partie. - Pendant son séjour ,'i 1" ion
dont il était P biguier fut ben
pitié par un chirurgien qui lui propo
netisme. Celte CU1
124 L HOiMME AUX FARFADETS.
nement un nouveau moyen de mettre en scène le dada du malade. On le posta dans un grand jardin, sous un arbre qu'on fit semblant de magnétiser. Là, Berbiguier restait gravement en faction pendant le nombre d'heures prescrit, tenant d'une main une baguette magnétique, et, de l'autre, un verre rempli d'eau qu'il devait boire à petites gorgées, — ce qui, ajoute-t-il, dans ses mémoires, — le faisait vomir abondamment.
Cette eau contenait sans doute une dose d'émétique.
Après avoir vomi, le patient ne manquait pas de se déclarer soulagé d'un mal de cœur qu'il attribuait à la puissance des farfadets.
Ces stations incroyables firent du bruit dans Avignon, et les promeneurs se rendirent en foule au jardin pour en jouir. Aller voir vomir Berbiguier devint une partie de plaisir.
Quelques personnes compatissantes essayèrent de désabuser la pauvre dupe. Elles ne réussirent qu'à le faire changer de jardin. Un jour cependant, il dut renoncer à ce genre d'exercice, — mais, plutôt que s'avouer mystifié, il préféra dénoncer son chirurgien comme un farfadet déguisé et il eut du moins l'âpre jouissance de l'ajouter à la liste de ses perse cuteurs.
Appelé à Paris par des affaires d'intérêt, Berbiguier y continua ce genre de vie tourmenté. Logé d'abord dans des hôtels d'étudiants, il ne tarda pas à être le point de mire de leurs plaisanteries, et la
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liste des farfadets s'en allongea d'autant. Les trois volumes de Berbiguier sont curieux sous ce rapport. Pas une conversation, pas une mauvaise plaisanterie, qui ne s'y trouve détaillée tout au long et dont
les auteurs, nommés en toutes Lettres, ne -oient
voués à l'exécration publique! In sourire, un clignement d'yeux, un geste quelconque suffisaient pour vous foire ranger dans la classe des farfadets.
Par exemple, un chapitre entier est consacre à une
farfadette déguisée en femme du monde qui se trahit en posant sa main sur la cuisse de l'impressionnable Berbiguier.
Au fond, l'ennemi des farfadets n'était pas, je Crois, mécontent de la notoriété qu'il s'était conquise. 11 se drape volontiers dans son apostolat.
u Je voudrais bien, écrit-il, que les farfadets ne fussent que des plaisants qui aient voulu s'amuser de ma crédulité; mais, hélas ! la naturelle m'a
été marâtre, elle m'a gratifié de beaucoup de facultés et particulièrement de celle de bien réfléchir. »
Dans les derniers temps, il voulut joindre à nom quelque chose de sonore, et il se lit appeler
Berbiguier de Terre-Neuve du Thym. Trop consciencieui pour ne pas justifier ce titre, il avait, dit-i] dans ses mémoires . l'ait remplir plusieurs cai de terre neuve et il y avait planté du thym. dette naïveté pourrait sembler caustique aujourd'hui, i de gens à particule n'ont pas même w\) semblable majorât ! Berbiguier \oulm ensuite trouver femme.