‹ GenséricChapitre 231 sur 266 · S. Leonis Magniep. xii, cap. 8 [P. L., t. LIV, p. 6o · texte numérisé non relu

S. Leonis Magniep. xii, cap. 8 [P. L., t. LIV, p. 6o

ORGANISATION DE LA CONQUÊTE 3il

rendi'O les populations conquises moins souples sous la domination étrangère.

Loin d'attribuer aux Vandales des qualités éminentes, leurs contemporains nous représentent leur état moral comme plutôt inférleui' à celui des autres barbares. Ils les accusent des vices communs à tous, la fourlierie, la perfidie, la cupidité. ^a^'arice et surtout la cruauté, dont il est toujours fait particulièrement luention en parlant d'eux \ et ils ne leur accoi'dent pas même la valeur guerrière, qualité ordinaire à toutes les hordes qui i-avageaient l'Empire". Salvien luimême, qui se fait leui- panégyriste, les considère comme les moins belliqueux des peuples qui avaient en\'ahi le monde romain ■^

Ce qui est certain, c'est qu'au contact de la civilisation ils s'abandonnèrent bientôt à la mollesse et perdirent promptement toute \aleui' militaire. Dès le temps de Majorien, Sidoine Apollinaire, dans le panégyi'ique de ce prince, pou\'ait faire parler l'Afrique en ces termes '* : « Ne crains pas que le courage de mon ravisseur me rende inaccessible. Une vie voluptueuse a détruit en lui l'énergie de sa race. Il voudrait avoir encore la sauvagerie scythique, il n'en a plus la force, depuis qu'il s'est emparé de tant de riches dépouilles ; le luxe lui a fait perdre la \igueur dont il était doué, quand il (Hait pau\'re. Ce sont les fi'uits de mes entrailles qui maintenant s'arment conti-e moi, ce sont mes propres forces qui, depuis tant d'années, me maintiennent sous sa loi; ma fécondité enfante poui- mon malheur ceux dont il se sert pour m'opprimer. Il ne

1. Paul Orose, Ilisloriœ, vu, 38 {1>. L., t. XXXI, p. 1161) : — S. Jérôme, £■73. Lx, 10; cxxiii. 40 (/'. L., t. XXII, pp. 000 et 1057) ; — Victor Vit., De persecut. vandal., i, 1 (P. /.., t. LVIIJ. p. 181i; — Cassiodorc, Varise, \, 4; [M. G.. A. A., t. XII, p. 15, lig. 29).

Page 1