‹ Gentile Bellini et Sultan Mohammed II notes sur le séjour du peintreChapitre 17 sur 29 · VUE D'ENSEMBLE DE LA COLONNE DE THEODOSE · texte numérisé non relu

VUE D'ENSEMBLE DE LA COLONNE DE THEODOSE

ET SULTAN MOHAMlfED II 43

renseignement qu'on ne trouve mentionné chez aucun des écrivains qui se sont occupés de Laurent de Médicis *. Il n'en existe pas trace dans ses papiers conservés aux archives de la Bibliothèque nationale de Florence ' : la chose, toutefois, n'est pas rigoureusement impossible, car on sait qu'Antoine de Médicis^ ' chargé d'une mission de son gouvernement', se trouvait à Gonstantinople en même temps que Gentile Bellini.

Après la conjuration des Pazzi\ Bernardo Bandini, l'assassin de Julien de Médicis, était parvenu à quitter l'Italie et à se réfugier à Gonstantinople. Sultan Mohammed, qui avait la plus grande estime pour Laurent de Médicis, avait fait arrêter Bandini et prévenir la Seigneurie de Florence qu'il ferait de l'assassin telle justice qu'elle demanderait. La Seigneurie avait

1. Ni Valori qui parle pourtant du goût de Laurent de Médicis pourl'ar- i chitecture «...fustudiosissimo délia architcttura, et specialmente di quel la .; che alla antica era piu prossimana ...» Vita del magniflco Lorenzo de

Medici il Vecchio, imprimée en tête du Diario de Buonaccorsi, Florence» \

1568, in-4 e ij ; ni Fabroni qui fait souvent allusion à la passion que

Laurent mettait à réunir les monuments de l'antiquité : Laureniii Médicis Z

Magniftci vita^ Pisis, 1784, in-4; t. 1, p. 39, 145; t. Il, p. 278, note \

146, etc., ni Roscoê, Thelife of Lorenzo de' Medici ^ Heidelberg, 1825, 4 vol. in-8 ; t II, p. 203 ; ni Alfred vonReumont, Lorenzo de' Medici il MagniftcOj Leipsig, 1883, 2 vol. in-8. Ce dernier parle de Tambassade d'Antonio de* Medici à G. P. ; mais ne dit pas un mot de Bellini. T. 1, p. 293.

2. M. Ginanneschi, de Florence, a bien voulu faire pour moi ees recherches dans les Archives de la bibliothèque de la ville, mais il n'a rien trouvé qui vint confirmer les affirmations de Hammer.

3. Mûller, Documenti sulle relazioni délie citlà Toscane colV oriente christiano e coi Turchi^ Firenze,1879, in-4, p. 225, n* 189, A-D.

4. Voir la relation qu'en fit la même année Politien, in-4, s. 1. n. d. (Renouard, Les annales de YJmprimerie des AldeSy 1. 1, p. 22) ; relation qui parut pour la seconde fois dans l'édition complète de ses œuvres publiées à Bâle, en 1553, in-fol.; les commentaires d'Adimari à cette relation, Naples, 1769, in-4, et Burriel, Vita di Caterina Sforza RiariOj Bologne, 1795, in-4, t. I, p. 36 et 199, etc. PoUaiuoIo rappela le souvenir de cet attentat dans une médaille célèbre dont il existe un exemplaire au Cabinet de France, et que M Heïss a reproduit dans les Médailleurs de la Renaissance^ fascicule Spinelli^ pi. VI .

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aussitôt écrit à Lorenzo Carducci, son consul à Péra, lui enjoignant de se présenter devant le Sultan, de le remercier, dans les termes les plus virs, du nouveau témoignage de bienveillance qu'il donnait à la République et de le prier de garder le prisonnier, en attendant rambfissade qu'elle allait immédiatement envoyer auprès de Sa Hautesse pour lui rendre grâce et lui exprimer ses intentions à Tendroit du meurtrier*. Le 11 juillet 1479; Antonio Bernardi de Médicis, nommé ambassadeur de la Jftépublique auprès du Sultan, quitta Florence le 14 du même mois, pour aller remplir la mission dont il était chargé. Ses instructions portaient en substance qu'il devait se rendre auprès du Sultan et lui exprimer les! sentiments de reconnaissance de la République et du peuple florentin tout entier pour les innombrables bienfaits dont elle lui était redevable, et particulièrement en cette dernière circonstance pour avoir fait arrêter et emprisonner Bernardo Bandini^ le détestable assassin et perturbateur de la paix publique. Il devait demander au Sultan la remise du coupable, et le ramener à Florence sous bonne garde et le plus rapidement possible. Le reste de ses instructions concernait les négociants florentins que Tambassadeur devait recommander à la bienveillance particulière du Sultan *.

Antonio Bernardi de Médicis arriva à Constantinople vers le milieu du mois d'août. Le Sultan lui flt un gracieux accueil et donna ordre qu'on lui remit le prisonnier. L'ambassadeur resta jusqu'à la fîn de novembre à Constantinople et put ainsi voir, pendant deux mois, Gentile Bellini. Peut-être Laurent, dont on connaît la passion pour les antiquités, avait-il chargé son parent de quelque commission pour le peintre vénitien, et que c'est à l'intention du Magnifique que Bellini dessina la Colonne de

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