Procope, De bello vandal., i, 8 (C. S. H. B., p
4. Victor Tonnennensis, Chron., a. 479 (.1/. G., A. A., t. XI, pp. 189).
o. .-Eneas de Gaza (Migne, P. G., t. LXXXV, p. 1001) ; — Ruinart, Commentarius historiens de persecut. vandal., cap. vu, 3 [P. L., t. LVIII, pp. 391-392).
raconte qu'étant à Constantlnople, il se rencontra avec un cvèque qui l'assura avoir entendu lui-même ces confesseurs, et avoir vu leurs bouches ouvertes sans langues ^ Suivant saint Grégoire, tous auraient eu la dignité épiscopale, ce qui no s'accorde pas avec le récit de Victor de Vite.
Les Vandales demeurèrent différents de la population africaine par les mœurs, par la religion, par le langage, par l'apparence extérieure. Les trop i-ares indications que nous donnent les auteurs de ce temps en ce qui les concerne peuvent être complétée^, en partie du moins, pai- ce que l'on sait d'autres barbares qui leur étaient très semblables, puisque les contemporains ne voyaient guère entre eux de caractères distinct ifs. « Les Goths, les Vandales, les Visigoths, les Gépides, écrit Procope, ont, il est vrai, des noms différents, mais ils ne s'en ressemblent pas moins en toutes choses, 'lous ont le teint blanc et les cheveux d'un blond clair, tous sont de grande taille et de bonne mine, tous vivent sous les mêmes lois et ont les mêmes croyances religieuses, tous professent la docti-ine d'Arius, tous enfin parlent la même langue qu'on appelle gothique. J'estime que tous appartenaient jadis à une seule et même nation, et qu'ils ont pris depuis, de leurs chefs, les noms qui les distinguent à présent ^ » Pline les considérait en effet comme membres d'une même nation : « On distingue, dit-il, cinc[ groupes de peuples gei'mains, le pi'emier se compose des Vindèles (Vandales), des Burgundions, des Varins, des Carins, des Guttones (Goths) ^ » Ainsi, suivant l'expression d'un liistorien, l'auteur qui a parlé le premier des Vandales, et celui qui les a vus péi'ir, s'accordent pour regarder cette tribu geriuani(|ue
1. S. Grégoire le Grand, Dialog., m., c. 3:2 (Migiic, /'. L., t. LXXVII, pp. 293-i96).
•2. l'i'ocope, De bello caudal., i, 2 [C. S. 11. B., pp. ol2-313). 3. Pline, Ili-sl. Sul.. iv.28 (édit. l'ankoueiie, t. 111, p. i'47).
cl les Goths comme un seul peuple '. Ce qui est dit des uns nous aidera donc à nous rendre com])te âr ce quV'Iaieul les autres.
On vient de voir quelle était leur nature physi(jue et (juelle était leur langue. Elle resta en usag'c parmi eux sui- \c sol de l'Afrique, et même les personnages les plus importants de leur nation scmlîlent avoir dédaigné d'aj)prendrc le latin, ou feignaient de rignorer-. Au début de la conférence entre catholiques et ariens qu'Hun(''ric a\ait con\o(juée à Carthage, les délégués des catholiques, s'adi-essant à Cvrila, le })atriai'che de rÉglise vandale, lui dirent : « Posez-nous les questions que vous désirez nous jiroposer. » A quoi Cvrila répondit : « Je ne sais pas le latin'. » Il ne l'ignorait pourtant pas, car les catholiques réj)li(iuèrent : « Xuus savons, et le fait est manifeste, que vous avez toujours parlé latin. Vous ne devez pas chercher ici des prétextes ; vous en avez moins que tout autre, puisque c'est v^ous qui avez suscité cette discussion ^ »
C'était en langue gotliique que les prêtres des ])arl)ai'es s'adressaient à leurs fidèles. On en y(n\ la preu\e dans le fait suivant. En 481, trois ans après l'avènement d'Hunéric, sa belle-sœur Placidie et Zenon le firent prier par un aml^assadeur, nommé Alexandre, de permettre que Téglise de Carthage, qui n'avait point eu d'é^■êque depuis vingt-quatre ans, en eût un librement élu, et le fit ordonner. Hunéric en\ova Alexandre à l'église principale de Carthage, afin que les fidèles pussent choisir en sa présence celui qu'ils jugeraient digne de l'épiscopat, mais il fit accompagner Alexandre par le notaire Vitarit, porteur d'un édit dont lecture devait être donnée en public. Cet édit accordait toute liberté aux catholiques et les autorisait à faire ordonner l'évoque de leur choix,