‹ GenséricChapitre 218 sur 266 · Mardis, llist. des Vandales, p · texte numérisé non relu

Mardis, llist. des Vandales, p

4. Cod. Theod., lib. XII, tit. m, 1 (Haenel, p. 1275) ; — Nov. Majoriani, lit. vu, 9 (Haenel, p. 319) ; — Edouard Cuq, Institut, jurid. des Rom., t. H, 1). 823.

te les concède. Quant aux autres, qui ont été partagés entre les hommes de mon armée, je t'autorise à les racheter de ceux qui les possèdent, à condition que ceux-ci consentent à les \('ndre, car je ne puis les y contraiiuh'e malgré eux '. »

Cette dernière phrase, dans le texte d'un autcui' particulièrement pi'écis, donne à penser que les Vandales ne pouvaient èti'<,' expropi'iés, même moyennant une indemnité. 11 est à i-emar(|uer à ce suj(»t que Victor de Vite, qui cite de nombreux exemples de cruelles rigueui's exercées par Genséric et son successeur contre des personnes de sa nation ^, ne mentionne en aucun cas, comme il n'omet pas de le faire à diverses reprises quand il s'agit d'Africains, cjue leurs biens aient été confisfjués. 11 semble en ell'et qu'il ne pouvait être question de contiscation de Ijiens destinés à passer aux héritiers du propriétaii'e, dans l'intérêt môme du roi, puisqu'ils devaient leur tenir lieu, à leur tour, de subsistances et de prestations en é(diang'e du service militaire.

Lorsqu'il distribua à ses guerriers des terres enlevées aux vaincus, Genséric ne fit qu'appliquer en leur faveur les procédés et les règles en usage, dej)uis Alexan(h'e Sévère, sur les confins du inonde romain, dont la garde était confiée aux limitanei et aux riparienses, soldats agriculteurs établis à demeure dans certains lieux et chargés, non seulement de défendi-e les limites de l'Empire, le lime^ imperii, mais de cultiver les provinces frontières ^ « Alexandre Sévèrt\, dit Lamj)ride, donna aux limitcuivi et à leui's chefs les tei'res prises sur l'ennemi, à condition cpi'elles ne seraient transmissil)les par succession que si les héritiers continuaient de servir à leur tour, et fiu'elles ne pourraient jamais échoir à des parti-

1. Malchus, Excerpta de le(jalion. Roman, ad génies, 3 {€. S. IL B., p. 261).

2. Victor Vit., De persecut. vandal., ii, 5 (/'. />., t. LVIII, pp. 204-206).

3. Marquardt, Orqanisat. mllUaive chez les Rom., Ii'aduct. Hrissaud, p. 369.

fulioi'S. 11 disait que ces soldats serviraient avec plus de dé\ouement, quand ils auraient à défendre leurs propi'es champs. Il leur donna aussi les animaux et les esclaves nécessaires à la culture, car il eût considéré comme une honte que ces campagnes, voisines des ljarl)ares, eussent pu être laissées à l'abandon par suite de l'indigence ou de la vieillesse de leurs possesseurs ^ » Ces établissements de Limitanei furent multipliés sur la majeure partie des frontières par Constanthi, dont Zosime ci-oit qu'ils furent une malheureuse innovation-. Depuis Dioctétien ils étaient devenus la règle générale ^. Une constitution de l'an 423 fait voir qu'on continua ces concessions de terres, aux mêmes conditions qu'Alexandre Sévère avait établies' et cjue nous retrouvons dans les concessions accordées aux guerriers de Genséric.

Suivant Victor de Vite, la Proconsulaire fut attribuée tout entière à 1 armée ^■andale^ Cependant il paraît certain que tous les propriétaires n'y furent point expropriés. Continuant évidemment à parler de cette même pro^■ince, Procope ajoute : « Quant aux terrains qui ne parurent guèi-e productifs, Genséric les laissa aux anciens possesseurs, mais il les écrasa de tant d'impôts que, de ces champs dont ils conser\'aient la possession, il ne leur revenait plus rien ^ » Il n'est point impossible de concilier ces deux assertions, en apparence contradictoires. Il se peut en effet qu'au lieu d'être versés au .trésor royal, les impôts excessifs de la Procunsulairc aient rir affectés au payement d'une solde en argent, soit pour tous les guerriers, soit pour ceux qui furent appelés à faire partie de

i. .Elius Lampridius, Alexandri Severi vita, lviii (Panckoucke. Écrivains de l'histoire auguste, t. II, pp. 216-218).

2. Zosime, liv. ii, chap. 34 (C. S. H. B., édit. de Bonn, pp. 100-101).

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