Jordanès, loc. cit
0. Jordanès, /oc. c-(7. ; — Prosper Tiro, a. 432 (.1/. (j., J..J., t.lX, p. 482) ; — Gassiodore, Chvon., a. 452 (.1/. G., A. A., t. XI, p. 157) ; — Victor Tonnennensis, Chron.,a. 449 [ibid. p. 185). .\vienus, personnage de laplus haute diijnité, était d'une des plus illustres familles romaines (Sidoine Apollinaire, Kp. i, 9 ; P. L., t. LVILI, pp. 462-463). On ne sait quelle préfecture avait occupée Trygetius, ni si ce personnage est celui auquel est adressée une lettre de Sidoine Apollinaire (Ep. viii, 12; P. L.. t. LVIII, p. 609). 11 avait été chargé de fonctions militaires. En 435, il avait négocié la pai.v avec Genséric (Borghesi. Œuvres, t. X. pp. 621-6-2-2).
6. Jordanès, loc. cit. ; — Gassiodore, loc. cit. ; — Victor Tonnennensis. loc. cit. ; — Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. I, p. 239, et note 10, p. 241.
route traversait le Miiicio ^ Il s'était arrêté là, indécis, hésitant à poursuivre sa marche". Saint Léon sut liabilenient profiter de cette disposition d'esprit. Attila sentit aussitôt, sui\ant l'expression d'un de nos auteurs, se calmer la fui-eur qui le poussait, et retournant d'où il ^('nait. il se retira a])iés a^'oir promis la paix ^
1. A l'endroit où le lleuve Mincius est passé par de nombreux voyageurs, dit Jordanès (Ge//ca, xlii; M. G., A. A., t. V, p. 115).
2. Jordanès, loc. cil; — Historia miscella, lih. xiv (Muratori, Rer. ilalic. script., t. I, pars i, p. 98).
3. Sordanès. loc. cit.: — Prosper Tire, CVi;-on.,n» 1367, a. 452 (M. G., A. A.. t. IX, p. 482) ; — Victor ïonnennensis, Chron., a. 449 (M. G., A. A., t. XI, p. 185). Tel est le récit des anciens historiens. La légende s'est formée plus tard. Tandis que saint Léon adressait la parole au roi des Huns, celui-ci, dit-on, eut la vision d'un vieillard d'aspect vénérable, couvert d'habits sacerdotaux, qui se dressait devant lui, l'épée à la main, le menaçant de mort, s'il n'obéissait pas aux injonctions du pape [lUst. miscella, XIV : Muratori, Rerum italicarum scriplores. t. I. pars i, p. 98: — Gregorovius, Geschichte cler Sladt Rom in Mitlelalter, liv. I. ch, 5. § o ; — Hartmann Grisar. Hist. de Rome et des Papes au moyen âge, ch. 111, n, VI, x; traduction Ledos, pp. 76-79 et p. 332). Saint Paul défendait la ville placée sous sa protection. Une autre légende veut qu'en souvenir de cette glorieuse ambassade de saint Léon, on ait fait fondre la statue de Jupiter Capitolin, pour la transformer en celle de saint Pierre qu'on vénère de nos jours dans la basilique vaticane (Gregorovius, loc. cit. ; — Hartmann Grisar, loc. cit.). Un sermon de saint Léon, où il est dit qu'il faut rendre grâce du succès de son ambassade à la miséricorde de Dieu et à l'intercession de saint Pierre et de tous les saints qui assistèrent les Romains dans mainte infortune, est sans doute l'origine de ces légendes (S. Léon. Sermo Lxxxiv. 2; Migne, P. L., t. LIV, p. 434). Attila savait qu'Aëtius pouvait, d'un moment à l'autre, lui couper la retraite, et tandis que l'armée des Huns était fort diminuée par le défaut de vivres et par les maladies, les forces de l'Empire se trouvaient augmentées. Marcien avait envoyé des troupes au secours de l'Italie, et. avec ce renfort, Aëtius avait déjà battu les Huns en quelques rencontres. D'autre pari ceux des Huns qui étaient demeurés dans leur pays étaient attaqués par une armée de Marcien (Idace, Chron., n» 154, a. 453: M. G.. A. A., t. XI, p. 26). De ces circonstances venait l'indécision d'Attila, et ce fut apparemment en lui montrant les dangers de sa situation que saint Léon dut le convaincre d'abandonner son entreprise. Il lui promit, au nom de l'empereur, un tribut annuel (Tillemont, Attila, art. xvi, Empereurs, t. VI. p. 172). Peutêtre lui promit-on la main d'Ilonoria, avec la cession de certains territoires. Un engagement de ce genre pourrait bien être l'origine du roman qui fait de la sœur de Valentinien l'instigatrice de l'invasion des Huns. « Attila, dit en effet Jordanès (Getica, xliu), annonça qu'il accablerait l'Italie de calamités bien plus terribles, si on ne lui envoyait pas Honoria, sœur de l'empereur Valentinien et fille de Placidia Augusta, avec la part des richesses impériales qui lui était due. »
POLITIQUE 1:T alliances de GEN6ÉRIC 149
Attila se retira au deUi du Danube '. Bien qu'il eût dtgà un o-rand nombre de femmes, selon la coutume de sa nation, il épousa une jeune fille nommée lldico. La nuit même de ses noces, il mourut subitement. Appesanti par le vin et accablé de sommeil, il s'était endormi, couché sur le dos. 11 tut pris d'une hémorrag-ie, accident auquel il était sujet. La position dans laquelle il se trouvait fut cause que le sang- ([ui ordinairement, en pareil cas, s'échappait par les narines lui rentra dans la gorge et l'étoufïa^ Cette mort pri\-a Genséric de son plus utile allié ; mais il avait réussi, en
1. Jordanès, ^jc.c(7.; — Prosper Tiro, Chron.,n'> 1367, a. 432 (M. G., A. A.. t. IX, p. 48:2) ; — Victor TonntMinensis, Citron , a. 449 {M. G., A. A., t. XI, p. 183). Jordanès [Gelica, xuii) dit qu'Attila, de retour dans sa résidence, envova des ambassadeurs à Marcien pour lui déclarer qu'il allait ravager les provinces de l'Orient, les tributs promis par Théodose n'ayant point été pavés. Théophanes iChronofjr., a. 446; G. S. H. B., Théoph., t. I,p. 167) dit également qu'Attila préparait la guerre contre Marcien, qui ne lui payait pas les tributs promis par Théodose, quand il épousa une jeune fille et mourut la nuit de ses noces de la manière que raconte Jordanès. Mais Jordanès ajoute que cette menace de guerre contre l'Orient n'était qu'une ruse d'Attila pour donner le change à ses ennemis et cacher son dessein de faire de nouveau la guerre aux Visigoths et de soumettre d'abord les Alains établis au delà de la Loire, qu'Attila quitta donc la Dacie et la Pannonie et se mit en marche contre les Alains, que Thorismond, roi des Visigoths, déjouant les ruses d'Attila, le prévint, opéra sa concentration avec les Alains avant que le roi des Huns fût parvenu dans les Gaules, lui livra bataille, avec le même succès que dans les plaines catalauniques, le mit en fuite, et l'obligea à se retirer dans son pays, où il mourut au retour de cette expédition. Les auteurs originaux ne font point mention de cette invasion d'.Attila postérieure à 432. Il avait envahi l'Italie dans l'été de 432 et il mourut en 454; il est peu probable que dans l'espace d'une seule année il ait pu opérer sa retraite, de l'Italie au delà du Danube, revenir de là pour envahir les Gaules, et rentrer en Pannonie. Les mouvements des armées ne se font pas en volant. Il se peut, suivant une hypothèse de Tillemont [Attila, art. xvii, Empereurs, t. VI, p. 173), que Thorismond ait été en guerre contre les Alains et que ceu.x-ci aient appelé à leur secours quelques troupes de Huns qui furent défaites, en même temps qu'eux, par Thorismond. Grégoire de Tours dit en effet que Thorismond dompta les Alains [Hist. Francorum, ii, 7 ; édit. Arndt, M. G.. Script, reruni meroving., t. I, p. 71).
2. Idace, Chron.. n» 134, a. 433 (.1/. G., A. .1., t. XI, pp. 26-27) ; — Prospcr Tiro, Chron., n» 1370, a. 433 (M. G., A. A., t. IX. p. 482): — Marcellinus comes, Chron., a. 434, n» 1 [M. G., A. A., t. XI, p. 8ti) ; — Jordanès, Gelica, xLix {M. G., A. A., t. V, p. 123); — Théophanes, Chronorjr., a. 446. [C. .S. n. U . Théoph., t. I. p. 167).
150 GEN'SCRIC
atlifanl li'S Huns en Italie, à fi-apper rein|)ii'e (rOecident (1(> façon à le mettre pour longtemps hors d'fHat de rien entreprendre eonire les Vandales. De misérables i-évolutions de palais lui i'ournirent bientôt l'occasion d'infliger à la puissance romaine un nou\'eau et terrible désastre.
Depuis la mi)rt de Plaeidie, Yalentinien, incapable de se conduire pai' lui-même, était devenu le jouet des intrigues de son favori, l'eunuque Heraclius, qui, pour se rendre complètement maître de l'État, cherchait à j)erdre Aëtius. Ce général, qu'un auteur nomme le salut de l'Empire et la terreur d'Attila ^, fut représenté au faible Valentinien comme un ambitieux qui prétendait faire passer la dignité impériale dans sa famille-. Yalentinien chercha sans doute à l'amoindi-ir. Il n'y put par\ enir et se ^ it obligé, pour calmer les soupçons d'Aëtius, de lui donner des garanties, en convenant avec lui d'une alliance entre leurs enfants. II promit, semble-t-il, de marier sa fille Eudoxie à Gaudentius , lils d'Aëtius ^ Ce projet de mariage qu' Aëtius considérait comme une garantie de\int le prétexte dont ses ennemis se ser- ^•irent pour le perdre ''. Ils l'accusèrent de ne rechercher une aUiance avec la famille impériale que pour rendre plus facile une usurpation qui mettrait la couronne sur la tête de l'un de ses enfants. Yalentinien S3 laissa aisément convaincre qu'il n'y aurait point de sécurité pour lui tant qu'existerait .son trop puissant sujet ^
La mort d'Aëtius étant résalue, l'empereur le fit a])peler au palais. Il y vint, accompagné de Boëtlus, alors préfet du
i. Marcellinus cornes. Chron., a. 4o4 (3/. G., A. A., t. XI, j). 8G).
2. Prosper Tiro. Chron., a. 454 (M. G., A. A., t. IX, p. 483): — Théophancs, Chronogr., a. 446 (C. S. H. B., Théoph.. t. 1. p. 166).
3. Prosper Tiro, Chron.. a. 434 {M. G., A. A., t. IX, p. 483): — Sidoine Apollinaire, Carmen v, vers 192 et siiiv. (/'. ].., t. LVHI, ]). 661).
4. Prosper Tiro. Chron., a. 434 (M. G., A. A., t. IX, p. 483). 3. Ibid.
POLITIQUE ET ALLIANCES DE GENSÉRIC ISl
prétoire d'Italie, et de quelques autres personnages qui lui étaient attachés '. Il fut introduit seul auprès de l'Empereur'. Comme il réclamait avec une nouvelle insistance l'accomplissement de la parole donnée ^ Valentinien s'emporta et le frappa de son épéc '". A ce signal, les courtisans et les eunuques se jetèrent sur Aëtius et l'achevèrent". Avec Aëtius périrent un grand nombre de ceux C|ue l'amitié ou l'admiration unissait à lui. Le préfet du prétoire Boëtius et tous ceux qu' Aëtius avait amenés avec lui, furent appelés, l'un après l'autre, et massacrés ^ Ce meurtre fut commis à Rome le 21 septembre 454 \ Le sort de la nation qui jadis était la maîtresse du monde dépendait de révolutions de palais et de jalousies d'eunuques. Des complots d'antichambre et de boudoir étaient la politique de l'Empire romain. Ce fut encore un complot qui, punissant Valentinien d'une sotte et infâme aventure, fit disparaître en Occident la dynastie de Théodose. Valentinien s'était épris de la femme d'un des principaux sénateurs, Peti'onius Maxi-
1. Prosper Tiro, Chron., a. 4oi (M. G., A. A., t. IX, p. 483) ; — Borghesi, Œuvres, t. X, p. 623 et note 4.
2. Idace, Chron., n» 160, a. 454 (M. G., A. A., t. XI, p. 27).
3. Prosper Tiro, Chron., a. 454 (M. G., A. A., t. IX, p. 483).