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CHAPITRE IV

Les premiers temps de l'invasion. — Dévastations et spoliation des vaincus. — Maintien des lois et de l'organisation romaines. — Régime municipal. — Gouverneurs des provinces. — Proconsul de Carthage. — Histoire de Yictorianus. — Fonctions du proconsul de Carthage. — Préepositus regni. — Juridiction des gouverneurs. — Magistrats inférieurs. — Juridiction des grands propriétaires. — Appel des jugements-

— Défenseurs des cités. — Système fiscal. — Procurateurs. — Partage des provinces. — Domaines royaux. — Administration et exploitation des domaines. — Procurateurs. — Conductores. — Colons. — État de la culture des domaines royaux. — Travaux hydrauliques. — Aquilèges.

— Metalla.— Impôts excessifs. — Amendes et confiscations. —Rémunération des fonctionnaires. — Romains au service du roi. — Atelier monétaire. — Service des postes. — Flottes vandales. — Escadre romaine. — Collège des naviculaires. — Matériaux et chantiers de constructions navales. — Vie et condition des particuliers. — Professeurs publics. — Médecins. — Histoire de Liberatus. — Établissement des Vandales dans la Proconsulaire. — Lots des Vandales. — Condition des anciens propriétaires. — L'emphytéose. — Jnaliénabilité des terres des Vandales. — Organisation militaire des Vandales. — Service militaire.

— Mobilisation. — Éducation militaire. — Comtes vandales. — Histoire des confesseurs de Tipasa. — La langue des Vandales. — Leur nature et leur aspect. — Costume vandale.— Gynécées. — Fabriques d'armes.

— Arsenal. — Armement. — Cavalerie. — Relations entre Vandales et Romains. — Interdiction de mariage entre Romains et barbares. — Mœurs des Vandales. — Mœurs des Africains.

Les dévastations commises par les Vandales dans les premiers temps de la conquête furent le fait de hordes de barbares saccageant villes et campagnes^ sans discernement, sans autre but que d'amasser du butin, comme s'ils ne se croyaient point appelés à se fixer dans le pays livré à leur fureur. Lors de la prise de Carthage, leurs violences eurent encore le même caractère. La ville, li\i'ée au i)illag(', eut à

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souffrir, écrit Théodorel, des maux que les plus grands tragiques, un Eschyle, un Sophocle, eussent eu pciiie à représenter'. Les théâtres, le temple de la Mémoire, la rue nommée Ceelestis, furent ruinés de fond en comble -. La population fut massacrée, des sénateurs, en assez grand nombre, tombés aux mains des barbares, furent réduits à l'état de captifs '\ Mais Genséric, devenu maître de la capitale de l'Afrique, mit promptement un terme aux rapines désor-données de ses ti'oupes. Il réglementa la spoliation des vaincus, en vue d'en tirer les ressources nécessaires à une domination stable et à un établissement pour ses compagnons d'armes. Un décret enjoignit aux habitants d'apporter eux-mêmes ce qu'ils avaient d'or, d'argent, de pierreries, d'objets précieux de tout genre *, et comme Genséric employa les plus cruels tour-ments pour se faire obéir ^, il eut bientôt en sa possession toutes les richesses que chacun avait acquises ou héritées de ses ancêtres ^. On verra dans la suite quel fut le sort des Africains,

1. ïhéodoret, Epist., 29 (Migne, P. G., t. LXXXIII, p. 1207).

2. Victor Vitensis, De persecut. vandal., i, 3 \P. L., t. LVIII, p. 184). M. Audollent [Carlhage romaine, pp. 296-297 et 29G note 2) penss que les édifices énumérés par Victor de Vite ne furent point détruits avant le règne d'Hunéric qui, dit ailleurs Victor de Vite (iv,4 ; P. L., t. LVIII, p. 239), fit ordonner aux évèques assemblés à Garthage de se réunir en un certain lieu qu'on appelait le Temple de la Mémoire. M. Audollent doute qu'il s'agisse, dans ce second texte, d'un emplacement qui aurait conservé le nom de l'édifice démoli, et non de l'édifice lui-même. Ne semble-t-il pas pourtant que les mots « in quemdam locum qui dicitur œdes ^Mémorise », littéralement, en un certain lieu dit temple de la Mémoire, indiquent un emplacement, plutôt qu'un monument? D'autre part au liv. i, 3, Victor de Vite entend donner des exemples des dévastations causées par la fureur des Vandales, il n'y a point de doute à cet égard ; or, ces dévastations n'ont pu être commises qu'au moment de la prise de Garthage. Sur l'emplacement du théâtre et de la Via Ga-Iestis, voir Audollent, Garthage romaine, pp. 262-265 et p. 313.

3. Victor Vitensis, De persecut. vandal., i, 4 {P. L., t. LVIII, p. 186).

4. Prosper Tiro, C/iron., n» 1339, a. 439 (édit. Mommsen, .17. G., A. A., t. IX, p. 477).

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