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mais il y manquait la courte-pointe. Voilà le prince qui se met à crier : « Ah ! le bon lit ! » et il saute dessus, exécute sept à huit culbutes, puis redescend en s'excusant avec politesse sur une manœuvre déterminée , assure-t-il , par l'air appétissant d'une couche si bien dressée.
La maréchale prit le parti d'en rire, mais elle ne se fit pas faute de conter l'aventure.
Ce n'était là que le prélude d'accidents plus graves. Très-sobre, comme on l'a vu, M. le prince n'avait pas été pour cela préservé de la goutte, et il exagérait encore la rigueur de son régime. Fort de son intelligence naturelle et d'un esprit qu'il avait toujours fort cultivé, il ne consultait ses médecins que pour discuter avec eux. Il s'était même composé un régime particulier dont le trait suivant fera juger. — Il n'entrait rien dans son corps et il n'en sortait rien qu'il ne le vît peser lui-même, et qu'il n'en écrivît le compte, — à l'imitation du docteur Dodard qui, vers le même temps, passait une partie de sa vie dans une balance, pesant aliments, boissons et déjections, pour évaluer la quantité de fluide perdue par la transpiration.
Mais M. le Prince n'était pas soutenu par le feu scientifique de Dodard. Il en vint à s'imaginer qu'il était mort, et, comme tel, à refuser toute nourriture. Craignant de le voir mourir de faim, les médecins finirent par abonder dans son sens. Ils le proclamèrent mort et bien mort. — Seulement ils affir-
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murent c| ne certains morts mangeaient, et ils lui amenèrent quelques COmpères de bon appétit, prêts à jurer qu'ils accouraient du cimetière voisin pour
eoir.'i la table de Son Altesse défunte.
M. le Prince consentit à manger a\ec ses nouveaux collègues, qui étaient d'ailleurs gens de tinction, l'un se faisant passer pour son grand'père et l'autre pour le défunt maréchal Je Luxembou
masques cachaient Jeux de ses valets Je cham- . Girard et Richard. Le premier jour, ils l*ii tèrent en cérémonie à dîfl un souterrain Je
Phôtel, chez t'ombre du maréchal Je Turenne qui était représentée par un troisième domestique.
(le repas étrange mt servi par des valets vêtus de linceuls c<> i convivessous l'oeil des médecins
qui, malgré la gravité Je la situation, a ien
Je la peine à ne pas éclater Je rire, - i ait l'un
J'eux, le docteur Finoi, il s'y tenait des pr<> Je Vautre monde, ce qu'on peut croire sans peine.
Tant que cette iJée continua, rapporte Rich(
le prince mangea dans le souterrain où on lui faisait donner des rej a . par tous les grands seigneurs décédés de s i connaissance.
Vprès les médecins, les confesseurs eurent ei leur part des bizarreries Je M. le prince. Je viens de dire qu'il o lit volontiers les Pères de la Com de Jésus, (l'était un des leurs, le Père i ucas, qui dirigeait la conscience Je ><>n \h, i .msl^ un peu avant Pâques, une bonne chaise de l'allait quérir à Caeti, où ii était recteur, ei