Orose, loc. cil
5. Toutes les constitutions d'Honorius datées de 398 et de 399 prouvent que pendant ces deu.x années la cour impériale était à Milan. (Haenel, Séries chronologica constituiivnuni, 398. 399. à la suite du Cod. T/teod.. pp. 1690-1694). Une seule constitution est datée de Kavenne, le 29 janv. 399 (Cod. Theod., XVI. x. 13: Haenel, p. 1621).
6. Zosime, v, H [C. S.. H. B., p. 261 1. Suivant E. Yogt IKrilische Bemerkungen zur Gescliichte des Gildonischen Krieges; Festschrifl der Trierer phil. Vers., 1879. pp. 69 et suiv.), ce récit de Zosime serait une fable. Maseezel avirait péri par suite de la rupture du pont. (Pallu de Les.sert, o. c, t. II. p. 264). C'est là une chose peu probable, car Maseezel se trouvant avec Stilicon, celui-ci eût été précipité également.
7. S. Augustin dit en effet d'Optat, évêque donatiste favori de Gildon, que pendant dix ans il avait fait gémir toute l'Afrique (Contra epistolam Parmeniani, ii, 2 : — Contra Ulteras Petiliani. i, 24 (Migne. P. L., t. XLIII. pp. 31 et 237).
LAFRlQUi: AVANT L'INVASION DES VANDALES 3o
Il ovalt protégé do tout son pouvoir les donatistes, dont les tendances servaient sa politi(|ue. Non seulement il les avait mis à l'abri de toute poursuite, mais, à l'exemple de Firmus, il n"a\ait cessé de persécuter ceux (|ui axaient iail schisme dans leur parti. Gildon avait intérêt à dfHi'uii'e l'Eglise catholique entièrement dévouée à Rome. Ses iidèles ne furent point ('•pargnés. On les poursuivit à main armée, comme des ennemis^ et les lois faites en leui- faveur fuivnt appliquées contre eux.-. Le ministre des persécutions (\\ercées pai- Gildon fut Optât, é\'èque donatiste de Tamugadi enXumidie. Cet homme (|ue saint Augustin appelle oi'dinairement Optât le Gildonien, parcoui-ail le pays, accompagné de soldats, et répandait |)ai'tout la terreur''.
Le parti sc'-paratiste avait succombé avec Gildon. Le meurtre de Mascezel lui enleva le seul chef capal)le de le relever. Sa l'uine fut consommée par la répression ([ui suivit le rétablissement de l'auloi'itc'' imp(''riale. Les confiscations fui'ent si nond^reuses qu'il fallut, pour géi*er les biens dévolus au fisc, créer une administi-atioii spéciale sous la direction d'un fonctionnaire (|ui |)rit le litre de comte du patrimoine de Gildon '. Le nond)re des jx-rsonnes re(di('i'(di(''eset pi'oscritesfuttel (|ue par un rescrit, adressé à Victorius proconsul d'Afri(|ue, Honorius dut mettre ce magistrat en garde contre les dénonciations calomnieuses et lui prescrii-e de ne point permettre ([u On oppi'iinài les imioceiils"'.
L S. Augustin. Conlra iUleras Peliliani, ii. 83 i/'. L.. t. XLIII. p. 31(i).
2. S. Augustin. Contra Cresconiuin, in, 47 (/*. L., t. XLIII, pp. 524-.j2oi.
3. S. Augustin. Conlra episfolam Purmeniuni, n, 4 [P. L., t. XLIII, p. ;i6): — Epist. Lxx-vvu (P. L., t. XXXIII. p. 296).
4. Cod. Theod., VII, vni. 7, 9: IX. xlii, 16. 19 (ilacncl, pp. 039, G40, 9hl, 9b8-9o9); — Nolitia dignUaU/m Occidenlis, cap. xi, § 1. A, 2 (édit. Bucking, p. o2).
o. Cod. Theod.. IX, .xxxix, 3 (Haenel, p. 932). Cette constitution est datée du 13 mars 398. Tiilemont pense qu'il faudrait substituer à mars un mois |)ostérieur, ou lire : p(ost) c(onsulatum ) Ilouorii A. IV et Eutychiani (13 mars 399). Car,dit-il, si on savait à Milan la défaite de Gildon dés le
Les poiii-suilcs lie rui'cnl jxiiiil iil);)iul()im(''('s pciKlaiit k-s années sui\ant('s. ]^i\ ans plus lard, en i(IX, une loi jx-cs- (•ri\'ant de (•()ii(laiini('r les complices de (jrildoii à renipi'isonnenient a\ec confiscation de tous Iimu-s biens, indi(|ue fpi'on continuait à les i-echei'(dier '.
Les donatistes ne furent point épiu-gnés. Leurs ad\ ersaires, assurés désormais de trouver secours et assistance auprès du ])ouvoir inipéi'ial, ])ou\aient, en in\o(|uant les lois précédemment édictées, les déposséder de leurs églises et de tous les lieux où ils s'assemblaient. Mais la majeui-e partie de la population n'était point avec les catholicjues, réduits au point que, dans beaucouj) d'églises, il ne restait même pas un
13 de mars (398), il faut qu'elle soit arrivée dès le mois de février... S Gildon eût été vaincu en février, ou dès le commencement de mars, Claudien aurait attribué sa défaite à l'hiver et non au printemps (Notes sur l'empereur Honoré, n. vi; Empereurs, t. V, p. 794-793). Claudien dit en effet :
Quem veniens indixit hiems, ver perculit hostem [De bello r/ihlo7iico. V. 16).
M. Fallu de Lessert répond à cet argument qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à ce vers de Claudien qui vise surtout h faire une antithèse. Un poète, dit-il, n'est pas un chroniqueur et son printemjjs peut fort bien s'entendre du mois de février {Fastes des prov. afric, t. II, p. 261). Mais, comme l'observe Tillemont [loc. cil.) un poète ne diminue pas les choses merveilleuses. Et d'ailleurs l'impression que veut évidemment donner Claudien de la défaite de Gildon presque aussitôt après l'annonce de sa révolte, eût été plus vive, s il eût dit que le même hiver vit sa révolte et sa défaite. A quoi il y a lieu d'ajouter une autre observation. Il parait étonnant que l'empereur ait eu, dès le mois de mars 398, à mettre, par un rescrit, Yictorius en garde contre des délations qui, à ce moment, n'avaient point encore eu le temps matériel de se produire . Clinton (Fasti romani, an. 398) propose de corriger m id. mart. en m id. mai! (13 mai).
1. Cod. Theod.,lX,xL. 19 (Haenel.p. 943). Selon M. Fallu de Lessert (Fastes des prov. afric, t. II, p. 120), ce texte devrait être considéré comme une phrase détachée assez maladroitement d'une loi plus étendue, dirigée contre les donatistes qui avaient naguère fait cause commune avec Gildon. Il remarque h l'appui de cette hypothèse que l'épithète satelles ou satellites Gildonis est appliquée fréquemment par saint Augustin aux donatistes [Ihid. n. 1), et il en cite divers exemples. S. Augustin avait intérêt à rappeler la complicité des donatistes avec Gildon pour les rendre odieux: mais dans un texte juridique l'appellation de satellites de Gildon pour désigner les donatistes parait i)lus difficile à expliquer.
diacre ^ Dans ces conditions un concile assemblé à Carthago le 16 juin 401 juova prudent d'olIVic aux prêtres schismaticjues qui consentiraient à faire retour à lunité chrétienne de les conserver dans leur rang et leur dignité'. Cet acte de prudence et de modération fut sans doute inspiré au concile par saint Augustin qui avait été sacré évoque d'Hippone en 39^3 et qui avait, dès cette (époque, acquis parmi les catholiques une autorité telle qu'il était devenu le véi-itable chef de leur parti. L'activité que le clergé déploya à [)artir de ce moment, les noml)rc'ux écrits de polémique et les prédications de saint Augustin réussirent à convertir un certain nombre de donatistes ; mais le gros du parti ne semble pas s'être laissé entamer. La crainte de pei'sécutions, (|ue tout annonçait comme prochaines, surexcita au contraire les haines religieuses. On ne tarda point à revoh' les ch'concellions dont les violences paraissent a^'oir été alors plus grandes t[u'à aucune autre époque; saint Augustin écrivait en effet, vers 402, (jue tous les catholiques eussent été réduits à désertei' les campagnes, si les évêques donatistes n'eussent, par crainte, dit-il, arrêté les excès de ces furieux \
Leurs méfaits furent pour les évêques cathohques une raison de solliciter et d'obtenir contre les donatistes toute une série de lois de proscription '\ Une de ces lois, la plus importante, adî-essée le 12 février 40o à Adi-ien, préfet du prétoire d'Itahe, contenait une déclaration qui, modifiant le caractère juridique du donatisme, entrahiait la pei-te définitive de ses sectateurs. Dans leljut, puhli(iuement affu-mé, « d'extii-per parce (h'cret h's adver.saires de la foi (•atholi(|U(' », on y affectait,
1. ConciUum Ccu'thaginiense III, xli (llardouiii, ConcUioruin colleclio ma.i.iina, t. I. p. 973).