‹ GenséricChapitre 24 sur 266 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

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si;isli(ju('s. (jiinli-c |)()ni- (•linciiii des dctix ]);irlis'. Chiicmi des deux j);ii'lis (''lira, en oulrc de ses (lualdrzc d(''l(''»'U(''S. (|iiali-(' (''\è(|uo.s cliai'gés do coiitcùk'i- les pi'ocès-vei'baiix dressés par les notaires et les copies qui en sei'out faites'. Les notaires se retjrei-onl de Rassemblée aA'ee ces év6qii(\s, en présence descpiels ils iiiellront les actes au net. sans ivlard. Après chaque séance, un joui- d'intervalle sera réservé à la rédaction et à rexpéditiondes actes'. Les évêques signeront immédiatement le compte icndu de leurs discours, comme le fei-a également le cdirnnissaire iinjjt'rial'. Les (|iiator/e é\ô(pies. délégués pour prendre part aux (lél)ats, signei-oiit les miiuites des actes et les expéditions, qui sei'ont scellées des sceaux du commissaii-e impéi-ial et des huit é^'êques nommés pourvi^il- 1er à leui- authenticité''.

Les donatistes pi-otestèrent le 2o mai contre ce règlement, et émirent la prétention d'être tous présents aux débats ^ Ils ne refusèrent pourtant pas de désigner sept d'entre eux, pour soutenir, disaient-ils, la cause de l'Église conti-e les traditeui'S, et ils consentirent à i-atifier ce qui sei'ait fait par ces délégués'. Les catholiques, au contraire, furent extrêmement satisfaits du règlement publié par Marcellinus, et firent une

1. Gesta coll., collât, diei i, x (Ellles du Pin, p, 383. col. 1 : — Hardouin. pp. 1054-105.5). — 2. Ibid. (Ellies du Pin. p. 383. col. 2 ; — Hardouin, loc. cil.). — 3. Jbhl. — i. Ibid. — 5. Ibid. — 6. Coll. diei i, xiv (Ellies du Pin, p. 384. col. 1-2 ;— Hardouin, p. 1056).

7. Gesta coll.. collât, diei i, cxlvii (Ellies du Pin. p. 427, col. 2 ; —Hardouin. p. 10y4i. Les délégués des donatistes furent Prlmianus de Carthage. Petilianus de Cirta, Emeritus de Cœsarea, Protasius de Tubun;e, Montanus deZama, Gaudentius de Tamugadi. Adeodatus de Milev. Dans l'acte dressé par les donatistes pour la désignation de leurs délégués, acte lu à la conférence, il n'est fait mention que de ces sept évêques: mais les donatistes désignèrent également, comme le firent aussi les catholiques, sept autres évêques à titre de conseillers et quatre évêques pour la vérification des actes, selon les prescriptions de l'édit de Marcellinus. Saint Augustin l'affirme en propres termes (Ep. cxu, 2 ; Migne, P. L., t. XXXIH. p. 578), et cela résulte clairement de ce qui fut dit dans la conférence (Coll. diei i. ccxxiii; Ellies du Pin. p. 448, col. 2 : — Hardouin, p. 1113).

L'AFRIQUE AVANT L'INVASION DES VANDALES oo

déclaration eu ce sens ^ Ils s'y montrent conciliants et disposés aux plus grandes concessions. Ils ofîi'ent en eiïet à leurs adversaires de leur consci-ver Ihonncui' de Tépiscopat, à la seule condition de reconnaîti'e que l'Eglise réside uni- (luenient dans la communion catholique. Si les donatistes consentent à i-econnaitre l'unité de l'Église, ils leur offrent le compromis sui^ant : Dans les localités où se ti'ouxcront à la fois un évoque ('atholi(|ue et un évé(|ue donatiste, ces deu.K évoques occuperont alternativement le siège épiscopal, et celui qui le cédera momentanément à son collègue occupera un siège un peu moins élevé, sui^•ant l'usage observé à l'égard des évoques étrangers, à moins (|u'ils ne })uissent et ne préfèrent siéger simultanément, chacun dans une église différente. 11 en sera ainsi jusqu'au décès de l'un des deux évô- (pies ; le survivant demeurera ensuite seul titulaire de la chaire épiscopale. Si le peuple n'admet point cet arrangement, les deux titulaires se démettront, et un nouvel é\è({ue sei-a ordonné en leur place".

Le 31 mai, les évoques cathoH(pies élui-ent leurs députés dans l'.église de Cartilage, en présence de Marcellinus '.

1. Gesta coll., Collât, diei i. .\vi (Ellies du Pin, p. 384, cqI. 2 ; — llardouin, pp. 1056-1058).

2. Gesla coll., collatio dieii, .vvi (Ellies du Pin, p. 385, col. 1 ; — llardouin, p. 1057);— S. Augustin, Ep. cxxvm, 3 (Mlgne, P. L., t. XXXIII. p. 489).

3. Les délégués des catholiques furent : Aurellus de Carthage, Alypluà de Tliagaste (Souk-Ahras). S. Augustin, Vlncentlus de Gulusita dans la Proconsulaire, Fortunatus de Cirta, Fortunatianus de Sicca dans la Proconsulaire (Sicca Veneria, El Kef). et Possidius de Calama en Numidie (Guelnia). Ils désignèrent comme évèciues assistants : Novatus de Sitifis, (Sétif), Florentins d"Hippozaritus ou Ilippo Diarrhytusdans la Proconsulaire (Benzert, la Bizerte de nos cartes), Maurentius de Tubursicum dans la Numidie, Priscus de Quisa Xenitana dans la Maurétanie, Serenianus. évèque de l'ecclesia Miditensis dans la Byzacène, Bonif'acius de Cathaquensusca dans la Byzacène, et Scillatius de Scilita ou Sillita en Numidie ; et pour veiller à l'authenticité des actes : Deutcrius de Ca'sarea, Léo de Moctum dans la Maurétanie de Sitifis, Asterius de Viens Pacis, et Restitutus (Gesta coll., collât, diei i, lv; Ellies du Pin, p. 396. col. 2). Le siège del'évèque Restitutus n'est point indiciué. Il y eut cinq évèques de ce nom présents à la conférence.

La prcinicM'c séance put clone axoir lieu à la date fixée, le jeudi l'''' juin de l"an ill^ 11 fut doiuK' Icctiu-c tout d'abord des instructions adressées pin- l'empereur à Marcelliiuis. Les termes de ce rescrit durent alarmer les donatistes. et les déterminèrent sans doute à prendre l'attitude qu'ils afïectèrent à partir de ce nioiucut. On les voit en efîet, un instant après cette lecture, préoccupés uniquement de pro\()quer des incidents, dans le but d'éviter le débat. Le délai de quatre mois fixé par l'empereur et expiré, prétendent-ils, le nombre des évêques catholiques, la vérification des signatures, le droit pour fous les évoques d'assister aux séances, la question de savoir si les catholiques sont demandeurs ou défendeurs dans la cause, tout devient pour eux motif à discussions. Ils multiphent à plaisir les questions de forme et de procédure, cherchent à les éterniser, à éviter qu'on en vienne au fond, à empêcher enfin la conférence d'aboutir. Ils allongent leurs discours à propos de riens et tout leur est prétexte à gagner du temps. Chaque nom appelé provoque des observations et lorsque, l'appel fini, Marcelfinus invite les membres de l'assemblée à s'asseoir, disant (|uil a peine à être seul assis parmi tant d'hommes vénérables, ils s'obstinent à demeurer debout. Ils comptent provoquer ainsi une nouvelle difficulté, leurs adversaires devant nécessairement considérer comme une marque de mépris ce refus d'être assis à côté d'eux-, mais les catholiques ne s'émeu\ent point, et Marcellinus n'insiste pas. Alors les donatistes cherchent une autre occasion de disputes; ils réclament la lecture des signatures. Cette manœuATC leur donne enfin le résultat qu'ils espéraient : plusieurs signatures provoquent leurs protestations et deviennent l'objet de discussions sans fin. Les donatistes firent

1. Collât, diei i, i (Ellies du Pin. p. 379; — Ilardouin. p. 1049).

2. Gesta coll., collât, diei i, cxliv, c.klv (Ellies du Pin, p. 426-427; — Ilardouin. p. 1093).

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ainsi tant do difficultés et manœuvrèrent si bien qu'il était six heures du soir quand on put faire soi'tij' tous les évèques, à l'exception des trente-six députés ^ Il était trop tard pour que ceux-ci pussent commencer leurs travaux; il fallut se séparer, en fixant au surlendemain la prochaine séance^.

Dès le lendemain, lesdonatistes, toujours occupés de gagner du temps, présentèrent à Marcellinus une requête signée de leurs sept députés, dans laquelle, après avoir exposé que les actes de la première séance étaient trop longs pour être rédigés en un jour, ils demandaient communication et copie de l'instruction remise par les catholiques à leurs députés^.

Cette instruction leur fui remise. Le prétexte sur lequel ils comptaient apparennnent pour exiger un ajournement de la seconde séance leur faisant défaut, ils ne purent s'abstenir de s'y l'endre. Mais leurs sept principaux députés parurent seuls, et se montrèrent, plus encore qu'auparavant, décidés à ne pas accepter une discussion sérieuse. Marcellinus ayant de nouveau prié les évoques de s'asseoir, ils tentèrent de nou\'eau, eux aussi, d'exciter du tunuilte. Ils cherchèrent à provoquer les catholiques, en répondant que la loi divine leur défendait d'être assis à côté de pareils adversaires*. Les catholiques étaient déjà assis; ils se contentèrent de se lever, .sans protester autrement. Marcellinus se décida à se lever lui aussi; il fit emporter son siège, et tout le monde demeura debout, non seulement ce jour-là. mais jusqu'à la fin de la conférence*.

Après lecture de la requête présentée la veille^ |)ar les d(jnati.stes, Marcelhnus demanda que chacun s'engagi^àt à signer

1. Gesla coll., coll. d. i, cc.xi.x (Ellies du Pin. p. 448, col. 1 ; — Ilardouiii, p. 1112).

•1. Ihid., ccxx-cc.xxii (Ellies du Pin, p. 448. col. -2 : — IJardouin, p. 1112).

3. Coll. diei ii. .xii (Ellies du Pin, p. 4.o0, col. 1 :— Hardouin, p. 1116).

4. Ibul., m et iv (Ellies du Pin, p. 449, col. 2 ; — Hardouin. p. 1115).

b. Ihid.. v-vii (Ellies du Pin. p. 449, col. 2 ; —Hardouin, pp. 1113-1116).

au j)ro('ès-\('rbal sos propres paroles. Aussitôt les douatistcs de proteslei- (|ue ce n'était ])as l'usage. Mai-celliiuis irur demanda aloi-s s'ils entendaient .se contenter de la aai-jintic <raultienticit('' résultant de la sui'veillance des évoques chargés de veillei- à la i'(''(lacti<)n des actes; ils déclarèrent se i-éserver de répondre à cette (juestion (piaiid les actes de la j>récédente séance seraient publiés, car, di.saient-ils, ils voulaient auparavant lire le procès-verbal et l'instruction de leui-s adversaires ^ On leui- fit observer vainement que s'ils jugeraient nécessaire de lire les actes de la première séance a^ant d'engager- le débat au fond, ils auraient dû le déclarer plus tôt, que la ^'eille encore ils ne réclamaient que l'instruction des catholiques, qui leur avait été remise, et que d'ailleurs ils ne pou^ aient trouver lien d'important dans les actes de la première séance, employée tout entière à la vérification des signatures et à des incidents de peu de conséquence. Rien ne fit; ils se butèr-ent à \ouloir la publication de ces actes, avant de passer outre et de s'engager à signer leurs dires ^ On pouvait bien, ajoutaient-ils, leur accorrlcr une remise à une date peu éloignée, puisqu'ils consentaient, eux, à accepter la conférence, alors que le délai légal dans lequel elle devait a^■oir lieu était expiré ^. Après bien des paroles échangées à ce propos, Marcellinus finit par accoi-der une nou\elle remise, et les catholiques se ^'irent forcés d'y consentir*. Les notaires ayant promis, si les procès-Acrbaux étaient signés ce jour même ou le lendemain, d'être en mesure, en travaillant jour et nuit, de publier les actes le mercredi 7 juin, Marcellinus proposa de fixer la pi-ochaine réunion au

1. Gesla Coll.. coll. diei ii. xix-xxv, (Ellies du Pin, p. 450, col. 2; — Hardouiii. p. 1117).

2. IhicL, xx-L (Ellies du Pin, pp. 430-4.53 ; — Hardouin, pp. 1117-1120).

3. Ibid., xLviii (Ellies du Pin, p. 4r3, col. 1 ; — Hardouin. p. 1120).

4. Ibid., Lvi, Lxvi (Ellies du Pin. pp. 454-455; —Hardouin, pp. 1121-1122).

jeudi ^! juin. Cet ajourncnu'ut fut aeeopté de part ot d"auti'i>\ mais au moment de le\er la séance, saint Aly|)e, au nom des catholiques, demanda acte des instances faites par les donatistes poiu" obtenir cette remise. Il ne voulait pas, dit-il, qu'on cherchât à tromper le peuple par de faux bruits v

Les notaires fii*ent tant de (Uligence que dès le (i juin, à 8 ou 0 heures du soir, ils sig'nifîèi-ent aux donatistes, assemblés dans l'église de la Théoprépie ', les actes des deux premières séances et en reçurent un récépissé signé de Montanus de Zama *. Deux heures plus tard, ces mêmes actes étaient signifiés aux catholiques, dans la Basilique Restituta où Fortunatiainis de Sicca en donna récépissé '".

Ces foi'malités accomplies, la conféi'ence tint sa troisième séance le 8 juin, connn(> on en était comi'nu. Les catholi([ues vindurent d'emblée aborder le point ])rincipal du litige ^ Les donatistes, au contraire, persévéï'èrent dans la ligne de conduite qu'ils s'étaient tracée. Soulevant de nouveau des questions de forme, ils insistèrent pour faire décider tout d'abord à qui incombait le rôle de demandem- '. Ils consei'\aient é\idemment l'espoir d'empêcher une solution qu'ils jugeaient leur devoir être funeste, comme le iit i-emarquer saint Augustin ^ Leur manœuvre ne réussit point. Marcellinus, tout vu admettant, malgi'é les protestations des catholi([ues, ([uil \ avait lieu de décider quel était le (h'inandeui- % sut habile-

1. Gesta coll.. coll. diei ii, l\iv-lx\iii (Ellies du Pin, pp. 434-455 ; — Hardouin, p. 1122).

2. Ibid., L.Kxii (Ellies du Pin, j). 45j, col. 2 ; — Hardouin, p. 1123).

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