‹ GenséricChapitre 247 sur 266 · Victor Vit., o. c, i, 16 (p · texte numérisé non relu

Victor Vit., o. c, i, 16 (p

2. Ce diacre, que Victor de Vite nomme Marivadus. est sans doute le même qui est désigné sous le nom de Varimadus dans un ouvrage que Vigile, évêque de Tapse (Thapsus aujourd'hui llenfhir ed-Dimas). écrivit contre lui, sous le titre de Liber t^eu declara/io quorumque locorum de Trinitate conlru Vurimadam arianœ seclœ diaconum (P. L., t. LXIi). (A. Ruinart, Commenlarius historiens in liistor. persecul. vandal. iv, 7 (/'. L., t. LVIll, p. 373j ; — Tillemont, Mém., t. XVI, pp. 018-619.

350 GENSERIG

mes compagnes me suis toujours fait gloire d'èti-c ton épouse. Dieu sait que tu ne feras que malgré toi ce (jue tant d'autres peut-être ont fait volontairement. » Il lui répondit, avec le saint homme Job : « Tu parles comme une femme insensée. Je tremblerais, s'il n'y avait d'autre félicité que l'amére douceur de cette vie. Tu te fais, ma femme, le ministre des artifices du diable. Si tu aimais vraiment ton mai"i, tu ne tenterais pas de l'entraînera la mort éternelle. Qu'ils enlèvent mes enfants, qu'ils me séparent de ma femme, qu'ils me privent de mes biens ; quant à moi, sûr des promesses du Seigneur, je demeurerai fidèle à sa parole : Qui n'abandonne pas femme, enfants, champs ou maison ne peut être mon disciple. » Quand sa femme, n'ayant rien pu gagner sur lui, se fut éloignée avec ses enfants, il fortifia son âme en vue .du martyre. Ses biens furent confisqués, il fut entièrement dépouillé, accablé de tourments, réduit à la mendicité; il lui fut même interdit de se montrer. On lui enle\'a tout, conclut Victor de Vite, on ne put lui enlever la pureté du baptême \

Dans le même temps ', un autre catholique, persécuté pour sa foi, fit preuve d'une égale fermeté. Archinimus de Mascula^ était au service du roi, la suite de ce récit semble du moins l'indiquer. On avait vainement essayé par divers arti-

1. Victor Vit., De perseciU. vandal., \, IG (P. L., t. LVIII, pp. 200-:2Ûi^) ; — Acla sanctorum, 29 mars ; Martii t. III, pp. 782-783.

2. Victor Vit., De PerseciU. vandal., i, 16 (P. L., t. LVIII, p. 200).

3. (( Sed nec quemdam Arcliinimom nomine, Masculanum, debeo prœterire » (Victor Vit., Depersecut. vandal., i, 15; édil. Ruinart, P. L., t. LVIII, p. 199; — Acta sanct., 29 mars, xMartii t. III, pp. 782-783). D'autres éditions portent, d'après certains manuscrits, « Arcliimimum nomine Masculam», ce qu'il faudrait entendre dans le sens de : un archimime (chef de comédiens), nommé Mascula ; mais, outre que cette leçon est contraire au te.xte du plus ancien manuscrit, il n'y a pas apparence que Genséric soit intervenu en personne et ait multiplié caresses et promesses pour gagner à sa secte un mime, c'est-à-dire un homme d'une profession réputée infime et dont l'abjuration ne pouvait avoir grande importance politique. Cf. Tillcmont,.l/e»i., t. XVI, p. 535 et p. 795;— Migne, P. L., t. LVIII, p. 199, note d. Mascula est aujourd'hui Khenchela.

fices fie ramener à renier la foi catholique. Le roi lui-même intervint, cherchant à le gagner par ses caresses, lui promettant de le combler de richesses et de satisfactions, s'il se soumettait à sa \()l()nt(''. 11 demeura in('d)ranlable, et Genséric ordonna de lui faire subir la peine capitale. Mais ce prince, toujours rusé, commanda en secret de ne le tuer que s'il témoignait un mouvement de crainte au moment où bi'illerait l'épée et, pour qu'on n'en put taire un gloi'ieux martyr, de ne pas l'exécuter s'il montrait une résolution intr(''pide. Le Chi-ist mit en lui une fermeté telle qu'il resta immobile comme une colonne, et il revint de cette épreuve en glorieux confesseur '■. De même qu'à sa cour et dans l'entourage de ses fds, Genséric voulut empêcher par de ci'uels exemples toute propagande catholique dans les maisons des chefs vandales, comme le prouAcnt les faits sui\ants rapportés par Victor de Vite à peu près en ces termes : Un chef vandale, de ceux (ju'on nommait millénaires", avait connue esclaves quatr'c frères, Martinianus, Saturianus, et deux autres dont les noms ne sont point indiqués. 11 a^■ait également une esclave, Maxima, excellente servante du Chi'ist, belle de corps et d'âme. Martinianus, qui était armurier*, plaisait l)eaucoup à son maître, dont Maxima gouvernait toute la maison. Le \i\ndale pensa se les rendre plus dévoués en les associant par un mariage. Martinianus, connue tout jeune honune qui ne s'est pas voué à la vie religieuse, était bien aise de se marier ; Maxima au couti'aii'O s'cMait d(''jà consacrée à Dieu et ne Noulait point s'unir à un homme. Quand ils se trouvèrent seuls dans leur chambre, Martinianus, ignorant les desseins de Dieu à son égard, voulut s'approcher d'elle connue de safenune; alors la sei'vantechi Christ lui dil axcc aniniafion : « ^larlinianus, mon fi'ère, j'ai consacre'' mon ctirps au (^hi'isl. Ayant un fiancé

1. Victor Vit., De persecul. vaiulaL, i. lo (/'. /.., t. LVUI, \)\). i9'.J-:ÎUO).

Page 1