SIR M< \ N < I I EGERTON
Cobourg. Sir Francis m s'en étnul pas. Seulement .
il donna l'ordre à ses gens de retenir le prince M bai de l'escalier en disant qu'il tenait à le recevoir lui-même.
Les instructions furent suivies. Pan d'instants a pics l'arrivée du prince, sir Francis parut en eflei sur la dernière marche de son grand escalier. Apres les saints d'usage, il prononça ces paroles :
Dans ma jeunesse, j'ai parcouru toute l'Allemagne. Les princes de cette faste contrée m'ont tait accueil à leur cour. Je voyageait comme doit le taire un bon gentilhomme anglais, a\ec une suite de
six voitures et de vingt domestiques, le ne logeais que dans les auberges où je pavais commeun homme de mon rang... Prince, je me souviens d'avoir dîné
avec \otre père, mais j'aurais rougi de me présenter chez lui si je n'v avais pas été invité. Je suis étonne d'apprendre qu'un homme comme VOUS vienne ÎCÎ s'emparer de ma maison... Je n'aurais jamais attendu cela Sun GoDOUrg ! »
Son discours terminé, sir Francis tit une salutation nouvelle et reprit avec dignité le chemin de
appartements, tandis que, déconcerte par cette réception singulière, le prince prenait poliment le parti de la retraite.
I n aide de camp de l'empereur de Russie BC tarde pas à succéder au prince allemand, mais il ne se montre pas aussi lacile. Il persiste et menace
d'employer la force. Sir Francis harangue de plus belle:
« Je ne me serais jamais attendu à de pareils procédés de la part d'un gentilhomme russe. Vous n'êtes plus qu'un brigand à mes yeux. Attendezvous à devoir faire le siège de cette maison. Je vais en faire fermer les portes et me rendre sur le balcon avec tous mes gens. Nous serons armés de fusils. Je passe pour excellent tireur et je saurai vous reconnaître. »
L'affaire s'arrangea encore , car on savait que sir Francis était homme à risquer sa vie , comme il le disait. Il y gagna d'être le seul riche propriétaire qui ait été, en ces temps difficiles, exempt de loger des étrangers.
Ses dîners étaient renommés pour leur magnificence. Mais n'oublions pas de dire que le menu comportait invariablement un plat de pommes de terre bouillies à l'eau et un morceau de bœuf salé d'Irlande, 'plat national dont sir Francis vantait toujours la saveur et auquel ses invités ne manquaient point de toucher par courtoisie.
Les convives de sir Francis furent d'abord choisis dans l'élite intellectuelle du monde parisien. Le nombre s'en réduisit bien vite, car l'amphitryon ne mettait pas son monde à l'aise. Ses manières étaient brusques, il s'impatientait à tout propos et, bien que bon philologue, il se faisait difficilement comprendre.
Très-courtois d'ailleurs, il ne manqua jamais de rendre une visite due. Seulement, sa paralysie donnait à cette visite une tournure particulière. Il ar-
si K FRANCIS EGXRT< 17
rivait à la porte dans sa voiture de gala. Le cocher
arrêtait les chevaux, Le valet de pied ouvrait la portière et le chasseur recevait des mains de sir Francis une carte de visite sur laquelle étaient écrits ces deux mots : En personne.
I ne fois Cette carte remise à son adresse, la visite était censée faite et la voiture repartait au trot.
Tout infirme qu'il était, sir Francis trouvait encore moyen de fêter la Saint-Hubert. Son capitaine des chasses achetait quelques centaines de lapins dans la banlieue, pareil nombre de pigeons et de perdreaux chez les oiseleurs, et on lâchait le tout dans les trois arpents du parc de l'hôtel. Vêtu d'une \este. de culottes de peau, de longues guêtres, armé de sa carnassière et de ses poires à poudre, le chasseur paralytique tirait, appuyé sur trois piqueurs, dont deux maintenaient son corps dans une position verticale, tandis que le troisième soutenait les bras à l'instant du feu. Chaque coup heureux était annoncé à son de trompe par deux autres
piqueurs.
Après deux heures de carnage, tous les tireurs
rejoignaient un pavillon de l'hôtel appelé, pour la
circonstance, le rendez-vous de élusse. Là, chacun
prenait sa part d'un déjeuner magnifique, exclusivement compose de gibier et de poisson. Fuis, des tant. 1res nom elles annonçaient la seconde partie des exercices, et on recommençait de plus belle à massacrer ces pamres oiseaux dont les ailes étaient coupées et ces lapins domestiques qui se precipi-
iS SIR FRANCIS EGERTON.
taient dans les jambes des chasseurs au lieu de lesfuir.
Le soir, il y avait un second repas de gibier, sans préjudice d'une belle bourriche offerte à chacun des assistants... en attendant la Saint-Hubert de Tannée suivante.
De toutes ces excentricités, il ne faudrait pas conclure que lord Egerton fût un fou. C'était, au contraire, un homme dont la science était peu ordinaire. Il possédait beaucoup de langues; il était surtout bon helléniste; sa traduction de YHippolyte d'Euripide est encore estimée. Toujours occupé du soin de parfaire ses œuvres, il les faisait tirer à très-petit nombre, les distribuait seulement à certaines personnes, sans en permettre la vente, et il ne manquait pas d'écrire sur chaque exemplaire d'une seconde édition : La première est bonne à brûler.
La fortune de lord Egerton permettait tous les caprices, car il avait, à sa mort, soixante-dix mille livres sterling (dix-sept cent cinquante mille francs de rente).
Exilé de Londres à la suite d'une affaire scandaleuse, il n'avait perdu cependant aucun des grands bénéfices que lui valait sa position dans le clergé anglican. S'il ne recevait jamais de compatriote, il n'en conserva pas moins un vif amour pour son pays, qu'il dota par testament d'une bibliothèque superbe et complètement installée, laissant en outre, vingt-cinq mille francs par an pour les frais d'en-
si K \ h \ \ i : I E4ERTOM. i<»
tretien et cinq mille trancs d'appointements pour
le conservateur..
La collection d'autographes et Je pièces origi-
-ji.i Je < Je cette bibliothèque axait une renommée européenne. Llle axait été formée a Paris même par lir 1- rancis, que son immense re\enu mettait .! même Je ne manquer aucune occasion, Yillenaxc affirme l'avoir vu payer i5 guiaées un billet écrit par Marat Jans la baignoire ou il venait d'Être trappe, ("est ainsi que beaucoup Je recueils précieux pour L'histoire Je notre Jiplomalie ont passé à l'étranger, car, par une autre singularité, notre collectionneur ne conservait rien Je ses acquisitions. Dès
qu'il avait assez Je pièces pour former quelques volumes, il les taisait aussitôt passer en Angleterre. (l'est ainsi que nous axons perdu les procès-verbaux des Etats de Blois, La correspondance d'1 Lenri IV et d'Elisabeth, et celle Je presque tous les ambassadeur i Je I ,ouis XIV.
Le catalogue seul du musée Egerton se compose Je 60 volumes in-folio. Trois articles Je ses statuts méritent d'être mentiomn
<» i() Aucune pièce ne peut sorjr présentement ^\u
musée, fût-ce pour sir Francis lui-même; «20 Quiconque voudra taire des recherches rendra
compte Je son but aux conservateurs;
<• 3° Les curieux ne seront point admis. On ne communiquera aucune pièce .1 l'auteur d'un roman
ou Je tout autre écrit aussi futile; lesgensde lettres qui affirmeront sous serment qu'ils écrivent L'histoire, auront seuls droit aux communications. ■
Entre autres particularités du testament de sir Francis, on remarquait une somme de deux cent mille francs à partager entre l'auteur et l'éditeur du meilleur ouvrage sur la bonté, la sagesse et la puissance de Dieu prouvée par les monuments de sa création. Il y avait aussi, pour toute sa valetaille, des legs qui devaient n'avoir pas d'effet s'il succombait assassiné ou empoisonné.
Il mourut de sa belle mort, le 12 février 1829, et un corbillard attelé de quatre chevaux reconduisit en Angleterre ce pseudo-Parisien.
Oui, Malherbe le pur, .Malherbe le classique, le Malherbe de Boileau pour tout dire, fut un homme très-singulier, et il mériterait d'être dénoncé comme tel, rien qu'à cause du mépris qu'il affectait pour la valeur de son talent, L'n jour, Bordier se plaignait chez Racan de l'insuffisance des encouragements
donnés aux lettres. Il paraît qu'on n'a jamais néglige de se plaindre de ces choses-là.
■< Sottise, monsieur! — interrompt Malherbe, — peut-on taire métier de rimeur pour en espérer autre chose que son propre divertissement! l'n bon poète n'est pas plus utile à l'Etat qu'un bon joueur de quilles. »
I .a société française n'avait cependant guère plus de <,\cux siècles devant elle pour \<>ir un poète à la tète du gouvernement. Quelle mine eût faite le vieux Malherbe en voyant Lamartine '
Du reste, l'Etat semble s'être tait un plaisir malin de contredire Malherbe. Lue seule ode au roi
partant pour le Limousin lui valut mille livres de pension, l'entretien d'un cheval, d'un laquais, ainsi que la table du premier gentilhomme de la chambre, M. de Bellegarde. — C'était de la copie bien payée.
Quant au métier de rimeur, on doit dire que si c'était un divertissement pour Malherbe, il savait le faire durer d'une étrange façon. Le maintien définitif d'un mot lui. représentait au moins deux jours de méditations ; après l'achèvement de cent vers ou de deux pages de vraie prose, il déclarait qu'il fallait dix ans de repos.
Tallemant Des Réaux et Racan, qui sont ici mes autorités, s'accordent à dire que trois années furent employées à la confection d'une certaine ode au président de Verdun sur la mort de sa femme. Plus vif en besogne, celui-ci s'était remarié bien avant l'achèvement de cette funèbre poésie, et ce fut l'épouse nouvelle qui fut régalée des louanges de la défunte.
Lorsque Malherbe voulut dédier une autre ode à M. de Bellegarde, on assure qu'une demi-rame de papier fut absorbée par l'élaboration d'une seule stance.
Ce grand puriste n'en échappait point pour cela aux critiques. Ceux qu'il reprenait l'épluchaient à leur tour, et Des Yveteaux vint lui faire remarquer une fois dans le vers : — Enfin cette beauté m'a la place rendue — qu'il y avait un ma la pla d'une consonnance peu agréable à l'oreille.
Comme cela se passe d'ordinaire, le critique se
MALHERBS. 1 3
défendît en critiquant : — a Kt \oib, répliqua-t-il , irons avez bien vais pu ra bla la fia.
Moi? s*écrie Des Yvctsaux Vous m sauriez me le prouver.
— Oui, poursuit le triomphant Malherbe, n'avez VOUS pas écrit : — Comparable à la Jlamme...
La morl même lui fournit, dit-on, une dernière
occasion de faire briller sa sévérité. Une heure avant
d'expirer, il se réveilla comme en sursaut de l'état
léthargique OÙ il était tombe, pour reprendre un mot incorrect échappé à sa garde. Son confesseur lui en avant à SOU tour tait réprimande, Malherbe dit qu'il n'avait pu s'en empêcher et qu'il axait voulu, jusqu'à la mort, maintenir la pureté de la Langue.
Si sa religion grammaticale le fit toujours hésiter avant d'écrire un mot, il tant convenir qu'il ne ta i -
sait jamais attendre lorsqu'il s'agissait de parler. S reparties emportaient la pièce.
Au sortir du collège, un ne\eu lui rend Visite. Il prend fantaisie à Malherbe de lui taire traduire quelques \ ers d'( )\ ide. Le ne\eii patauge, et l'oncle irrite lui l'ait ainsi entendre qu'a\ec ses neuf an I classe, il n'est bon qu'à taire un soldat :
\e\eu, soyez vaillant, vous ne valea rien à autre
chose, n
Invité à dîner pat an uni, il arrive une heure tvam
les midi réglementaires, la porte lui est ouverte
par un domestique ganté. Malherbe le toise en demandant :
« Qui êtes-vous, mon ami ?
— Je suis le cuisinier. »
Malherbe recule et s'en retourne en maugréant : « Vertu-Dieu ! je ne veux point dîner chez un
homme dont le cuisinier porte des gants à onze
heures. »
Une fois à table, il n'en était point plus poli. Un jour, Régnier l'amène chez Desporte qui court aussitôt à sa bibliothèque et en rapporte un exemplaire de ses Psaumes avec prière de l'accepter. Malherbe, la cuiller en main, se contente de répondre qu'il a déjà vu les vers et que le potage vaut mieux.
Le dîner fut froid, comme bien l'on pense. Si les deux poètes desserrèrent les dents, ce fut pour avaler, et ils se séparèrent pour ne plus se revoir.
A un autre repas, chez M. de Bellegarde , on sert un faisan rôti, avec ailes, tête et queue au naturel, selon la coutume. Malherbe se précipite sur ces appendices et les jette au grand désespoir du maître d'hôtel qui allait répétant : « Mais, monsieur, on va croire que c'est un chapon.
— Eh ! mort-Dieu ! qu'on y mette un écriteau.
Malherbe n'eût donné aucun encouragement aux cours de M. Stanislas Julien. On vantait devant lui les talents de Gaulmin pour l'étude des langues
orientales. — « Il a tait le pater en carthaginois, disait-on.
— Eh bien ! je vais vous réciter le credo en la même langue. — Et il déclame aussitôt en un baragouin de fantaisie*
— Vous nous moquez ! fait l'assistance étourdie.
— Je vous soutiens que c'est du carthaginois, réplique Malherbe, et je vous délie de me prouver le contraire. »
Certain président provençal avait tait sculpter une méchante devise sur sa cheminée, et croyant avoir t'ait merveilles, il disait a notre bourru : a Que VOUS
en semble ?
— C'est plus bas qu'il fallait la mettre.
— Comment plus bas! Dans le feu donc :
— Eh ! sans doute. »
11 faut dire que Malherbe avait en horreur les Méridionaux. On s'en aperçut bien le jour ou M. de Bellegarde lui envoya demander s'il fallait écrire dépense ou dépendu.
« Dépensé est plus français, répondit-il; mais pendu, dépendu et rependu, voilà ce qui convient le mieux aux Gascons. «
Notez que le premier gentilhomme de la chambre était du Midi et que Malherbe avait grand sujet Je le ménager. Mais le roi lui-même, qui en ^.i qualité
de Béarnais, était un cousin de la Gascogne, ne le
taisait point reculer.
On le verra par le trait suivant*
La cour de France , — on aurait peine à le croire aujourd'hui, — était divisée par une importante contestation. — Devait-on dire cueiller ou cueillère? De notre temps on a tranché la difficulté en disant cuiller, mais alors la langue indécise de nos femmes de ménages était encore celle du grand monde.
Henri IV, et tous ceux de sa suite qui étaient originaires des pays situés au-dessous de la Loire , tenaient pour cueillère , disant que le mot étant féminin, devait avoir une terminaison féminine.
A cela, le parti contraire opposait le mot mer qui se trouvait dans le même cas sans perdre Ye final.
Malherbe consulté se range du côté des gens du Nord, et , comme le roi ne paraît pas bien convaincu, il lui lâche cette belle semonce : — « Quelque absolu que vous soyez, vous ne sçauriez, sire, ni abolir ni establir un mot, si l'usage ne l'autorise.»
On voit que les académiciens ont toujours fait un peu d'opposition.
Malherbe avait une singulière manière de punir son domestique. Il lui donnait vingt écus de gages par an et dix sous par jour pour sa nourriture. — C'était, dit Tallemant Des Réaux, honnêtement pour ce temps-là. — Mais, quand il n'était pas satisfait de son service, il lui tenait le discours suivant :
« Mon ami, qui mécontente son maître, mécontente Dieu, et qui offense Dieu doit mériter son pardon en jeûnant et en faisant l'aumône. C'est pourquoi je vous retiendrai aujourd'hui cinq sols pour l'expiation de votre péché. »
M A I.H } l< Bl . -7
Il fallait qu'au dix-septième siècle les valets cu>sent réellement du bon pour s'accommoder d'un
pareil raisonnement.
Si Mtlhwbe imposait l'aumône aux aunes, il ne paraît pa> avoir prêche d'exemple. Quand un pauvre lui demandait quelque charité en disant : t .le prie-
mi Dieu pour voua.
« Ehl repondaii-il , comment voulez-vous que Dieu tasse attention à vos prières: Vous n'a\e/ pas sur lui grand crédit. Regarda dans quel état il \ous
Sa fortune était d'ailleurs petite, et son mobilier modeste. Il n'avait pas plus de sept chaises de paille pour asseoir ses nombreux amis, et, quand elles étaient toutes occupées, - car on aimait à venir causer chez lui. • il n'ouvrait pas au\ survenants et se contentait de crier bien haut :
c Attende/! il n'v a plus de chaises! »
Ull jour cependant, ii y eut festin au logis du poète. Les sept chaises de paille furent occupées par sept convives et rapprochées d'une table sur laquelle
fumaient sept chapons bouillis au gros sel : Un chapon par tête! C'était tout le menu. Comme on
s'étonnait de cette ordonnance si simple et si prodigue, il s'expliqua :
« Que voulez-vous Vous gtes tous mes amis, et vous ave/ tous droit aux mêmes égards. Pouvais-je
balancer vis-â vis de chacun entre l'aile et la cuissv
C'était un frileux célèbre. Il avait toujours les jambes gelées et il en était venu à chausser tellement de bas , que , pour n'en pas mettre plus à une jambe qu'à l'autre, il les comptait, en laissant tomber des jetons dans une écuelle. Une fois la jambe gauche munie, il n'avait plus qu'à reprendre chaque jeton pour venir à bout de la droite. — Ce mode était compliqué. Sur les conseils de Racan, Malherbe le simplifia en faisant broder sur chaque paire une lettre de l'alphabet. C'était une sorte d'alphabet- Réaumur, et, par un grand froid, on entendit Malherbe se vanter d'en avoir jusqu'à l'L.
Et pourtant, Dieu sait s'il se chauffait! La vue d'un foyer flambant le rendait fou , et , une fois , il culbuta deux gros chenets qui représentaient, selon la mode du temps, des satyres barbus, en disant :
« Comment ! ces gros bougres se chaufferont à leur aise tandis que je meurs de froid. »
LE GÉNÉRAL Dl FANTAISIE. 2Q
LE GÉNÉRAL I)K FANTAIS1K
Jusqu'à l'année 1867, époque de sa mort, on a vu,
dans le centre de Paris, .se promener à pas lents un \ ieillard étrange. Au premier coup d'œil 011 se disait : Voici un officier général en petite tenue. — Puis, on reconnaissait dans cet uniforme les plus bizarres complications. Des ordres maçonniques se balançaient sur sa poitrine. Une chaîne à laquelle pendait une tabatière était passée en sautoir sur la tunique; des bagues brillaient à tous ses doigts. Des boucles ornaient ses oreilles, et lorsque par hasard il otait son képi galonné, on voyait, 6 m\ stère! une ferronnière ceindre cette tête chenue. Serait-ce une nouvelle chevalière d'Eon? nous étions-nous dit longtemps en suivant cet excentrique. Sa barbe blanche ne rendait pas la supposition probable. — Un hasard nous apprit enfin que ce général fantastique s'appelait Félix de l.amothe, qu'il était originaire de Mauheuge. En i s i S il avait
quitte le service de la France pour entrer à celui des Pays-Bas; dès i8o5, il était sorti de lÉ'cole