‹ Gens singuliersChapitre 31 sur 44 · M. ADOLPHE · texte numérisé non relu

M. ADOLPHE

i i été élu. Pour moi, le mot Humain signifie

à-Jirc perfection. Sachez- le bien tous, l'ordre e-a l'abolition de toutes les misères humaines. Jamais aucune candidature n'a été plus significative que la mienne.

Mon élection sera l'avènement de La perfection en tout et partout. Angevin I zc qu'il faut.— c'e^t ce pie n devons tous vouloir.

.( i ic>\. candidat humain, i

: ci î i parc et petit palais de L'Human i i novembre [85q.

A ces proclamations en ont succédé d'autres, non moins dignes de l'attention de nos concitoy< l'amour do collectionneurs. M. Bertron n\ encore député, mais il n'a pas perdu courage. A c «traire. Il a posé en principe la perpétuité de candidature. Dès le 7 janvier [860, il a déclaré que, croyant être suffisamment connu, il ne distribue] plus de circulaires, de bulletins ni d'affiches, et qu'il se contenterait de remplir les formalités voulues pour que son nom soit porté sur le tableau à les élections, - « ce <.|ui, aioute-t-il, prouvera que je sais attendre. »

I 1 constance de M. Bertron parait pourtani s'être démentie en une épreuve suprême. La vacance un peu forcée du troue mexicain lui a pa une si belle occasion d'appliquer ses théories humaines sur une grande échelle, qu'il a brigué la couronne de Montezuma. Je reproduis ce dernier d< ment d'après un journal qui ne l'a point dan

1 36 M. ADOLPHE BERTRON.

« Mexicains !

« Longtemps je fus Candidat Humain au Corps législatif; mes concitoyens sont restés sourds à mes exhortations. Dieu soit loué! il me réservait une plus haute destinée : le soin d'assurer le bonheur des Mexicains !

« On me dit que vous voulez absolument un roi ! prenezmoi !

« Je ne suis pas de race royale, mais seulement propriétaire à Sceaux, dans le département de la Seine. J'ai extrait de l'huile de la boue parisienne; je saurai, si vous m'honorez de votre confiance, faire sortir l'ordre le plus parfait des bas-fonds de l'anarchie mexicaine.

« Je licencierai une armée qui n'a pas su protéger les grandes routes contre ses propres brigandages, et tout l'argent que dévoraient les soldats, je l'emploierai à les faire travailler. Us deviendront propriétaires, pères de famille, cesseront d'enlever les jeunes filles et d'entretenir dans le pays cette passion du jeu si funeste à votre dignité et à votre liberté! A l'intérieur, je vous laisserai faire à peu près tout ce que vous voudrez ; je vous habituerai à vous défendre vous-mêmes, à agir sans protection; enfin, je me contenterai d'une liste civile aussi médiocre que possible, voulant donner l'exemple delà simplicité.

« Signé : Ad. Bertron,

« Candidat Humain. »

Le Mexique resta sourd à la voix du Candidat Humain, et la France connaît le reste. En lisant depuis les papiers publics, M. Bertron a dû trouver plus confortable que jamais son petit palais de Sceaux.

LE PRIN< i ->7

M0NS1 E l'K LE PRINCE

Il était fils du vainqueur de Rocroy. On l'appelait

Monsieur le /'rince, selon la coutume qui donna

quelque temps aux Condé le privilège de cette abréviation. S'il ne s'illustra point sur les champs

de bataille, c'est que son père, au dire de la Biog

phie Michaud) ne lui avait rien laissé à faire pour l'illustration de sa famille. Toujours courtoise, la Biographie ajoute que M. le Prince fut, vers la tin

vie sa vie, sujet à des vapeurs qui le rendirent la fable

de la cour, mais qu'il ne faut pas trop s'en rapporter là-dessus aux Mémoires de Saint-Simon, dont la malignité est connue, (les réserves, que rien d'ailleurs ne soutient, tombent devant les laits tres-precis détailles par l'historien. Je me rallie donc à Saint-Simon, et j'ajoute, en pleine confiance, un original de plus à ma collectif >n.

I n des plus fidèles gentilshommes de la maison de Condé, il s'appelait Verrillon, se \,

presse par M. le Prince d'acquérir une propriété

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