‹ GenséricChapitre 34 sur 266 · Baronius, Ann., 418, x.u, xxii ; t. VII, pp · texte numérisé non relu

Baronius, Ann., 418, x.u, xxii ; t. VII, pp

4. Cad. Theod., XVI, v, 40. 41 (Haenel, pp. 1540-1548, 1548-1550). Cf. Paul Monceaux, Hist. littéraire de l'Afrique chrétienne, t. III, pp. 62-63.

5. Cod. Theod XVI. v, 44 (Haenel, p. 1551). Cette loi est adressée à Donatus, proconsul d'Afrique en 408 (Pallu de Lessert, Fastes des prov. afric, t. H, p. 120). Sur les communaulésjuives en Afrique, voir 1'. Monceaux, 0. c, t. III. p. 58.

proso'its, (l(''.sonnais eiincinis de la (loiiiinalion i-ôiiiaiiic et prêts à fournir des idliés aux révoltes et aux invasions. Les événements devaient bientôt prouver une fois de plus que si les persécutions ne sont pas sans effet, elles sont non moins funestes à ceux qui les exercent qu'à ceux qui les subissent ' . Entraînés par l'ardeur de leur zèle, les évoques africains ont pu contribuer à préparer la ruine de leur patrie et de leur propre Eglise , mais leur en faii'e ini reproche serait manquer d"impai'tialit(''. Ils ne ])()u\ aient se soustraire aux idées de leur temps, aux pratiques d'absolutisme sans mesure de l'administration impériale, et les funestes conséquences des persécutions n'apparaissaient point encore assez clairement pour doimer à l'humanité l'expérience que les événements allaient bientôt lui foui'nir. On n'a\'ait pas encore vu les victimes, lasses de souffrir, appeler de leurs vœux la présence de l'ennemi et obtenir enfin, suivant l'expression de Salvien, de subir en commun avec leurs oppresseurs, de la part des barbares, l'oppression qu'ils avaient endurée seuls, de la part des Romains " .

Après un siècle de luttes passionnées, des poursuites sans merci achevaient la désagrégation complète de la société dans cette Afrique où des partis en lutte ouverte les uns contre les autres tendaient à des buts opposés. Tandis que l'Eglise catholique, dévouée au maintien de l'ordre ancien des choses politiques et sociales, s'effoi-çait de conserver l'unité de l'Empire en imposant à tous ses croyanct'S devenues la religion

1. Il est étonnant de voir de nos jours un historien « ne pas hésiter, dit-il à propos des donatistes, à professer que Ton a le devoir, dans plusieurs circonstances, de répandre le sang», et confondre, par un oubli des principes juridiques, tous les sectateurs d'une doctrine « qu'il s'agisse de donatisme ou de calvinisme » avec les auteurs de violences qui peuvent se rencontrer parmi eux. (Dom Leclercq, L'Afrique chrétienne, t. II, pp. 103-106).

2. Salvien, De rjubernalione Dei, vu, 16 (édit. Ilalm. M. G.. A. A., t. I. p. 97).

officielle de lEtat romain, l'affaiblissement et la destruction de rautorité impériale étaient pom^les dissidents Tunique chance de salut. Quant aux sectateurs de l'antique religion, pai'mi lesquels bon nombre des principaux citoyens demeurés fidèles à leurs cultes traditionnels^, et ime masse de gens qui, indifférents aux questions religieuses, continuaient à vivre comme par le passé, ils formaient un troisième parti, nombreux encore. Leur attachement à l'unité romaine eût pu les rapprocher des catholiques, si le souvenir des luttes et des persécutions d'autrefois, et surtout l'intolérance, générale à cette époque, n'avaient rendu tout rapprochement impossible. Le retour offensif du paganisme en Italie, lors de l'invasion de Radagaise et plus récemment au moment de l'invasion d'Alaric, la ré\olte des païens en Afi'ique même, après la chute de Stilicon, étaient de nature à inspirer des craintes aux chrétiens. S'ils ne se hâtaient d'achever la destruction du paganisme, ils pouvaient craindre de pei'dre les avantages qu'ils a\aient acquis, de se voir peut-être exposés à être de nou\eau persécutés, dans le cas où les païens réussiraient, même momentanément, à s'emparer du pouvoir ou à élever au trône un prince favorable à leur cause. On pouvait se rappeler le temps où, pendant la réaction païenne à la(juelle mit fin la ^ ictoire de Théodose en 394, l'usurpateur Eugène et Arbogast, le chef de son armée, menaçaient de transformer en étables les basiliques chrétiennes de Milan et d'enrôler le clergé dans les troupes-.

1. A propos de l'émeute des païens à Calama. saint Augustin dit que toute la ville avait été coupable et qu'on pouvait seulement considérer comme moins coupables que les autres ceux qui n'avaient osé s'opposer au désordre dans la crainte d'offenser les plus puissants de la ville qu'ils savaient être ennemis de l'Église [Ep. xci; Migne, P. L., t. XXXIIl, p. 313). Cf. 1'. Monceaux, o. c, t. III, pp. 54-57.

2. Le caractère violent de cette réaction païenne se trouve révélé par la <lécouverte, due à M. Léopold Delisle, d'un poëme anonyme contre Virius Nicomachus Flavianus, préfet du prétoire sous Eugène [Sole sur le manus-

Ces divers pai'tis, se prosei'i\aiit ou pivts à se proscrii-e les uns les autres et uniqiienienl préoccuj>és d'assurei- leur triomplie sur leurs achersaires, avaient perdu tout souci du salut commun, auquel ils n'entendaient sacrifier en rien ni leurs rancunes ni leurs intérêts pai'ticuliers inunédiats. Ainsi divisée contre elle-même, TAfrique ne pouvait opposer aucune résistance aux intrigues des aventuriers dont elle était la proie et à l'invasion qu'une nouvelle aventure ne devait pastai-der à pro^oquer.

Il existait en Afrique un autre élément propre à fournilaux barbares des alliés contre la domination romaine. Le peuple indigène n'aAait été assimilé ni par les Carthaginois ni par les Romains. Composé des populations libyennes primitives auxquelles s'étaient juxtaposés, à une époque antérieure à l'histoire, d'autres groupes humains, les uns venus du Midi, les autr-es, au type blond et peut-être de race aryenne, arrivés de TOccident par le détroit de Gadès^, ce peuple était demeuré, comme il demeure encore de nos joui's, distinct des conquérants, non seulement par ses origines, mais par les mœurs et le langage. L'usage de l'idiome lib^que. avec son système particulier d'écriture, son alphabet propre'-, commun à toutes les différentes fractions des antiques po])u lations de l'Afrique septentrionale, avait créé un hen entre elles, en a\ait fait en quelque sorte une seule et même

criL de Prudence, n. 8 084 du fonds latin de la Bibliothèque impériale: Bibliothèque de l'École des Chartes, ^'^ série, t. III, p. 297; — Ch. Morel, Recherches sur un poëte latin du IV" siècle; Revue archéoloqique, 1868, t. XVII. p. 4ol-4.39et t. XVIII, p. 44-55) Cf. J.-B. de Rossi, Bulletin d'archéologie chrétienne, édit. franc., VI» année, 1868, p. 49 et suiv., p. 61 et suiv. : — Héron de Villefosse, (Œuvresde Borghesi,t. X, p. 459, note 5) ; — Hartmann Grisar, Hist. de Rome etdes Papes au m. â., ch. i; traduction Ledos, pp. 3-5).

1. Gaston Boissier, L'Afrique romaine, chap. I, p],. 4-7: — Tissot, Géographie comparée de la province romaine d'Afrique, t. I, p. 402, pp. 408 et suiv.; — Paul Monceaux, Les Africains, pp. 3-4.

2. Tissot, 0. c, t. I, pp. 517-527;— Philippe Berger, Histoire de l'écriture dans l'antiquité, pp. 324 et suiv.

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nation \. celle des Berbères, suhant rappellatiun que leur donnent les Arabes et qui est peut-être le nom de quelque très ancienne tribu". Les Romains les appelaient les Xumides, transcription latine du mot grec No;j.ào£;, et, dans une zone distincte, les Gélules, nom lilnen qui s'est conservé dans celui de la o-pande tribu berbère des Guezzoula ou Gued'oula^. Ils les appelaient les Maures dans le nord-ouest de l'Afrique, dans les JMaurétanies. Ce dernier terme semble être une désignation pliénicieime et avoir le sens d' Occidentaux, il siérait un surnom donné par les Carthaginois à leurs voisins de l'Occident '.

Ceux de ces antiques habitants de l'Afrique qui se trou- A'aient dans les contrées colonisées successivement par les Carthaginois et par les Romains, Ai\'aient pai-mi les conquérants auxquels ils s'étaient plus ou moins assimilés et dont ils avaient appris la langue. « Ils parlèrent à la fois le libyque et le punique, dit M. Boissier, comme leurs descendants usent de l'arabe et du berbère; puis le latin vint par-dessus, comme aujoin-d'liui le français, et il eut sa place entre les deux autres langues, sans les faire tout à fait oublier ^. » Mais dans les steppes, sur les plateaux, même à proximité et au centre des pays pacifiés et colonisés, surtout au Sud, sur les frontières de l'Empire et en plein désert, ils continuaient leur existence primitive de pasteurs et de nomades, habitant de misérables huttes de roseaux et de feuillages, nommées mapalia, n'ayant pour tout v ètement que des peaux d(> bêtes, pour table et pour lit que le sol nu, pour boisson que le lait de leurs troupeaux, poui- nourriture que le produit de leurs

L Gaston Boissier, o. c, pp. 7, 9. 34Set suiv. ; — Tissot, o. c, t. L p. o!S6; — P. Monceaux, Les Africains, p. 29.

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