‹ Gens singuliersChapitre 17 sur 44 · PIERRE LE GRAND · texte numérisé non relu

PIERRE LE GRAND

L'empereur vint prendre congé de la coupable, et. il lui dit en l'embrassant : « Je ne puis violer les lois pour te sauver. Supporte ton supplice avec courage dans l'espérance que Dieu te pardonnera tes péchés. Adresse-lui ta prière avec un cœur contrit. »

M1I(' Hamilton se mit à genoux, pria, et on lui trancha la tête, le czar s'étant détourné.

Tel est le récit fait par Stœhlin, d'après un témoin de l'exécution qui était Vœtius, menuisier de la cour, chargé de dresser l'échafaud.

L'historien édité par le prince Galitzin ajoute que Pierre ramassa la tête tombée, la baisa, détailla en véritable anatomiste les veines du col à ceux de sa suite, puis la réunit au tronc après un second baiser.

Cette funèbre parade n'eût peut-être jamais eu lieu si la comtesse Hamilton eût ménagé la réputation de l'impératrice mieux que la vie de ses propres enfants. Mais elle avait été précédemment convaincue de dire que l'impératrice s'enivrait, et ce délit lui avait déjà valu les batogues.

Comme on a le droit de ne pas savoir ce qu'était le supplice des batogues, j'ajouterai qu'il consistait en ceci : — On s'étendait, face contre terre, et deux exécuteurs tenant la tête et les pieds du patient entre leurs genoux, frappaient le corps à coups de baguettes jusqu'à ce qu'il devînt bleu. On usait parfois quarante à cinquante baguettes en une séance, car elles se cassaient souvent.

Ce châtiment qui permettait de conserver la che-

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mise, était réservé aux prêtres, à l'armée et aux ; sonnes de distinction.

Nous venons de voir un exemple singulier Je l'amour du czar pour la science. Son désir d'instruire la nation russe était si vif qu'il eût appris

tous les métiers, et il en savait beaucoup, — pam

les naturaliser ensuite dans ses immenses po sions. Tout ce qui se rattachait .1 la chirurgie lai

inspirait surtout un vif intérêt. Il pratiquait i saignées; il lit même la ponction à une hvdmpique.

Les exploits d'un bateleur qui arrachait les dent . avec la pointe d'un sabre lui causèrent un tel enthousiasme qu'il voulut prendre leçon : il en pro si bien que, par la suite, il lit courir plus d'un danger aux mâchoires des personnages qui l'accompagnaient.

Il \ eut cependant un Russe qui dut peut-être ta vie à ces velléités d'opérateur... Il s'était attiré le courroux de l'empereur et se rendait au palais, non sans grande appréhension, lorsqu'il lui prit Pidét d'entrer en couchant sa joue sur la main comme s'il eût eu une grande y.i^c de dents. Le bâton Lm

rial, qui était déjà levé, s'abaissa devant C( teinte haï die.

« Qu'est-ce

— Ah! sire... depuis hier... la plus forte rage Je

dents.

Est-elle creuse taule c/av visiblement ad

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