Voir p
4. Victor Vit., De persecut. vandal., v. 8 [l>. L , t LVlll. p. 246).
GOUVERNExMENT DE GENSÉRIC 357
furent exilés, spoliés et maltraités, mais ne périrent point de mort violente. Si on tient compte de la cruauté des procédés de répression et du peu de respect de la vie humaine à cette épocpie, un doit reconnaître (|ue la pei'.sécution , sous Genséric, ne fut pas extrêmement violente. Elle n'atteignit que des personnes isolées, en petit nombre et pour des motifs déterminés. A aucun moment elle ne devint générale et, jusqu'en 484, à la fin du règne d'Hunéric, il n'y eut jamais d'édit contre les catholiques. Ceux d'entre eux qui furent tourmentés ou proscrits le furent par un ordre spécial du roi, par une sorte de mesure de haute police. Le témoignage de Victor de Vite est formel à cet égard ; flans tous les cas qu'il cite, il fait mention d'un orch'e roval ', dont l'exécution est confiée, non aux magistrats, mais à un pei'sonnage ou à un agent spécialement désigné ",
Même à Carthage, le culte catholi((ue ne fut pas entièrement supprimé pendant la plus grande pai'tie du règne de (ienséric. Ce ne fut cpi'après les persécutions dont avaient été l'ofjjet des officiers de sa cour et de la maison de ses fils que, peut-être à l'époque de l'expédition de Basiliscus, il fit fermer l'église dans sa capitale et dispersa en plusieurs lieux d'exil ce (|u"il y lestait de prêtres et de ministres \ On se souvient ()ue, depuis la mort de Deogratias, il avait été défendu d'y oi'donner un évêque. Cette suppression complète (hi ctdte fut, comme les mesures prises précédemment, pres-
1. Victor Vit.. De pevsecut. vanduL. i. 3. 10. 11. 13, 14. lo. 16 (P. /,., t. LVIII. pp. 187, B, 11)4, B, 195, B, 198, A, l'JS, A, iÛO, A, 200, B).
i. Victor Vit., De perseciU. vandal , i, 12, p. 19G, B; 3, p. 188, A: 10, p. 194, B: 11, p. 195, B; 13, p. 197, B: li, p, 198, B; 13, p. 200. A; 16, p. 200, B.
3. Victor Vit , Depersecut. vandal-, i, 17 (P. L., t. LVIII, p. 202). Sous la dénomination de ministres, on désignait plusieurs catégories de personnes affiliées au clergé, auquel elles étaient soumises : les lecteurs, les sousdiacres, les acolytes, les exorcistes, les portiers, les clercs inférieurs dont la fonction était d'enterrer les morts et qui figuraient dans l'église de Cirta sous le nom de fussores. (.Vudollent, Cartka^je romaine, pp. 585-589).
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ci'Heparunordrvdii roi, et non en exécution d'un édit'. L'église ne fut j'ouxerte à Carlhage qu'après la paix définitive avec l'Empire. Lors du traité qu'il conclut en 475 entre l'empereur Zenon et le l'ui des ^^andales, Sévère obtint, et sans doute imposa comme condition, le rétablissement du culte catholique". Les prêtres réfugiés dans les di^•erses provinces du monde romain revinrent alors de leur exiP. Ils étaient destinés à soufi'i'ir, sous le successeur de Geiis(''ric, de nou\elles et plus terribles épreuves, dont nous avons eu occasion ailleurs de rappeler les circonstances'.
Si les évêques proscrits reprirent possession de leurs églises, les sièges dont les titulaires étaient morts demeui-èrent vacants. Il continua à être interdit d'ordonner de nouveaux évêques. On ne voit en effet d'exception à cette défense qu'en 481, et pour Carthage seulement. A cette époque, trois ans après l'avènement d'Hunéric, sa belle-sœur Placidie, veu^'e d'Olybrius, et l'empereur Zenon le firent prier par im ambassadeur, nommé Alexandre, de permettre que l'église de Carthage eût un évêque librement élu^. Hunéric qui, en ménageant les catholiques dans ses Etats, espérait ol^tenir de la cour de Byzance des ménagements analogues pour les ariens, y consentit, et saint Eugène tut ordonné, vingt-cjuatre ans après la mort de Deogratias "; mais la tolérance du roi ne fut point étendue aux autres églises de la Proconsulaire. Dans cette province qui comptait cent soixante-quatre évêchés ', il
1. «Posthoc Geisericiis ccclesiam Carthaginis claudi pi'a?cepit. » (Victor Vit., loc. cit.).