‹ GenséricChapitre 75 sur 266 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Gaules. L'Empire d'Occident, tout affaibli qu'il fut. a\ ait encore trop de vitalité pour qu'on pût ral)attr(> d'un seul coup. Le sort d'Alaric et l'insuccès de limasion (|ue lui-même avait tentée peu d'années auparavant dans h (^alal)re. étaient des enseignements (pie Genséric ne pouvait oubliei'. Il était aisé au contraire de dél)arquer dans la Sicile et d'occuper' cette île tout entièi-e, a\ant qu'une ai'mée venue d'au delà des Alpes eût en le temps de tra^erser le détroit de Messine. Une fois maître de la Sicile, on pouMiit esj)éi-er s'y maintenir et s'y créer une position d'approclie pour de nouvelles et plus grandes entreprises. De plus, enlever la Sicile aux Romains, c'était affamer Rome qui, surtout depuis la perte de l'Afrique, tirait de cette contrée les blés nécessaires à ses approvisionnements. Ce fut donc vers la Sicile que Genséric dirigea l'expédition dont le dépai't de Cartilage était signalé au mois de juin de l'année 440 ^

Le succès ne répondit pas aux espéi-ances de Genséric. Il réussit à ivnager les campagnes", il s'empara, semble-t-il, de Lihbée, puisque Paschasinus, évoque de cette ville, dit, dans une letti-e adressée au pape saint Léon, qu'il avait perdu, non seulement tous ses jjiens, mais la liberté même, et qu il

1. Idace. C/(roH.,n» 120. a. iiO {M.G.,A.A., t. XI. p. 23) ; — Prosper Tiro. Cliron.. n" 1342, a. 440 (.1/. G., A. A., t. IX. p. 478) : — Cassiodore. Chron., Il' 1235, a. 440 (.1/. G.. A. A.. \. X[. p. 136) ; — Isidore, H/s/. Vandal. (M. G., A. A., t. XI, p. 297); — Yictor Vitensis, De persecut. vandal.. i, 4 {P. L., t. LVIII, p. 186).

2. Une constitution de Valentinicn III accorde des dégrèvements d'impôts à la Sicile et aux îles environnantes ravagées par les barbares. « Unde illustris et prœcelsa magnitude tua pragniatici hostri tenore comperto sciât... siculum possessorem cum circumjectis insulis, barbaricœ vastitatis intuitu, de eo censu, qui prœsentibus chartis tenetur, septiniam partom tributis fiscalibus oportere dissolvere. » (Nov. Yalentin. III, tit. i, 2; Haenel. p. 124). Cette constitution, adressée à Maximus, préfet du prétoire pour la seconde fois, ne porte aucune date ni de jour ni de consulat, mais les circonstances qui l'ont motivée indiquent clairement l'année 441 . et il est certain que Maximus était préfet du prétoire en cette année. Cf. Ilaenel,Xyt'. constil.. p. 124, note l; — Edouard Cuq, Additions à Borgiiesi. Œuvres, t. X, p. 614 et note 1, Prœfecli Prsetorio Italiœ, lxxi.\.

avait (■■((' ivduit on mio dure captivité dont il ne (ut délivre qu'en 443, c'est à-dire après fju'une nouvelle paix eut été, eoninieon le v(M'ra dans la suite, eonelue avec les Vandales \ mais les barbares ne purent nVhiire Pak'rme; ils l'assiégèrent en vain, et raj)pro(die d'une ilotte, armée contre eux en Orient, les conti'aii>iiit d"al)andomiei' la Sicile et de se retirer en AIVi(pie'.

Résolu à entreprendre une grande guerre pour d<Hruire la puissance des Vandales et leur arracher toutes leui's conquêtes, 'riiiMidose ;nait réuni une armc'e nondireusc et une flotte de onze cents gros vaisseaux. Ces armements formidables étant terminés en 441, le commandement de l'expédition fut confié à trois généraux : Aivobinde, Ansila ou Asyla et Germain ', au.\([uels un auteiu' ajoute IiiM(»blnde el Arinth(''e'. Genséric, craignant de ne pomoir résister à des forces si considérables, eut i-ecours à la ruse. Il feignit de se résigner à un de ces accords habituels aux chefs barbares, quand ils ne pouvaient ti'iompiier des armées de l'Empire; il (^noya une ambassade chargée d'entamer des négociations", pendant lesquelles la

1. Paschasini cpiscopi lilybelaiii ad Loonein |iai)am cpistola (S. Leonîs marjni epistolœ, ep. m; Migiie, P. L., t. LIV, p. Gjii).

2. Idace, Chron., n° l'20, a. 410 (M. Cf.. A. .1., t. XI, p. 2.T) ; — Isidore, Ilist. Validai. \M. G., A. A., t. XI, p. 297).

Prosper Tiro {Chron., n" 1342, a. 440; .V. G.. A. A., t. IX. p. 478) dit fine Genséric se hâta de rentrer à Carthage parcequil apprit que Sébastien avait quitté l'Espagne et se dirigeait vers l'Afrique. « 11 craignait, ajoute- 1-11, de se trouver en péril, lui et les siens, si cet homme expérimenté s'appliquait à recouvrer Carthage. Sébastien voulut se montrer ami et non ennemi de Genséric, mais ce barbare lui réservait un traitement bien différent de celui qu'il se llattait d'obtenir. Son imprudente confiance fui la cause de sa perte et de sa mort infortunée. » -Mais Idace {Chron., n» 144, a. 4:)0:.l/. G., A. A., t. XI, p. 25) met en 4.j0, donc bien postérieurement à l'époque où Genséric repassa de Sicile en Afrique, l'arrivée de Sébastien à Carthage, et cette date parait plus probable, car la longue série des aventures de Sébastien ne permet pas de croire qu'il se soit retiré auprès de Genséric dès l'année 4iO. Voir p|). 124-125.

3. Prosper Tiro, Chron., n" 13i4, a. 441 '.M. G., A. A., t. IX, p. 478).

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