‹ GenséricChapitre 23 sur 266 · Cod. TheocL.XW, v, ol (llai-iiel, p. [oob · texte numérisé non relu

Cod. TheocL.XW, v, ol (llai-iiel, p. [oob

2. Jordanès, Gelica. x.xx (.1/. (,'., .1. A., t. V. pp. 98, 99).

3. Baronius, --Ihm. 410, xLviii, xLi.x ; — Pagi, ann. ÎIO. xxii ; — Tilloniont. Empereurs, t. V, lluiiorius, art. xxxiv.

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l'EgTisc (loïKilisIc. A ccl circl, Iloiioriiis pi'il le |);ii'li doiil saint Aug'iisliii a\ait ou ri(l(''(', et (|ii"imi' (If'h'g'alioii fies i'vv- <|U('s africains (''lait \('iui(' de ni)U\('au le snpplici- (radopler. Il oitlonna qu'une conférence serait tenue à Cai'thage entre les évè(|ues catholiques et les donatistes, sons la ])résidence d'un magistrat impéi-ial cliargé de décider (|nel parti (Mait ortliodoxe et quelparli li(''r(''ti(pie.

Flavius Marcellinus, tribun et notaire, fut désigné poui' aller à Carthage remplir cette mission. Saint Augustin célèbre les vertus de ce magistrat. « Il a ^écu. dit-il, dans une grande piété, dans luie conduite et dans des sentiments tout à fait chrétiens. C'est ce qui lui donna cette grande réputation qui le fit nommer commissaire dans ratïaire de l'Eglise et qu'il s'est conservée par la façon dont il s'y est comporté. Aussi, que de proljité dans ses mœurs, de fi(l(''lité et d'assurance dans son amitié; que damoui' et de zèle pour la ^érité; que de sincérité dans la piété qu il pi'ofessait ! Chaste dans son mariage, intègre dans l'administration de la justice, il était patient avec ses ennemis, afîable a\ec ses amis, humble avec les saints, charitable envers tous, prompt à rendre service, réservé à demander. Combien les boimes œuvres lui donnaient de joie, les mauvaises de douleur ! Quelle honnêteté, quelle grâce, quelle piété on voyait luire dans toutes ses actions ! ()u'il était compatissant et secom-able ! Toujours prêt à pardonner, toujours prêt à aimer, même ses ennemis, toujours plein de confiance en Dieu, toujours appliqué à la prière ! Avec quelle modestie il parlait des vérités .salutaires dont il était bien instruit! Quel soin dapprendi'e. de recherchei' partout les vérités qui pouvaient lui être utiles, quand il ne les coimaissait point encore ! Combien il avait de mépris pour toutes les choses de cette vie ! Combien il était plein de l'espérance et du désir des biens éternels ! Il aurait renoncé à tous les emplois du siècle, pour \i\'re comme un soldat de Jésus-

Chriïît, sil ne se lût trumé engagé dans les liens du mariage, a\ ant que de se porter avec tant d'ardeur à de plus grands biens. Mais il ne lui était plus permis de rompre ces liens pour passer de cet état infV'rieui' à un (''tat plus partit*. ))

L'instruction remise par l'empereur à ce commissaire, choisi à cause de ses sentiments catholiques, indique nettement ce qu'on attendait de lui. Dans cette instruction Honorius n'hésite pas à témoigner son dévouement à la foi de l'Eglise universelle et son aversion pour les donatistes. Ils déshonorent, dit-il. par leur ^'aine eri-eur et par leurs folles dissensions une des provinces les plus importantes, une des plus fidèles de son empire, et il rappelle qu'il lui a plu déjà de les avertir et de les frapper de teri'eur. L'intérêt de la foi catholique est, ajoute-t-il, le seul ou du moins le premier de ses soins, et tout ce qu'il clierche, dans la paix connue dans la guerre, est de faire obser\er par ses peuples le vrai culte de Dieu. De l'avis unanime de tout le monde, déclare-t-il, la foi catholique est clairement établie par le culte des hommes et par la volonté divine; néanmoins son désir de paix et de clémence lui a fait accueillir fa^■orablement la députation des vénérables évêques qui souhaitent voir convoquer des évoques donatistes à Garthage, pour, qu'après discussion entre les ecclésiastiques désignés de part et d'autre, la superstition soit publiquement confondue. Il ordoime en conséquence de procédera cette discussion contradictoire dans un délai de quatre mois, afin qu'il puisse apprendre le plus promptement possible la con\ ersion des peuples de l'Afrique. Si les é\ èques donatistes refusent de comparaît i-e après trois citations, on observera les délais de contumace, après lesquels, s'ils persistent à faire défaut, le j)euple qui les suit, convaincu de la défaite

1. S. Augustin, Ep. eu, 8 (Migne, l'. L., t. XXXIII, p, 630).

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(le SCS (loctciir's ]);\r Iciir silence, sci'ii conlriiiiil de c(''(lei- cl (r;il);\ii(luiiiier ses (''j^lis 'S iiu.x ciil li(»lii|iies. cl apprendra coiiiinenl il Tant (ilx'ir an\ c(>n)inan(lenicnls de l'empereur et aux justes injonctions de la loi catliolicpic. Le conimissaii'e impérial, après avoir fait dis|)a?'aître la suj)crstition nouvelle, aura j)oui' mission j)rincipale de Nciller au niainlien absolu des ■ mesures ordoimées, soit ancienncmenl. soit à iuiccpo(|ue |)lus récente, par les prédécesseurs inunédiats d'Ilouorius (|ui a conlii-mé leurs édits. Le proconsul et le \ icaire d'At'ri(|ue (le\r'onl. ])ai' eux-mêmes et jtar Icnis les juges, prètei* juain lortc au d(''l(''gu('' de 1 empereur ^

(^es instructions n'étaient pas de nature à calmer les appivliensions des donatistes. Or pour les amener à compai'aître, il fallait leur inspirer confiance dans l'impai-tialité du juge appelé à décider entre eux et leurs adversaires, Marcellinus se garda donc de faire connaître le texte du rescrit impérial dont il était poi-teur*. U se borna à le résumer dans un édit ([u'il envoya partout en Afrique, oi'donnant (|ue tous les évéques, suit catholiques soit donatistes, fussent sonun(''S juridiquement, par les magistrats ci\ils de leur résidence, d'avoir à se trou\erà Carthage dans le dé'lai de quatre mois fixé par l'empereur, afin d'élire les plus habiles de leur parti

•1. Gesta collaiionis carl/iaginiensis, collatio diei i, iv (édit. EUies du Pin. p. 380; — Uardouin, Coticilioi'um collectio ma.iiina. t.l,p. lOol): — Cf. Cod. Theod., XV[,xi, 3 (Ilaenel, pp. 1628-1630).

Ces instructions sont datées de Ravenne. la veille des ides d'octobre, sous le consulat de Varanes, c'est-à-dire le 14 octobre 410, probablement avant la mort d'Alaric. Il y a donc lieu de rappeler ici à propos de cette date cecjui a été dit (page 47) relativement au rescrit du 2o août 410. Les instructions adressées à Marcellinus ont pu lui être remises avec ordre de les tenir secrètes jusqu'au jour où les circonstances permettraient de les mettre k exécution. Ce fut l'année suivante, en 411, que Marcellinus se mit en devoir d'accomplir sa mission. Mais il se peut aussi qu'en octobre 410 tout danger d'une invasion des Goths en Afrique fût déjà définitivement écarté, par suite d'un accord intervenu entre Honorius et Alaric. Sozomène dit en effet qu'Alaric, quand il mourut, avait fait la paix avec Honorius et était an service de l'empereur (Sozomène, Hist. eccles., liv. IX, ch. xii; édit. Migne, P. G., t. LXVII, p. 1621).

pour entrer en conférence^ Ce délai de quatre mois devait prendi-e fin le premier juin 411 .

Marcelliiuis ne se borna pas à ne point faire mention dans son édit des protestations de dévouement à la fui catholique et d'aversion pour les donatistes dont Honorius s'était montré prodigue. Il prit sur lui de promettre que tout évoque donatiste qui s'engagerait à se rendre à Carthage sei-ait rétabli tout dabord dans la possession de son église et de ses droits dont les catholiques se ti'ouvaient jouii' en vertu (\o^ ordres de Tempereur. Si tous les donatistes s'engageaient à venir, tous se verraient rendre, à titre de proj)riété, leurs églises et en général tous les lieux dont il serait prou^'é qu'ils avaient <'u la possession. Ainsi, au moment de l'ouverture de la conférence, toutes choses se trouveraient en l'état où elles ('taient à l'origine du conflit'. 11 offrit de plus aux donatistes, si sa personne leur paraissait suspecte, de s'adjoindre, pour juger a\ec lui, un d(''l(''gu('' de leur- parti (dicjisi par eux, à condition (|ue ce délégué' fût d'une dignité supérieui'e ou du moins égale à la sienne', olïre d'ailleurs peu dangel'euse, puisque les donatistes ne comptaient parmi eux aucun personnage d'une qualit('' égale à (h'IIc (Ui connnissaire impérial Marcellinus jurait ensuite pai' le mystère de la Trinité, par le sacrement de llncarnation du Seigneur et par le salut des empereurs de se prononcei' unicjueinent (f'api'ès les preuves fournies de pai't et d'autre. 11 finissait en garantissant aux donatistes la pleine et entière liberté de regagner leurs résidences, soit que la sentence leur fût fa\()rable, soit (|u'ell(^ fût favorable à leurs adversaires'.

L Gesta collât, carthag., collât, diei i, v (édit. Ellies du Pin, [). .'ÎSI : — llardoiiin, Concilior. collecl. maxima, t. I, p. 1052).

2. Gesla collai, carlharj.. collât, diei i, v (Ellies du Pin, p. 381, col. '2 : — llai'douin, Conc. coll. maxima, t. I, p. I0o3). — 3. Ibid.

4. Gesla collai, carthafj., collât, diei i. v ilCllies du l'iu. \). 381. col. "2. p. 382, col. 1 ; — llardouin, Conc t. L p. 10o3).

Ces belles promesses ne paraissent pas avoii- été tenues très scrupuleusement, caries donatistes se plaignirent dans la conférence de n'a\olr pas été i-emis en possession do l.i plupart de 1(hu\s églises^ Cependant IWlil deMarcellinus eutlc succès qu'il en attendait; les donatisics acceptèrent la conf(''j-ence, et de toutes parts s'empressèrent de s'y rendi-e. Ils entivrent à Cartilage en grande pompe, le jeudi 18 mai". Malgré le zèle dont ils firent preuve et leur désir de se présenter engiand nombre, iln'yeutà la conférence que 279 évêqucs de leur parti. Les catholiques y parurent au nombre de 286 ^ Si on se rappelle le nombre des é^'êchés schismatiques représentés au concile de Bagai, on ^(>it comljicn était exagérée la déclaration des donatistes, quand ils aflii-maient que, seuls d'entre eux, les A ieillards et les malades s'étaient abstenus de se rendre à la convocation de JNIarcellinus ' Quant aux catholiques, leurs adversaires leui- reprochèr-ent d'aA oir nudt'iplié le nombre de leurs éA'êchés, en produisant plusieurs titulaires pour le môme siège, et en produisant des évoques pour des diocèses où il

1. Gesta collai, carthag., collât, diei ii, xviii(ElIies du Pin, p. 4o0, col. 2; — Hardouin, Conc. t. I, p. 1117).

2. Gesla collât, carihag.. collât, diei i. xiv (EUies du Pin, \). 384 ; — Hardouin, Conc, t. I, )). 1056).

3. Gesta collât, carthag.. collât, diei i, ccxni, ccxiv, ccxv (Ellies du Pin. pp. 446, col. 2, 447, col. 1 ; — Hardouin, Conc, 1. 1, p. 1111) ; — S. Augustin. BreiHculus post colla/ionem ad donatistas liber. On a les noms de 265 des évêques catholiques et Baluze a retrouvé trois autres noms. H en manque donc dix-huit (Ellies du Pin, p. 572). Les noms de 310 évéques donatistes se trouvent cités dans les actes de la conférence, mais il est établi par ces mêmes actes (Collât, diei i, ccxiii, Ellies du Pin, p. 446), et il est affirmé par saint Augustin (loc. cil.) qu'ils étaient 279. H y a donc 37 de ces évêques donatistes cités qui ne prirent point part à l'assemblée. Plusieurs cl'entre eux étaient déjà morts à ce moment (Ellies du Pin, p. 576). Cent vingt évêques catholiques étaient absents et soixante-quatre sièges étaient vacants. Le nombre total des évéchés catholiques était donc de quatre cent soixante-dix. (Paul Monceaux, Ilitit. littéraire de l'Afrique chrétienne, t. III, p. 43).

4. Gesla coZi., collât, dieii.xiv (Ellies du Pin, p. 384, col. 1 ; — Hardouin, Conc, t. I, p. 1056).

n'y avait point de catholiques •. Mais les catholitiues reprochèrent également aux clonatistes diverses suj)ercheries du même genre-, et notamment d'avoir signé pour un des leurs (jui n'était point venu à Carthage^

Lorsque furent arrivés les évéques des deux pailis, Marcellinus publia un second édit fixant le règlement à o])server dans la conférence. Les dispositions suivantes montrent avec (juel soin minutieux tout avait été prévu pouraboutii-au résuhat définitif voulu par l'empereur, et pour ne laisseï- aux donatistes aucun moyen de renouveler leurs perpétuelles chicanes. Il est ordonné à tous les évoques de s'assembler le 1" juin dans un édifice appelé les bains de Gargilius^ Afin d'éviter le timiulte et le désordre dans la discussion, chacun des deux partis aura à désigner sept évéques qui seuls auront part aux débats, et sept autres évéques qui n'auront pas le droit de prendre la parole. La mission de ces derniers sera d'assister leurs collègues de leurs conseils, quand ceux-ci le jugeront à propos". Avant la réunion de la conférence, tous les évoques s'engageront à i-atifier ce qui aura été fait par leurs délégués et |)i'endront cet engagement dans un acte revêtu de leurs signatures et adressé au commissaire impérial®. Tout ce qui sera dit dans la conférence sera immédiatement écrit par les greffiers publics d'une part, et d'autre part par huit notaires ecclé-

1. Gesta coll., coW&i. diei i, cxvii, cxx.xv. cl.xx.kiii (Ellies du Pin, pp. 40:2, 421, 431 ; — Hardouin, Conc, t. I, pp. 1078, 1089, 1008).

2. Gesta coll., collât, diei i. r.xvi, cxxx, cxxxiv (Ellies du Pin, pp. 402, 414,417, 421 ; — Hardouin, Conc, t. I, pp. 1078, 1084, 1080).

;5. Gesla coll., coll. diei i, ccvii (Eliics du Pin, p. 4i3 ; — Hardouin, p. 1107).

4. S. Augustin nous apprend ([ueles Thermœ gargiliana' étaient en pleine ville (Posl collationein ad donalislas liher, 23, 43). On ne peut déterminer l'emplacement de ces thermes (Aug. Audollent, Cavlkafje romaine, pp. 2G5- 266).

h. Gesta coll., coll. diei i, x (Ellies du Pin, p. 382, col. 2; — Hardouin, p. 1054).

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