinaire, on recevait les hôtes. Les nègres de la « Deïra » avaient leurs chambres à l'entour.

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Le chef des Ouled-Saoud plaça une sentinelle à chaque porte. Il se disposait à monter au premier étage pour s'emparer des femmes et du jeune sultan, un coup de feu parti d'une fenêtre grillée, l'atteignit entre les épaules :

— Allah! murmura-t-il en élevant les bras.

Et il tomba sur la face.

Cette riposte venait trop tard. Réveillés en sursaut, les nègres de la « Deïra » constatèrent l'inutilité de la résistance. Seuls, une douzaine de serviteurs se firent tuer dans les escaliers du sérail. Au moment où, pistolet en main, Lala Aïchouch paraissait au seuil des appartements de son petit-fils, l'Agha du Goum, prisonnier des Ouled-Saoud, leva la main pour arrêter sa défense :

— Dieu est le plus grand ! dit-il. Il se prononce contre tes serviteurs. Soumets-toi avec eux...

Cependant, le jour commençait de se lever sur les palmiers et sur la dune. Du village de Nezla où il commandait avec une partie du goum de Tougourt, Bouchemall apercevait autour de la ville sultane, un mouvement innaccoutumé. Armé d'une longue vue que le colonel Desvaux lui avait donnée, lors de son ambassade à Batna, il monta sur le minaret

— N'as-tu rien aperçu de suspect? demanda-t-il au muezzin qui venait de dire en haut de la tour la (( prière du témoignage ».

— J'ai vu, dit le muezzin, abaisser sur la tour de la Casbah, la bannière de sultan Abd-El-Kader, mais aussitôt, elle a été relevée.

Bouchemall regarda dans la direction qu'on lui indiquait, et, brusquement, comme s'il avait aperçu un sortilège, il abaissa la longue-vue qu'il venait d'approcher de ses cils laineux. En même temps, pour s'en

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faire un porte-voix, il portait ses deux mains à sa bouche et, de toutes les forces de ses poumons, vers les quatre échos du ciel, il jeta aux croyants encore agenouillés sur les terrasses dans la méditation de la prière :

— Trahison I trahison ! La bannière d'Abderhaman est renversée!... L'étendard de Sclman flotte sur la Casbah!.. .

Protégés par le voisinage de Tougourt contre les audaces des nomades, les habitants de Nezla récollaient leurs dattes pour eux-mêmes. Jusque-là ils avaient refusé de céder aux sollicitations de Selman. Us craignaient que le nouveau Sultan ne livrât leurs palmiers et leurs personnes à la rapacité des Ouled-Moulat. En une seconde, l'oasis fut en rumeur. Les femmes couraient sur les terrasses en poussant le cri de guerre, les hommes se réunissaient sur les places, armés de leurs lances et de leurs fusils. Au moment où le soleil apparaissait sur l'horizon, Bouchemall, à la tête de mille fantassins, sortait de l'oasis dans la plaine et, au milieu des acclamations, il faisait déployer la bannière d'Abd-El-Kader.

Il n'alla pas bien loin. Des palmiers de Tébesbest, village ennemi de Nezla, sortait une troupe également armée presque aussi forte que la sienne. Déjà Bouchemall rangeait ses gens en bataille et il allait commander le feu, quand il vit un brillant état-major se détacher des rangs de l'ennemi et se porter à sa rencontre avec des cris de joie, des caracolements de fantasia. On voulait parlementer. Il prit avec lui autant de cavaliers de son Goum que l'adversaire alignait de chevaux et il se porta à la rencontre.

— Quels sont vos projets ? cria-t-il, lorsqu'il fut à portée de la voix.

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— Celui-ci le répondra, ripostèrent les cavaliers d'avant-garde.

En même temps, ils entr'ouvrirent leurs rangs et démasquèrent un jeune homme qui chevauchait au milieu d'eux.

— Selman ! murmura Bouchemall, en arrêtant son cheval.

Le neveu de Lala Aichouch ne sembla point s'apercevoir de ce mouvement de recul. Bravement, il continua d'avancer.

— Bouchemall, dit-il, je ne te reprocherai point d'avoir défendu jusqu'au bout les intérêts de tes maîtres. Jure seulement d'être fidèle à Sultan Selman comme tu l'as été à Sultan Abderrhaman et à son fils, et moi, je te donnerai l'aman.

— Tu parles en maître ! répondit Bouchemall.

Il fronçait ses sourcils laineux, Selman reprit :

— Écarte-toi un peu du côté du Chott. Derrière mes amis de Nelza, tu apercevras la cavalerie des Ouled-Saoud et celle des Ouled-Moulat. Je n'ai qu'à lever la main pour qu'ils entourent ta troupe et qu'ils la fassent rentrer dans le sable. Une dernière fois, je t'ofire l'aman. Que réponds-tu ?

— C'était écrit, murmura Bouchemall.

Une seconde il ferma les yeux, puis, se résignant au destin, il sauta à bas de son cheval, s'approcha de Selman et, humblement, lui baisa la cuisse.

Aussitôt, ceux de Nezla et ceux de Tébesbest fraternisèrent.

... Quand Sultan Selman, à la tête de six mille fantassins et de mille cavaliers, se présenta à la grande porte de Tougourt, il vit que la ville entière s'était portée à sa rencontre. Sur le conseil de Sonia, U

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avait conservé ses vêtements pauvres et usés. Il avançait les yeux baissés avec un air de modestie. Ce n'était pas le personnage d'un Sultan triomphant revenu pour venger des anciennes injures qu'il présentait à sa capitale, c'était l'image d'un exilé.

Lorsqu'il fut à une portée de fusil de la Casbah, il retint son cheval. Toute la foule s'arrêta avec lui :

— Amène-moi, dit-il à Bouchemall, l'orphelin qui habite ce palais.

Il fallait obéir. Et sans doute, Selman avait prévenu la « Deïra » de sa décision, car Bouchemall eut à peine touché la porte de la Casbah qu'on la vit s'ouvrir et l'enfant détrôné parut sur le cheval de son père défunt. L'Agha du Goum tenait l'étalon par la bride. Selman regardait Abd-El-Kader venir. Lorsque l'orphelin fut tout proche, il dit à Bouchemall :

— Enlève-le de sa selle et élève-le vers moi...

De ses lèvres minces, il toucha le front de l'enfant immobile. Et dans l'acclamation foudroyante qui s'éleva du Marché, des terrasses, du minaret de la mosquée, des tours de la forteresse, couronnées de peuple, s'étouflfa, se noya, se perdit un gémissement d'aïeule, — peut-être le premier qui eut jaillit de la gorge de Lala Aichouch, — car, elle aussi, derrière le mur de la Casbah, guettait par une meurtrière.

LA BALLE D»AIIGENT

inl que la fumée dissipée permît à Éric de vérifier

)alle avait porté, une foule de gens s'étaient rués

l'escalier de la tourelle et la cellule avait été

ie. C'étaient les gardiens delà porte et les curieux

î passage d'un cortège avait fait sortir de leurs

ns. Corail avait abandonné la bride de l'amazone

enduisait en main et il était monté dans la prison

e flot de peuple.

mi d'Ourida espérait de sa bouche un mot qui le

gnat, mais le noir était aussi impassible que le

>ù Eric l'avait tenu sur la dune, sous la menace

i pistolet.

lit froidement :

Saisissez ces deux hommes et maintenez-les

à ce que le Caïd ait décidé de leur sort.

le triomphait pas. Il n'avait pas sur son masque

ite, la joie ironique de la revanche. Il parlait et

GENS DE POUDRE 3l3

agissait comme un automate que fait mouvoir une force extérieure à lui.

Comme son maître, Ben-Titi avait été saisi h bras le corps :

— Par Sidi Boukrari ! s*écria-t-il, je consens à ce que Ton me crève les yeux si un de vous me montre le cadavre de l'ennemi que nous avons tué !

— C'est-à-dire que vous avez manqué votre coup ! dit Corail.

Au lieu de répondre, le spahi se mit à chanter :

— (( J'ai couché au bord de la rivière — Je n'avais que Dieu pour me couvrir — Il faut que l'homme se divertisse — Car Dieu seul restera. »

Le nom d'Allah n'est jamais en vain prononcé devant des croyants. Tous les assistants approuvèrent de la tête. L'un d'eux dit :

— Alors, tu prétends que ton maître a tiré ce coup de pistolet pour se divertir ?

— Il a tiré à blanc.

Corail intervint :

— Il ment.

— Soit. Rapporte-moi la balle. Ça laisse une trace, fils de Chitan, une balle qui a labouré le sable ?

— En effet, dirent plusieurs voix. On peut vérifier.

— Vérifiez, fit le spahi.

Les Soufa ont une habileté particulière à distinguer les traces. Ils lisent les empreintes du sable comme un livre imprimé en gros. Us vidèrent la cellule et presque aussi vite qu'ils les avaient gravies, dégringolèrent les marches. Corail était sorti avec eux.

Eric tirait le pistolet avec une virtuosité particulière.

GENS D£ POUDRB

it des assiettes au vol, faisait mouche dans îs, à trente pas. D'autre part, il était bien sûr nain ne lui avait pas tremblé au moment où cette femme bleue qui, à dix mètres de lui, lu pas d'un cheval tranquille. 11 ne s'expliquait Libelle n'eût pas été atteinte, et, ramassant le ^ide qui était resté à terre, il l'examina de près, qu'on lui avait envoyée était d'origine tunitnais copiée sur le modèle de nos officiers de j. Elle était carabinée à quarante-huit raies lires, la hausse à visière paraissait en bon état e le guidon et la cheminée, n'y comprends rien ! dit Éric, après avoir fait pistolet dans la main pour voir comment il rait. J'aurais parié tirer dans les mêmes condiaq cents coups de suite sans manquer une s mon sujet.

ihi sourit imperceptiblement :

ime, si tu n'avais pas eu de balle dans ton canon ? tressaillit, le veux-tu dire ?

dis que les Soufa ne trouveront pas la trace lie dans le sable...

n'y avait pas de balle dans mon pistolet?

1 l'avait retirée.

ii.î>...

li?... Dans quel but?

me disais : le lieutenant va se faire sauter la

sérable !

ihi ne parut pas s'émouvoir.

Ou faire une autre bêtise.

GENS DE POUDRE 3l5

Eric ne se contenait plus. Il cria :

— Tu recevras douze balles dans ta peau !

Ben-Titi dit avec philosophie ;

— Pourvu que ça se passe à Biskra, mon nant — et pas à El-Oued... le maître à côté viteur... de compagnie.

Et il chantonna :

L'un est d'ici, L'autre de Paris, L'autre de Valence, Tout le monde est sur la balance I

Puis, redevenant sérieux :

— De sorte que sans moi, mon lieutenan auriez tué la femme bleue ?

— Un monstre ! dit Éric, une créature d* nation ! Sa vie souille la surface de la terre ! E j'aurais donné ma vie pour avoir la sienne!

— En ce cas-là, dit philosophiquement Be c'était sur la femme en blanc qu'il aurait fallu

— Tu dis?

— Je dis, mon lieutenant, que vous alli tromper de cible, car, au moment où ces gu Soufa vous arrachaient de la fenêtre, la fu dissipait et, — des deux yeux que voilà, — j'j visage de la femme en bleu... Elle se tournait selle et levait les yeux vers cette fenêtre avec épo

— Et c'était?...

— Ourida,mon lieutenant, la nièce deLala Ai que nous avons escortée de Biskra à Tougoui et moi, chacun d'un côté de son bassour.

— Mon ami... fie Éric.

3l6 GENS DE POUDRE

Il n*eut pas la force d'en dire davantage. Sa parole se glaçait, son cœur, qui jamais n'avait frémi, trembla.

^ — Titi le guettait d'un œil narquois. Il prononça on de mélancolie d'un honnête homme (jui î plier sous des reproches injustes :

Le monde est difficile, C*ri qu*a pas l'sou.

C'est un imbécile !

était redevenu maître de soi :

e t'entends, dit-il. Tout à l'heure j'étais décidé

ir... Je ne veux plus. J'ai une dette envers toi

veux m' acquitter. Nous remonterons à Biskra,

i... D'ici-là, donne-moi ta main.

Dahi ne prit pas cette main qu'on lui tendait.

se baissa et, après l'avoir baisée, il l'appuya

>on front :

u sais, dit-il, je suis ton fils. Le père a le droit

icher pourvu qu'il aime...

5oufa qui n'avaient point trouvé dans le sable de la balle, remontèrent à ce moment accomt leur Caïd et le nègre Corail.

es Soufa, dit le serviteur de Sonia, t'ont a lettre où Selman te disait son désir .^ C'est responsabilité que cet espion de la France a été ) dans cette forteresse ! Il vient de tirer un coup sur la jeune fille que Selman réserve pour son et otage s'échappait de tes mains, la colère de Selman ne tarderait pas à s'abattre sur ta ville, aïd écoutait d'un air sévère et ne répondait pas. nterpella avec ironie :

GENS DE POUDRE Siy

— Je ne demande pas mieux, Caïd, que de te pardonner le crime que tes gardiens de porte ont commis en ton absence, mais à une condition : c'est que tu ne permettras pas plus longtemps à cet assassin d'élever sa voix devant l'ambassadeur de la France.

— Assassin? demanda le Caïd.

— ïu n'as pas oublié, Corail, reprit Éric en foudroyant le nègre de ses regards, cette matinée où, sous mes yeux, dans le jardin de Tougourt, tu as tiré sur l'allié de la France, Sultan Abderrhaman? L'heure est prochaine où toutes ces injures seront vengées ! Malheur à ceux qui se seront fait solidaires des meurtriers !

— Mais toi-même, dit le Caïd, ne viens-tu pas de tirer un coup de pistolet sur une jeune fille que Sultan Selman avait confiée à notre garde ?

Éric haussa les épaules :

— Montre-moi donc, dit-il, la balle dont j'ai tenté de la frapper?... Tes Soufa l'ont vainement cherchée dans le sable... J'ai tiré à blanc.

— Il y avait, dit Corail, une balle d'argent dans le pistolet.

— Et la voilà, dit le spahi.

Il ouvrit la main. La balle qu'Ourida avait fondue y était nette et toute ronde.

Le Caïd réfléchit un instant :

— Corail, dit-il, va m'attendre devant la porte de la Djemâa. C'est moi qui commande à El-Oued, ce n'est pas Selman... Tu as entendu?

Toujours impassible, le Soudanais obéit. Dès qu'il eut quitté la cellule, le Caïd dit :

— J'étais allé à Guémar, la ville sainte, porter les aumônes de mes frères, quand tu as été méconnu par

qui ignoraient ta mission et ton titre.

intassin n'atteint pas le cavalier. . . Quelle

iges-tu de la ville qui envers toi a violé

lospitalité ?

i., dit Éric, que toi-même, tu m'accom-

kra avec tout ton Goum et que tu portes

ant Carbuccia les excuses de ton peuple,

Bulement, tu pourras détourner de tes

i colère de mes chefs.

^fléchit un instant puis dit avec mélan-

la tête de réparer les erreurs du bras...

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