‹ GenséricChapitre 221 sur 266 · Cod. JiisL. lib. I., tit. xxvii · texte numérisé non relu

Cod. JiisL. lib. I., tit. xxvii

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coupée, et qui parlaient clairement ^ Hunéricfit subir les mêmes cruautés, ajoute cet auteur, à un jeune catholique muet de naissance, et, semble-t-il, sourd et muet, car le texte porte que privé de l'entendement humain, il avait acquis la foi parsa croyance. Ce jeune homme parla peu après qu'on lui eût enlevé la langue, et ses premières paroles célébrèrent la gloire de Dieu-. Toutefois le comte Marcellin ne dit pas de ce muet qu'il l'avait vu lui-même, comme il le dit de quelquesuns des autres. Son témoignage est confirmé en ces termes par Procope : « Jamais les chrétiens d'Afrique ne fui-ent persécutés avec tant d'injustice et de cruauté qu'ils le furent par Hunéric... Beaucoup eurent la langue coupée jusque dans la gorge. Ces derniers survivaient encore de notre temps à Byzance, et parlaient nettement sans se ressentir en aucune façon du supplice qui leur avait été infligé. Deux d'entre eux ayant connu des courtisanes, perdirent la parole ^ »

Un chroniqueur, qui relate également ces faits, nous apprend que les corps de ces confesseurs étaient ensevehs dans la ville impériale*. Un philosophe platonicien, ^Eneas de Gaza, qui vivait sous le règne de Zenon, dit avoir vu ces saints hommes et les avoir entendu parler. Xe pouvant en croire ses oreilles, il leur avait fait ouvrir la bouche, et avait alors constaté que la langue était coupée si avant jusqu'à la racine, cju'il s'étonnait qu'ils ne fussent pas morts d'une cruauté à laquelle, de l'avis de tous les médecins, il paraissait impossible de survivre. D'après ^Eneas, ils auraient commencé à parler le troisième jour après leur supplice \ Saint Grégoire le Grand

1. Marcellinus cornes, Chroii., a. 484 (.1/. G., A. A., t. XI, p. 93).

2. Ibicl.i lign. 2-5; — Acta sanctoriim, octobre, t. XI, p. 847.

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