‹ Gentile Bellini et Sultan Mohammed II notes sur le séjour du peintreChapitre 16 sur 29 · Vasari, t. III, p · texte numérisé non relu

Vasari, t. III, p

Honoré de Famitié du Sultan, et Tobjet des faveurs et des attentions des premiers dignitaires de la cour, Gentile partageait son temps entre les travaux qu'il exécutait au sérail et ses études sur Fart byzantin dont il avait sous les yeux de si^ remarquables spéchnens. C'est ainsi qu'il dessina la Colonne de Théodose, laquelle, grâce à lui, est parvenue jusqu'à nous *.

Élevée par Ârcadius sur la place du marché aux femmes {Awret-^Bazari), elle était haute de cent quarante pieds, et était ornée de bas-reliefs représentant ses victoires contre les Scythes, d'où son nom « la Colonne historiée * ». Dégradée par l'action du temps ' et menaçant ruine à la suite de tremblements de terre, elle fut abattue en 1695. Infiniment précieux pour Tarchéologie et le costume, les dessins de Gentile Bellini passèrent en France au xvn* siècle; et le P. Menestrier les'fit graver, en 1702, en dix-huit planches qui ont été reproduites

1. c... Le séjour de Gentile Bellini à Constantinople ne fut pas de longue durée ; cependant il en profita pour dessiner les l)as-reliefs de la colonne de Théodose. Cette colonne, dont il n'existe plus aujourd'hui que le piédestal et le premier tambour, subsistait alors en entier. Les sculptures qui restent et que nous avons vues sur place, appartiennent aux plus bas temps de la décadence. Le piédestal en est surchargé, écrasé ; mais la spirale de bas-reliefs contenait des particularités précieuses pour rarchéolégié des édifices, des costumes qui ne se trouvent pas ailleurs, et Gentile Bellini a rendu un véritable service en les dessinant ...» Charles Blanc, Htsl. des peintres de toutes les Écoles, école Vénitienne, Paris, 1868, p. 4.

2. «... Et tirant à la porte de Selivrée se veoit une grande colomne de marbre historiée à la mode de celles d'Ântonin et d*Adrian; qui sont à Rome ...» Nicolas de Nicolay, Discours et histoire véritable des nàvigâtions...; Y. Smith, Septetn Asiœ Ecclesiarum et Constantinopolèos notitia, Trajecti ad Rhenum, 1694, in-8, p. 101. .

3. Parlant de la colonne de Théoddse, Pierre Gilles écrit dans son précieux ouvrage : «... Ânte triginta annos eversa est tota'usque ad stylo- Uatem auem anno. superiore funditus vidi excindi, ex cujus crepidinibus aqua saliebat fistulis im magnum labrum, nunc stylobatœ loco, castéllum aquse latins constructum est et fistulœauctœ ...>> De Topographia Cohstan* tinopolcos... lib. IV, Lugduni, 1561, in-4, p. 105.

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plusieurs fois depuis ^ Quant aux dessins originaux, on ignore ce qu'ils sont devenus. On a dit qu'ils étaient conservés à Paris, à la Bibliothèque nationale des Beaux-Arts ; mais celte affirmation est inexacte * : cette bibliothèque ne possède qu'une copie des dessins originaux, copie qui semble dater de la fin du XVI* siècle ou du commencement du xvii*. Une autre copie, remontant au xvi* siècle, se trouve au Louvre, et aurait pour auteur Battista Franco.

Suivant l'historien Joseph de Hammer, Genlile Bellini aurait été chargé par Laurent de Médicis de dessiner les anciens monuments de Gonstantinople * ; malheureusement le savant auteur a négligé d'indiquer à quelle source il avait puisé ce

1. L'ouvrage du P. Ménétrier est intitulé : Columna Theodosiana guam vulgo Historiatam vacant ab Arcadio Jmperatore Constantinopoli erecia in honorem imperatoris Theodosii Junioris a Oentile Bellino delineata nunc primum sere sculpta et in XVIIl tabulas distributa. Paris, 1702, in-fol. oblong. Le P. Bandun, bibliothécaire du Régent, reproduisit ces dix-huit planches, plus une vue d'ensemble de la colonne, dans son Itnperium orientale sive antiquitates Constantinopolitœj Paris, 1711, in-fol, t. II, p. 509^583. Cette même colonne a été également donnée par Ducange dans sa Constantinopolis Christiana seu descriptio urbis ConstantinopolitansBj p. 79, formant la deuxième partie de YHistoria Byzantinaj Paris, 1780, in-fol. L'édition du P. Menestrier a été publiée de nouveau à Venise, en 1765, chez Pasquali. Voir Morelli, Kotizia délie opère di disegno, p. 99, 100, et l'observation de Cicognara relative à cette édition, dans le Catalogo ragionato dei libri d'arltt e di antichilà da luiposseduti (aiqourd'hui à la Vaticane), Pise, 1821, in-8. Voir également Le Voyage de Monsieur d^Aramon^ p. 30, 31, et la curieuse gravure sur bois représentant la c vue de l'hippodrome de Gonstantinople », p. 30 bis du même ouvrage.

2. Zanotto, Pinacoteca delVAccademia Veneta di Belle Arti illustrata, 1. 1, fol. 118 r.

3. Hammer commet d'ailleurs une étrange erreur, en faisant de Bellini un Florentin, c Auch mochte der florentinische Mahler Bellino den er zu Constantinopel zur Abzeichnung alter Monumente verwandte, Mobammeds gûnstige Neigung fur Lorenzo genâhrt haben. » Geschichte des Ostnanischen ReicheSyPesi, 1828, t. II, p. 179, et t. III, p. 258, de la trad. française de Hellert.

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