Cod. Theod., lib. XVI, lit. v, 42 (Haenel, p. 15.o
4. L'Occident à l'époque byzantine. Gotlis et Vandales, pp. 213 et suiv.
5. Victor Vit., De persecut. vandal., i, 14 (P. L., t. LVIII, p. 198). « Inter alios ventum est tune ad Armogastem nostrum », dit Victor de Vite. Ces mots « notre Armogaste » ont donné à penser qu'il pouvait être de la ville
au\ plus horribles tourments, qui tournèrent miraculeusement à la confusion de ses persécuteurs. A plusieurs reprises, on lui serra les jambes et le front nxcc des cordes ; dès qu'il le\ait les yeux au ciel, elles se rompaient comme les fds d une toilo d'araignée. C'était en \ain quj les bourreaux prenaient des cordes beaucoup plus solides ; à peine avait-il in^"oqué le nom du Christ qu'elles tombaient en poussière. On le pendit par un pied la tète en bas ; il parut à la vue de tous dormir comme s'il était étendu sur ini lit de plumes. Théodoric ordonna alors cjuon lui tranchât la tète, mais Jocundus, prêtre arien de l'intimité du prince \ intervint et dit : « Faites-le plutôt périr à force de misère, car si on le tue par 1 epée, les Romains " se mettront à le proclamer mart\r. » Sur (juoi, Théodoric le condamna d'abord à des tra\ aux de terrassement dans la B}zacène, puis, comme pour lui infliger un plus grand opprobre en l'exposant aux regards de tout le monde, il lui fit garder les vaches non loin de Carthage. ^ int enfin le jour où Armogaste connut par une révélation de Dieu que l'heui'e de sa mort, de sa dormition selon l'expression de Victor de Vite, était prochaine. 11 appela un chrétien vénérabb, nommé Félix, qui était procurateui- de la maison du fils du roi, et lui dit : « Le temps de ma délivrance est arrixé. Je ^"Ous conjure, par la foi que nous professons l'un et l'autre, de m'cnsevelir sous ce chêne Aert. Si
dont Victor occupa le siège épiscopal (Tillemont, Mém., t. XVl. p. 534). Relalivenient à l'époque de la mort de Théodoric que l'rocope nomme Théodore, voir p. 292, note 4.
1. « A suo prohibetur.Iocundû presbytcro » (Victor Vit., loc. cit.). Ce jjrètre Jocundus, attaché à Théodoric, est certainement le même personnage qu'Hunéric fit brûler vif à Carthage, parce que. dit Victor de Vite, il était très bien vu dans la maison de Théodoric. l'rére du roi (Victor Vil., De persecut. vandal., ii. 5, P. /.., t. LVIII, pp. 20o-:206). 11 était à cette époque évêque de la secte arienne, et les Vandales l'appelaient leur patriarche (Ibicl., p. 20a).
2. On voit parce passage que les barbares identifiaient les catholiques avec les Romains au point de les désigner communément sous ce nom.
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VOUS ne le faites, vous aurez à rendce compte à iioti'e Dieu. » Ce n'était pas qu'il eût cui'e de l'endi-oit où reposerait son eorps, niais il fallait qu'apparût au grand jour ce que le Clu'ist avait ivvélé à son serviteui". Félix, (|ui le vénérait comme un apôtre, lui r(''[)()ndit : « Point du tout, \(''n(''ral)le confesseur ; ce sera dans une des basili(jues que je vous donnerai la sépulture, avec honneur et triomphe suivant vos mérites. » — « Non, reprit le ])ienheureux .Ai-mog'aste, vous ferez comme je vous ai dit. » Féli.x, craignant de contr-istei' l'homme de Dieu, lui pi-omit d'accomplir- sa volonté. Bientôt, très peu de jours plus tard, il passa, confessant la vraie foi', de cette vie en l'autre, et Félix s'empressa de creuser sa tombe sous l'arl^rc qu'il lui avait désigné. L'enchevêtrement dés racines et la dureté du sol ralentirent son travail, en lui opposant un obstacle qui lui fit craindre de ne pouvoir- enter-i-er qu'avec ti\ip de retard le corps du saint. Enfin, après avoir coupé les r'aciries, il creusa très pr-ofondément la terre. Il aper'çut aloi'sun sarcophage tout pi*épar('', d'un mai'lïi'e magnifique et tel que peut-être jamais r-oi n'en eut le pareil".
11 est à r'(miar'quer dans ce r-écit que tous les serviteurs des princes ne fur^cnt point en môme temps contraints de renier- leui' toi, puisque Félix était, est-il dit, un v(''n(''i-a])le catholique, et l'était donc ouvertement. Il est à supposer- que ceux-là fur-ent per-sécutés qui, par- l'ar-deur- de leur- zèle inspiraiiMit au i-oi des craintes de pr-opagande en faveur- des Romains^ ou provoquaient l'animosité des ar-iens ; on en peut
1. « Cornes bonai confessionis de hac vila niigravit » (Victor Vit., De persecut. vundaL, i, 14; P. L., t. LVIII, p. 199). Le mol « cornes » a fait croire (lu'Armogaste avait la dignité de comte, et le marlyroiogue romain la lui attribue. Mais le sens des mots « cornes bonas confessionis «est, semble-t-il celui de « in ou cum bona confessione », admis généralement par les martyrologues (Acta sanclorum, 29 mars, martii t. Ilr, p. 782). « Je voudrais, dit Tillemont (Mémoires, t. XVI, p. o'ii, note 2), (pi'on trouvât « com|)os » dans quelque bon manuscrit. »
2. Victor Vit., De persecut. vandal., i, 14 (P. L., t. LVIII. pj). 198-199).
GOUVER.NHMEXT DE GENSERIG 349
voir la preuve dans Ihistuire de Satui'us, procurateur de la maison d'Hunéric, le fils aîné du roi ^ C'était, dit Victor de Vite, un membre très en vue de l'Eglise du Christ et un catholique qui ne se laissait point intimider. 11 ne se gênait j)as pour reprocher aux ai'iens leurs erreurs et leurs fautes. Il fut dénoncé par Marivadus ", diacre arien qu'Hunéric avait le malheur de tenir en particulière estime, et on décida de le forcer à embrasser l'arianisme. On résolut de lui promettre honneurs et richesses, s'il cédait, de lui réserver les plus cruels supplices, s'il résistait. 11 fut donc mis en demeure de choisir, et on le menaça, s'il n'obéissait pas aux ordres du roi, de confisquer sa maison et tous ses biens, de lui prendre ses esclaves et ses enfants, et de li\ rei', lui présent, sa femme en mariage à un conducteur de chameaux. Lui, plein de l'es- ])rit de Dieu, ne fit que provoquer ces impies à exécuter au plus vite leurs menaces ; mais, à son insu, sa femme les supplia de lui accorder quelque délai, puis tenta de le fléchir. Il était seul, en prière, quand elle se présenta à lui, les vêtements déchirés, les cheveux épars, accompagnée de ses enfants, et portant dans ses bras une petite fille qu'elle allaitait encore. Elle déposa cet enfant aux pieds de son mari dont elle embrassa les genoux. « Aie pitié de moi et de toimême, cher époux, soupii'ait-elle. Aie pitié de nos enfants cjui te supphent avec moi, QXi'ils ne soient point réduits à une condition servile, eux à qui nous avons donné une naissance^ illustre ; que je ne sois point soumise, du vi\aut même de mon mai'i, à une indigne et honteuse iniion, moi (jui |)armi