‹ GenséricChapitre 245 sur 266 · Victor Vit., o. c, i, 7 (P. L., t. LVIII, p · texte numérisé non relu

Victor Vit., o. c, i, 7 (P. L., t. LVIII, p

GOUVERNEMENT DE GENSERIG Ub

point au sei'\ice de l'Etat ou âe^i Vandales ne furent pas inquiétés, les catholiques et les moines eurent môme la liberté de visiter dans les prisons ceux des leurs qui s'y trouvaient détenus \ Les monastères continuèrent à subsister, à recevoir de nouveaux religieux " ; ils existaient encore sous le règne d'Hunéric ^, et on voit dans les actes d'un concile tenu à Carthage en o2o qu'ils ne furent jamais supprimés ^.

En ruinant l'Eglise catholique dans la contrée où il avait établi les conquérants, en la réduisant à n'y pouvoir être ([u'une rvligion de petites gens s'exerçant en secret, Genséric parait avoir eu pour but principal de soustraire ses guerriers et leurs chefs à tout essai de propagande, et de conserver intacte parmi eux la foi arienne, considérée comme une garantie de leur fidélité. Sa pensée pur-ement politique se comprend aisément. Les haines religieuses entretenaient l'hostihté des A'andales contre les Romains, et le fait d'appartenir à une secte rigoureusement proscrite par les lois de l'Empii'e les mettant dans l'impossibilité de s'accommoder du régime impérial, devait, semblait-il, les défendre des tentatives de corruption dont on pouvait avoir l'idée à Rome et à Byzance, et dont l'avidité des barbares pouvait donner sujet de craindre le succès.

Ce fut cette môme pensée politique qui détermina Genséric à vouloir imposer sa croyance aux Africains qui s'étaient mis h son sei'vice ou cjui, placés dans l'entourage des principaux de sa nation, se ti'ouvaient à même d'acquérir et d'exercer sur eux ([uel(jue inthience. Dans le monde entiei', le catholicisme était \a religiim de l'Empir-e, l'arianisme la religion des bar-

1. Victor Vit., De pevsecut. vaiidal., i, 10 (P. L., t. LVIIl, p. 195).

2. y^ifa sancli FulQeidii, cap. ii, m et iv (P. L., t. LXV, pp. 120, li'-) ; — Victor Vit., De persecut. vandaL. i, 10 ; ii, 1 (/'. L.. t. LVIII, pp. 194, 202).

3. Victor Vit., De persecut. vandaL, n, 7; v, 10 (/'. L.. t. LVIII, pp. 209, 249).

4. [lardouin. Conciliorum colleclio ma.iima, t. II, p. 1083 et suiv.

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barcs; se comcrlii* à leur seete, c'était se taire des leucs, se dévouer irré\ocablemeiit à leui's intérêts et se rendre à jamais tout retour impossil)le. Ce gage de dévouement al)sulu, Genséric l'exigea, d'abord dans certains cas, ensuite dune façon générale, de ceux que lui-même employait ou qu'employaient les siens. A l'égard de ceux qui le lui refusèivnt, il se montra d'une cruauté implacable, non par fanatisme, mais par intérêt politique. On a vu quel fut le sort du comte Sébastien, d'Arcadius, de Paschasius, de Probus et d'Eutycianus. Après le sac de Rome et la rupture de la paix de 442, il fut ordonné que nul, s'il n'était arien, ne serait admis aux emplois de la cour du roi ou des maisons de ses fils ^ Cette décision fut suggérée au roi, dit ^'ictor de \^ite, par les évêcjiies de sa secte-. C'est possible, mais le besoin de s'assurer par ce moyen l'entière fidélité de son entourage et plus encore peut-être de l'entourage de ses fils, suffit à expliquer une mesure imitée de la législation romaine qui excluait les ariens de toute charge à la cour impériale '\ Genséric, engagé dans une lutte décisive contre l'Empire, avait à craindre cju'on oi'ganisât la trahison autour de lui et surtout qu'on préparât la ruine de son royaume en gagnant ses fils à la cause romaine, comme il advint plus tard de son petit -fils Hildéric \

Ce furent les catholiques au service de ses fils qui eurent à sul^ir les plus cruelles rigueurs. De ce nomj^re fut Ai-mogaste. Il appartenait, sui\'ant ^'ictor de \'ite. à la maison de Théodoric, fils du roi '\ Son refus de renier sa foi l'exjxjsa

1. Victor Vit., De persecitt. vand.. i, 14 (P. L.. t. LVIII, ]). 198).

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