‹ GenséricChapitre 249 sur 266 · Tabarka · texte numérisé non relu

Tabarka

2. «In modum ferarum d (édit. Migne, P. L.. t. LVIU, p. 194). C'est une faute évidente : il faut lire « in modum serrarum ». comme dans le texte de Ruinart. (édit. de Venise, p. 8) et dans l'édilion Ualm {M. G., A. A., t. 111. pars prier, p. 9).

le lendemain, guéris par le Christ, ils se retrumaient en pleine et parfaite santé. Ce supplice leur fut infligé bien des fois et pendant longtemps ; toujours le Saint-Esprit les guérit ; on ne vo}"ait aucune trace de leurs blessures. Ils furent ensuite étroitement resserrés dans une dure prison * et enchaînés pai' les pieds à un poteau ". Tandis qu'ils étaient ainsi détenus, des serviteurs de Dieu ne manquaient pas de les %isiter fréquemment. Il advint qu'à la vue de tous, le poteau solide et épais tomba en poudre comme un bois pourri. « Ce miracle est universellement célèbre, ajoute Victoi- de Vite, et nous a été attesté sous serment pai' l'honmie qui était de garde auprès des prisonniers*. »

Le Vandale n'en continua pas moins à méconnaître la puissance divine. Alors la vengeance de Dieu s'appesantit sur sa maison. Lui-même et ses enfants moui-urent en même temps, ses meilleurs esclaves, les animaux de prix qu'il possédait périi-ent également. Sa veu^e, ayant tout perdu, mari, enfants, fortune, olfrit les serviteurs de Dieu en présenta un

1. 0 l'ost hoc arctantur maxime dura custodia » (édit. Ruinart et Migne) D'aulres manuscrits donnent : Post hoc arctatur Maxima dura custodia, et attribuent ainsi ce qui suit à Maxima. et non à Martinianus et à ses trois frères. C'est la leçon qu'à adoptée 1 édition Halm [M. G., A. A., t. III, pars prior. p. 9i qui porte : « Post hoc artatur Maxima durse custodiee cuspidique crudeli extenditur », mais la première leçon est celle des deux meilleurs manuscrits et se trouve confirmée par les anciens Tnartvrologues. A don se sert de ces termes (16 octobre) : sanclorum martyram Marliani el Satyriani cum ditohus eorum fralribus et efjref/iœ Cliristi ancillœ Maxiinœ virr/inis qui... iiodo.sis fuslihiis csesi et iisque ad ossa laniali, cum mullo tempove talia paterentur, sequenti die semper incolumes reddebanlur. l'o.'it eiiain dura carceritt custodia damnati, cum fuissent arclali in nervum, mira Uei virlute, ingentium lignoram putrescens soluta est f'ortiludo. (Migne. /'. L., t. LVllI. p. 194-195, note G).

2. 0 Compedeque crudeli extenduntur». Le cowpes était une entrave qu'on mettait aux pieds des prisonniers et des esclaves, soit pour les punir, soit pour les empêcher de s'échapper. Ce mot désignait aussi les liens ipii, l)lacés à l'extrémité d'une chaîne, attachaient un prisonnier à un mur ou à un poteau. (Saglio; Compes: Diction n. des antiq. f/r. et rom., t. I. 2<> part., p. 1428: — Marquardt, Vie privée des Rom., trad. Victor Henry, t. I, p. 214, note 3). C'est évidemment dans ce dernier sens que ce mot est ici emjjloyé.

3. Victor Vit., De persecut vandal.. i. 10 (/'. /,., t. LVIII. jt. 195).

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piirent du l'oi, nommé Sersaon. Celui-ci accepta ce cadeau avec une vive g'ratitude ; mais, (|uand les saints furent en sa possession, le démon conmiença à agiter de diverses façons ses enfants et les gens de sa maison. Il ne manqua pas de parler de ces faits au roi, son cousin. Le roi décida de reléguer Marlinianus et ses frères chez les Maures et de les faire conduire à un chef de triL)u, qui avait nom Capsur. Quant à Maxima, il eut honte de lutter contre une fdle qu'il voyait bien ne pouvoir vaincre; il la laissa aller à sa propre volonté ^ « Elle existe encore aujourd'hui, vierge et mère de nombreuses vierges de Dieu, écrit Victor de Vite en 487, et elle ne nous est point inconnue à nous-méme-. »

Martinianus et ses frères furent livrés à Capsur, qui résidait dans une région du désert appelée Capra Picta. Arrivés parmi les païens de cette contrée et voyant qu'il s'y faisait des sacrifices sacrilèges, les saints disciples du Christ se mirent, par leurs prédications et leurs entretiens, à initier ces barbares à la connaissance de Dieu. Ils acquirent ainsi au Christ une multitutle de païens, dans un pays où son nom n'avait même jamais été prononcé jusqu'alors. Us pensèrent ensuite à répandre dans le terrain qu'ils avaient défriché la semence de la prédication évangélique et à l'arroser de la pluie sacrée du baptême. Ils réussirent à envo3'er, au delà du désert qui les séparait du inonde chrétien, jusqu'à une ville romaine dont ils firent prier l'évèque de déléguer vers ce peuple, déjà croyant, un prêtre et des ministres. L'évèque accueillit avec joie leur demande, et bientôt la nouvelle église de Dieu fut fondée ^. Les barbares se pressèrent en foule pour

1. « Maximam vero Christi famulani, coiirusus et victus, propriœ voluntati dimisit «. {\icl.Y\t., De persecut vandal., i,ll; P.L., t. LVIII, p.l95). ou suivant une autre leçon : propria voluntate dlmlsit (P. L., loc. cit., note a).

2. Vict. Vit., loc. cit.. Ce passage fournit une nouvelle preuve de ce fait que la persécution n'avait point supprimé les monastères.

3. «Dei construitur ecclesia » (édi(. Ruinart), ou,, suivant une autre leçon

GOUVERNEMENl DE GENSÉRIC 3oo

recevoir le Jjaptème, une troupe de loups devint un troupeau d'agneaux. Capsur donna avis de tout cela à Genséric. Celuici prit ombrage de ces progrès de la foi. Il craignit évidemment que la propagande catholique parmi les Maures n'eût pour effet de les détourner de son alliance et de les rendre favorables à l'Empire. Il envoya l'ordre d'attacher les serviteurs de Dieu par les pieds derrière des quadriges qu'on lancerait à travers les maquis, pour que leurs corps fussent déchirés par' les bois et les épines ; et atin que leur mort fût rendue plus cruelle par la vue du supplice de leurs frères, il reconnnanda île les lier de façon qu'ils pussent se voir les uns les autres. Les Maures éclatèrent en sanglots quand ils les virent liés ainsi aux chariots que les chevaux commençaient à entrahierdans leur course *, tandis que les martyrs, se regardant entre eux, s'adressaient ce suprême adieu : « Frère, prie pour moi. Dieu accomplit notre désir; c'est par ce chemin qu'on parvient au royaume des cieux. » Priant et chantant des psaumes, ils rendirent leurs âmes à Dieu, à la vue des anges qui se réjouissaient. « Notre Seigneur Jésus-Christ, continue Victor de Vite, n'a point cessé jusc|u"à nos jours d'accomphr de gi-ands miracles dans le lieu où ils ont souffert ; car le bienheureux P'austus, évèque de l'ecclesia Burunitana',

peut-être préférable : « Del constituitur ecclesia ». (Ruinart, note 37, p. 69, édit. de Venise et P. />., t. LVIII, p. 195, note b.).

1. (( Qui cum vincli, currentibus indomitis equis, plangentibus Mauris, sese mutuo conspicerent, vale sibi in angusto l'ugte unusquisque ita dicebat : Frater. ora pro me» etc. (édit. Ruinart et Migne;P. L., t. LVlll, p. 190). Quelques manuscrits donnent, au lieu de « plangentibus Mauris, » « plaudentijjus Mauris ». Les deux leçons sont également admissibles, remarque Ruinart (note 38, p. 69 et P. L., loc. cit., note c). Cependant, ce qui est dit immédiatement aujjaravant, dans le te.xie de Victor de Vite, de la conversion des Maures explique de leur part des larmes |)hilùt que des applaudissements.

2. Dans la vallée du Bagrada, où était situé le Saltus Rurunitanus, vaste domaine impérial dont l'existence a été révélée par l'importante inscription trouvée à llenchir ed-Dakiila, à 30 kilomètres de Souk-el-Klimis. (C. /. L, t. VIII, 10 jTO ; — Mommsen, Hermès, t. XV, p. 386-ill : — Gagnai

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nous a jiulis allcstc' (juuiu' Iriiimc axcii^lc y a l'ccoux iv la vue (Ml sa jDi'ésonco ' . »

Si (jciiséric a\ail rccoui-s aux j)lus cruelles rigueurs jxtur empêcher la j)r()]jai>an(le cathulicjue parmi les \'au(lales, il devait, semble-i-il, se mouti*er plus impiloNahle encore à l'égard de ceux de sa nation (|ui se convertissaient à la l'cligion romaine. Ils turent sans doute jjeu n(»nd)reux, car on ne trouve, sous son règne, (|ue deux exemples de barbares ayant soufîert pour la foi, et ces cas ne nous étant indiqués que par une simple mention, sans aucun détail, il y a lieu de penser (piils a\'aient passé presque inaix-rcus. Deux frèi-es de la nation des Vandales, qui, sous Hunéric, abandonnèrent tous leurs biens pour suivre, avec leur mère, les ecclésiastiques de Cartilage dans leur exil, axaient, est-il dit, été confesseurs à di^'erses reprises, dès le temps de (jensi'ric ", et il est dit également qu'à la même (''poque Dagila, femme « d'un cellarita » du roi^, qui fut une des victimes de la pei'sécution dHunéric, avait plusieurs fois mérité d'être mise au rang des confesspurs'*.

Dans les différents récits qui précèdent et auxquels, poui' n'en point modifier le caractère, on s'est appliqué à conserver scrupuleusement la foi-me que leur a donnée l'historien contemporain delà persécution des Vandales, il y a lieu d'observei* cju'à rexce[)lion de Marlinianus et de ses frères, traités tous les quatre comme des eschnes i-évoltés, les confesseurs de la foi dont l'histoire nous est contée a\ec des détails précis

et Fernique, Revue «/'c/iéy/., 18S1, t. XLI, p. 94-103: — Fiistcl de Coulanges, Recherches sur quelques problèmes d'histoire, p. 53 etsuiv.. 188n ; — Ksmein, Mélauf/es d'hisl. du droit, 1886: — Boissier, L'Afrique Romaine, \^. lôG et suiv.: — Tissot. Géofp\ comp., t. Il, p. 305).

1. Victor Vit., De persecut. vandal., i, 11 (/'. L.. t. LVIll, p. 106).

2. Victor Vit., De persecut. vandal., v. 10 (P. L.. t. LVlil, p. 248).

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