Op. cit,f liv. I, ch. XXXII, p
2. Barletio prétend que le Sultan parlait ces cinq langues, plus le chaldéen : delF assedio di Scuiari, apud Sansovinum, fol. 291 verso. Relativement aux Juifs établis en Turquie, Belon remarque qu'ils c sçavent ordinairement parler quatre ou cinq sortes de langage : et y en a plusieurs qui en sçavent parler dix ou douze. CSeux qui se partirent d'Éspaigne, d'Alemaigne, Hongrie et Boesme ont appris le langage à leurs enfants, et les enfants ont apprins la langue de la nation où ils ont à converser, comme grec, esclavon, turc, arabe, arménien et italien. Il y en a peu qui scacbent parler irançois : car ils n'ont point à trafCquer avec les François, etc. » Le tiers livre des observations de plusieurs singularitez et choses mémorables de divers pays en Turjuie, Paris, 1553, in-8, ch. xnr, fol. 180 V.
3. c Sultan Mohammed écrivit ses poésies sous le nom d'Aouni (le secourable), et justiQa ce titre par les nombreux secours qu'il accorda indistinctement aux poètes nationaux et étrangers. Trente parmi eux jouissaient d'une pension viagère; et il envoyait mille ducats par an à Khodjaidjiban, le premier écrivain de son époque dans Tlnde, et au molla Djami, le dernier grand poète de la Perse. » Hammer, Hist. de FEmp. Ott.^ t. HT, liv. XVHI, p. 329.
4. Hammer, Geschichte der Osmanischen Dichtkunst bis auf unsere Zeit.f. t. I, p. 145-8. Latifi, oder Biographische Nachrichten^ trad. par Thomas Ghabert, Zurich, 1800, p. 62-8. Le diwan de Djem se trouve à la Bibl. Nat. de Berlin, mss. de la collection Diez, n^ 129. Hammer a donné
ÎDdispensable à connaître pour l'intelligence du Koran ; et l'on sait qu'avant de monter sur le trône , Sultan Mohammed avait les sentiments d'un dévot moslem. Enfin^ le grec et le latin ne lui étaient pas moins utiles pour la correspondance diplomatique et Tadminist ration des provinces conquises, où il voulait tout voir et connaître par lui-même.
Politique habile, le Sultan comprit que, pour affermir ses conquêtes, il ne devait pas brutalement heurter les usages et convertir par la force les populations vaincues ; aussi, en dehors des contributions déjeunes gens qu'il prélevait tous les quatre ans pour le recrutement de ses janissaires , laissait-il aux pays annexés leur autonomie et le libre exercice de leur culte. Il semble d'ailleurs avoir professé une parfaite indifférence à l'endroit de toutes les religions, et son scepticisme philosophique ]e fit taxer d'athéisme ^ Toutefois, comme il était en même temps prince spirituel et temporel de son jBmpire, il montra toujours en public son respect pour la religion mahométane : il fonda des mosquées qu'il dota richement ; il comblait de ses faveurs les oulémas, les imams et les scheikhs, et envoyait chaque année (l'abondantes aumônes au tombeau du Prophète.
le texte et la traduction de sa célèbre Gazel sur la France : Journal Asiatique^ 1825, p. 137-8. Djem avait traduit en turc le roman persan de Selmar, Gemschid et Korschid y et l'avait dédié à son père Sultan Mohammed. Quelques lettres de Djem adressées à son frère Sultan Bayeiid, se trouvent dans le recueil de Feredoun, Madjmou eï mounschiâi esselatin. Constantinople, 1847, i vol. in fol., 1. 1, p. 290 et sqq. : les lettres du prince Djem sont écrites en persan, celles du Sultan Bajezid en turc, sauf une, en persan, adressée à Djem.
1. Angiolello, Historia Turchescay tnss. fol. 48, v.età l'appendice, n^ 3.
c II est permis à toutes les religions chrestiennes vivant en Turquie, d'avoir chascune son église à part. Car les Turcs ne contraignent personne de vivre à la mode Turquoyse, ains est permis à un chascun vivre en sa loy. C'est ce qui a tousjours maintenu le Turc en sa grandeur. Car s'il conqueste quelque pays, ce luy est assez d'estre obey, et moyennant qu'il receve le tribut, il ne se soulcie des âmes. » Belon, Le tiers livre des Observai, de plusieurs singularilez,.. ch. xiii, fol. 180.
.ET SULTAN MOHAliliED II 27
Sultan Mohammed fut le premier des princes de sa dynastie qui fonda une bibliothèque (kitabkhané) à Constantinople. « Il y réunit plusieurs milliers de volumes, les plus rares et les plus estimes touchant l'explication de la religion et de la loi qu'il répartit dans chacune des mosquées qu'il avait fondées; la plupart de ces ouvrages étaient écrits de la main de leurs auteurs et servaient à Tusage et à la commodité des professeurs attachés à chacune de ces mosquées '. »
Tous les étrangers établis dans son Empire furent l'objet d'une protection égale, quelle que fût la religion qu'ils pratiquassent, et Ton peut dire qu'ils jouissaient d'une liberté bien^ plus grande que les Juifs établis dans les pays de la chrétienté. On a même prétendu qu'il, avait de vives sympathies pour le christianisme, et Spandugino, dépassant toujours la vraisemblance, va jusqu'à rapporter, sans l'affirmer toutefois, que sur la fin de sa vie, Suhan Mohammed s'était pris à adorer les reli-
1. Hammer, t. III, p. 295 et sqq., et Saad-ed-din (Bibl. Nat., mss. fds. fr. n* 6074) : « Suite de T Histoire Ottomane écrite par Saadud-din Mehemed-Hassarij plus connu chez les Turcs sous le nom de, Cogia Efendi^ mise en françois par Antoine Galland, professeur et lecteur royal en langue arabe, 1740. » p. 373-4. Saad-ed din a été traduit également par Brattuti, sous ce titre : Cronica delV origine e progressi délia casa ottomana, composta da Saidino TurcOj parte prima (Vienne) 1649; parte seconda (Madrid) 1652. Ce deuxième volume est de la plus grande rareté. Cette traduction, dit Hammer, est pleine d'inexactitudes. Hist. de rEmp, Ott., 1. 1, p. xxviii-ix. Il existe également une traduction latine de cet ouvrage : Saad-ed-dini annales iurcici, turcice et latine, cura Kollar a Keresten. Vienne, 1755, in-fol.
Ayant appris par des^lerins le mauvais état des puits et des citernes établis sur la route que suivaient les caravanes qui se rendaient à la Mecque, Sultan Mohammed envoya Tardent nécessaire pour les réparer au Soudan d'Egypte, mais celui-ci froissé tf d'avoir été prévenu dans une chose qui le regardoit de plus près, manda qu'il étoit capable défaire faire les mêmes réparations et qu'il n'avoit pas besoin que des étrangers se mêlassent des affaires de ses Etats; ce qui, dans la suite, occasionna l'hostilité qu'il y eut entre l'un et l'autre Sultan. » Saad-et-din, mss. 6074, p. 358.
28 GENTILE BBLLINI
ques devant lesquelles il faisait brûler incessamment des lampes ^ Ces exagérations^ que démentent le bon sens et Thistoire, ont pour point de départ les conférences que Mohammed eut avec Gennadius, le patriarche de Gonstantinople, sur la doctrine de la religion chrétienne; elles prouvent seulement la curiosité d'esprit du Sultan et ses idées de tolérance qui résultaient autant de ses convictions personneUes que de son système gouvernemental*. C'est sans doute sous Tinfluence de ces idées
1. SpaxiduginOf aptid Sansovinum, fol. 171 r. et v. Une des illusions des chrétiens, a toujours été de croire que les infidèles, touchés des beautés de la religion dû Chriet, viendraient à se convertir. C'est ainsi que Hamerot, à la suite du récit de la prise de Constantinople, étudie les moyens de refouler les Turcs en Asie, et au milieu d'observations très judicieuses (la dernière particulièrement), écrit cette phrase : c... Item, oultre le Caraman qui est grant seigneur en Turquie est ennemy capital du turq s'il advise que les chrestiens guerroyent ledict turcq, il le oppresseroit grandement et a peu de chose se feroit chrestien. 3 Lespassaiges doultremeTf Paris, 1518, in-fol. f. 227 r. et v. (L'ouvrage a été écrit en 1454, comme l'indique la dernière phrase de l'auteur: c Cemardy dtxneufviesme jour d'avril mil quatre cent et cinquante quatre après Pasques. »
2. Mignë, Patrologie grecque^ t. CLX « Reverendissimi Patriarchm Constantiffopolis Gennadii Scholarii Sermocinatio brevis et sapiens de nonnullis capiiibus fldei nosirm de quibus disputavit cum Amera MachumetiSyi^ p. 319^ et tSanctissimiPatriarchœ etphilosophi Oennadii de Christianorum recta et vera flde homilia ad sapientés Persas Agarenorumhortatu magni Sultani et ipso prœsente dicta^ » p. 334. Sur ces expositions de la doctrine chrétienne, faites par Gennadius, voir Kimmel^ Libri symbolici ecclesiœ orientaliSy lenœ, 1843, in-8, Prolegomenaj p. VII et sqq. On lit dans V c Excerptum ex pairiarchica Cpoleos historia » publié par Migne, même tome, le passage suivant : c ... Sultanus... cum patriarcha Gennadio clementer sermones contulit. Tune omni metu posito, universamei patriarcha veritatem fidei christianse aperuit : scripsitque pro numéro quaestîonum ejus capita viginti; quœ singula inferius ordine
sequuntur, sententiaciue eorum perspicitur, qu» et dédit ipsi Sultano
Tune Sultanus, hisce ex ore patriarchse auditis, et in scripto etiam acceptis, magnopere admiratusest illiusdivinarumrerumcognitionemetsapientiam; certusque de religione christiana factus est, tota esse verissima mysteria ejus, non modo vera, sed etiam mirifica, nullum his subesse dolum sed puritate et splendorevincere aurum. Hinc amoreprosecutusest gentem christianam, benignoque aspexit vultu..'. \ col. 311. Mansi i protesté très juste-
ET SULTAN MOHAmOD II 29
chimériqaes^ que le pape Pie II écrivit à l'intention du Sultan la fameuse lettre dans laquelle il lui promettait l'empire d'Occident s'il voulait se convertir et recevoir le baptême ^ Le pontife-poète devait bientôt faire l'expérience de la vanité de ses illusions : Mohammed n'ayant pas répondu à cette éptlre — et
tement contre le jugement de Raynaldi, qui proclame la prétendue ortho-* doxie de Gennadius, ce moine fanatique et stupide, le principal artisan de la ruine de sa fàirie. Annales ecclesiastici, t. XXX (1877), p. 8. Voir Ducas, HUioria Byzantina^ ch. xxvi, col. 1057-1064, dans Migne, Patrologie grecque^ t. CX.VII; Léonard de Chios, HinL ConstantinopolUan» urbis a Mah. captmy dans Migne, op. cit. y t. GLIX, p. 9^5 et sqq., et dans le tome suivant du même recueil, la biographie de Gennadius Scholarius, t. CLX, col. 254 et sqq.; Vast, le cardinal Bessarion, p. 136, et le résumé de Todière, Les derniers Césars de Byzance^ Tours, 1861, in-8, ch. viii. p. 168. Les conférences de Sultan Mohammed avec Gennadius sur le christianisme rappellent c les Entretiens de Vempereur Manuel Paléo* logue avec un professeur mahomitan » (1390), sur le même sujet, et dont le texte grec et la traduction latine ont été publiés par Hase dans le tome VIII des Notices et extraits des mss. de la Bibl. imp. (1810) p. 309-382.
1. Epist. cccxGVi, p. 872 et sqq. de l'édit. de Bâie (1551). Le Pape prie le Sultan de vouloir bien l'écouter patiemment jusqu'à la fin. Cette recommandation n'est pas inutile, car cette lettre ne comprend pas moins de 1642 lignes de texte in-fol. « Une toute petite chose suffit, dit Pie II, pour te rendre le plus grand, le plus puissant, le plus illustre de tous les mortel»! Laquelle, me diras-tu? Elle n'est pas difficile à trouver, et tu l'as
sous la main : c'est une goutte d*eau pour te baptiser. Si tu y consens
nous te nommerons empereur des Grecs et de tout l'Orient » Cette offre
singulière n*eut pas de suite. On se trouve d'ailleurs en pleine fiction, et rien n'est étrange comme de voir ce pape littérateur appliquer ses conceptions de romancier à la défense des intérêts spirituels dont il a la charge. Dans cette épitre s'agitent pèle mêle, Adam, Noé, Hercule, Sémiramis, Osiris, Agamemnon, César, Tamerlan, Abraham, les Prophètes, Fange Gabriel, lé soleil, la lune, les pères de TÉglise, les Sultans, le Saint- Esprit, etc., véritable encyclopédie qui dénote l'incontestable érudition de son auteur, mais en même temps son inintelligence absolue de la politique et de l'époque où il vivait. Il est d'ailleurs évident que Pie II n'envoya pas cette lettre à Sultan Mohammed, car, ainsi qu'on l'a remarqué « l'épltre est trop longue, trop artificielle et en dehors des formes diplomatiques pour qu*on ne soupçonne pas le Pape de ne l'avoir écrite que comme une sorte de manifeste ou même d'exercice littéraire, pour ne pas douter, tout
pour cause — ce fut le pape qui se répondit lui-même en manière de consolation '.
Mais, si Sultan Mahommed professait en principe son respect pour les préceptes de sa religion, il ne se faisait aucun scru-
au moins, qu'il Tait envoyée à son adresse. » A. Casteinau, Les Médicù, t. I, p. 109. On peut voir une allusion aux conférences du Sultan avec le patriarche Gennadius et aux chimères que caressait le Souverain Pontife, dans le passage suivant de cette lettre: c ... Cognoscis jam (nisi fallimur) veritatem et majestatem nostrae legis, nec utilitatem ignoras, incipisque de tua diffidere^ et ardes desiderio disputandi, velisque latius cuncta discutere, » p. 898. Cette lettre, qui n'est pas datée dans Tédition de Bâle, porte la date suivante dans l'édition de Trévise, 1475, in-4, 56 ff. c Data Sents Kalendis Quintilibus millesimo quadringentesimo se^agesimo. » Il n'en est fait aucune mention dans les PU Secundi Pontiflcis Max. Commentarii... a Gobellino... composUij Romae, 1584, in-4. Sur ce pape humaniste, et sur son rôle comme souverain spirituel et temporel, lire sa vie, écrite par Platina, de vUis acgesUs Sum. PonLy par Campani (Opera^ Rome, 1495, in-fol.) a ii; son oraison funèbre, /, et la remarquable lettre adressée au cardinal de Pavie par le même auteur, a ii. Muratori a réimprimé la vie de Pie II de Campani, dans ses Rerum ItaL Script., t. m, p. II, p. 967 et sqq. Parmi les travaux modernes, consulter le savant ouvrage de Voigt, Enea Silyio de ' Piccolomini als Papst Pins der Zweite und sein Zeitalter^ Berlin, 1856-63, 3 vol. in-8, la notice de M. £. Mûntz, les Arts à la cour des Papes, t. I, p. 220 et sqq., et la préface de M. Cugnoni, aux Opéra inedita de Pie II, Rome, 1883, in-4.
1. La réponse de sultan Mohammed se trouve à la suite des éditions originales de la lettre de Pie II. V. Laire, Spécimen hist. typogr. Roni. XV seculiy Romae, in-8,1778, p. 296; Audiffredi, Catalogus historico-criti^ eus romanarum editionum saecuii XV. Roraœ, in-fol. 1783, p. 405, n^ X. Elle a été également publiée par Bibliander dans son ouvrage : Historiasde Saraeenorum sive Turrarum origine, moribus, nequitia, reli» gione, rébus gestis (p. 99-100), formant le t. III de son recueil : Machurmétis Sarracenorum Principis viia ac doctrina omnis, qum et Ismahe^ litarum lex et Àlcoranum dicitur, ex Arabica lingua ante cccc annos
in latinum translata in-fol., s. 1. n. d. La réponse du Sultan est ainsi
datée : c Datum anno Mahumeti seplingentesimo quadringentesimo quinto in introitu mensis haslen [sic), » p. 100. La lettre de Pie II va de la page 60 à la page 98. Comme le dit M. Verdière, c il est certain que Pie II s'est fait cette réponse à lui-même. » Essai sur jEneas Sylvius Piccolomini, Paris, 1843, in-4, p. 117. Il convient d'ajouter que ces sortes d*exercices littéraires étaient à la mode au xv* siècle : c'est ainsi qu'il faut
pule de les transgresser, lorsqu'ils venaient à contrarier ses passions ou ses goûts. C'est ainsi que l'amour des arts, qui s'était peut-être révélé chez lui à la vue des merveilles de la nouvelle capitale de son empire, ne l'abandonna jamais, et qu'en dépit du verset du Koran qui enjoint aux Mahométans de s'abstenir des images, comme « d'une abomination inventée par" Satan S>, il réunit dans son palais des tableaux, des statues et
considérer la traduction latine des prétendues lettres de Mohammed II, faite par Laudivio, dont plusieurs éditions parurent au xv« siècle. Voir Audiffredi, Catalogus hist.-crUicus Romanarum edil. sœculi xv, p. 144, 406, 431. H en existe une traduction manuscrite à laBibl. Nat. de Paris, fds franc., n* 6072, sous ce titre : Epistres du grand Turc. Il en est de même des : c Letlere del gran Mahnnxetio... ridoUe nella volgar voce da M. Lodovico Dolce Moreme. ]» Venise, 1565, in-8, et des deux lettres de Sultan Mohammed, avec les réponses de Pie II, données par Oldoini, dans ses Additions à Ciacconio : elles sont de pure invention. Vitœ et res gesta Pont. Rom., 1677, in-fol., t. II, col. 4024-5. A cette époque où la terreur qu'inspiraient les Turcs était en Europe un sujet de préoccupation constante, ces sortes de compositions littéraires avaient pénétré jusque dans les collèges. Il existe à cet égard deux documents manuscrits extrêmement curieux, datés de Tannée 1493; le premier, intitulé : c Lettres enooyées par le Turc à nosire Saint Père le Pape > et signé Jaspart; l'autre c Responce faicte par nostre Saint Père » et signé Mugnier de Housse. Ce sont là évidemment deux c exercitations d'escoliers; 3 qui trahissent d*ailleursla naïveté juvénile de leurs auteurs et une ignorance singulière des formes diplomatiques. Bibl. Nat., fds. Moreau, 735, fol. 9-10, (original sur papier). D'autres fois, ce sont des élégies où l'auteur met en présence Constantinople et Rome, comme dans cet opuscule de Nicolas de Valle : Constanlinopolis Rome sue salutem^ in-4, goth. imp. par Plannck (?), et la réponse : « Roma Constantinopoli sorori carissinix responsum editum a Nicolao de Valle^ » in-4. Cette dernière plaquette à la Bibl. Nat. de Paris. V. Catal. Bib. R. Paris. Belles-Lettres, 1. 1, p. 346; ou des déploralions, comme le « Lamento dUtalia per lapresad^Otranto fatta dai Turchi net 1480, composto per Vespasiano di Filippi » et publié dans VArchivio Stor. Ital.y t. IV, p. 452-463; où enfin, des tragédies, comme celle de Jacob Locher, représentée à Strasbourg en 1497, et intitulée : Libri Philomusi Panegyrici ad regem Tragoediam de Tkurcis et Suldano. Dialogus de heresiarchis^ in-4, 62. (T. n. ch. fig. sur bois; etc. 4. Le Koran, traduit par Kasimirski, Paris, 1877, in-18,ch.v, verset 92, p. 96; et Luigi Bassano, apud Sansoviniimj fol. 07 v.
des médailles. A sa mort, son second fils qui lui succéda. Sultan Bayezid^ très attaché aux pratiques de sa religion^ fit vendre dans les bazars de Constantinople toutes les peintures et autres objets d'art réunis par son père. Us furent achetés par des négociants européens, et allèrent enrichir les collections des amateurs de la chrétienté \ C'est ainsi que le portrait de Mohammed II, qui est aujourd'hui en la possession de Sir Henry Layard, quitta Constantinople^ et, à la suite de circonstances - inconnues, fut acheté àVenise, en 1856, parle célèbre voyageur, au fils d'un anglais habitant cette ville, et qui l'avait reçu de la famille Yenturi, en paiement d'une dette. Doublement précieux, et comme œuvre d'art et comme document iconographique, ce portrait peint, de Mohammed^ est le seul, vraiment authentique, qui soit parvenu jusqu'à nous.
Gentile Bellini dut plusieurs fois représenter le Sultan sur la toile : Paul Jove acquit l'un de ces portraits ' et le fit reproduire en gravure dans les différentes éditions de ses Elogia Virorum Illustrium. Quant au tableau lui-même, il est perdu ou a été détruit, car on ne saurait admettre que c'est le même que la r famille Zeno vendit, en 1825^ à lord NorthwicjC et dont l'au-
A thenticité a été formellement mise en doute par des critiques
autorisés '. On ne peut davantage voir dans le portrait de la
1. Angiolello, Hist. Turchesca, fol. 49, et à T Appendice, n^3.
2. € Oitenne Paolo fin al volto di Maometto opéra di Gentile Bellini Veneto chiamato alla corte di quel Sovrano, » écrit Giambttista Giovio à Tiraboschi, en 1780, en lui décrivant le Musée Giovio tel qu'il était à cette époque. Y. Campori, Lettere artistiche inédite^ Modena, 1866, in-4. p. 237; Guillet, Hisi. du règne de Mahomet 11^ 1. 1, p. 509, et Moschini, Gioi^anni Bellini e Piltori coniemporanei^ Venise, 1826, in-16, p. 39 et sqq.
3. Vasari, t. III, note de Milanesi, p. 166. — I^ famille Zeno ou Zen, qui vendit à lord Northwich le portrait de Mohammed II, attribué à tort à Gentile Bellini, appartenait à la branche patricienne de Venise, dont le palais est situé sur les fondamenta delGesuiti. L'autre branche des Zeno, de la
collection Layard roriginal du bois des Elogia ' ; ils n'ont aucun rapport entre eux, aussi bien ce dernier diffère-Ml absolument du médaillon reproduit pour Touvrage de Paul Jove par' Sansovino dans son Historia tmiversale deW origine et imperio de' Turchi, publiée à Venise en 1600*. Dans les différentes éditions des Elogia^ Sultan Mahommed est représenté de profil, de droite à gauche, la tète couverte d'un turban arrondi vers le haut. Il est vêtu d'un caftan à revers, doublé de fourrure, ouvert sur la poitrine et laissant voir une veste boutonnée. La main droite tient une fleur, une rose sans doute, à cause des épines qu'on distingue sur la tige ; le bras gauche est appuyé au corps et replié à la ceinture, la main semble tenir la poignée d'une arme. Le visage est dur, la barbe assez forte, la moustache longue. Au contraire, dans le recueil de Sansovino, le Sultan est vu de trois quarts, la tête est couverte d'un turban cylindrique vers le haul^ suivant les modifications que Mohammed II avait apportées dans cette partie du costume, la barbe épaisse ainsi que la moustache ; le portrait est coupé à la hau-
paroisse des Frari^ avait précédemment vendu à l'étranger une œuvre remarquable de Giovanni, le frère de Gentile. Le fait se trouve mentionné dans un article du Vaglio^ journal publié à Venise, à la date du 26 septembre 1840, n<» 39. € ... Perô a que di (anno 1812) (allusion au discours sur Bellinif lu par Francesco Âglietti à l'Académie des Beaux-Ârts de Venise, en 1812, discours qui fut inséré la même année dans les AUi de celte Académie) non era ancora mancata una magnifica tavola del corifeo dei Bellini che animava le pareti del cospicuo palazzo délia famiglia Zen ai Fi-ari. Questo capolavoro rappresentante la Vergine col divin Putto, seduta iva. due genuûesse dévote in campo di vaghissima prospettiva, passato' allrove, venue poi in proprietà di uno dei piu caldi amatori délia pittura, il signor Nicolô Lazovich di Trieste... i etc.
1. Elogia virorum... iVustrium, 1575, in-fol., p. 164. Dan3 l'édition de 1577(Bâle, in-4), intitulée : Musaei Jomani imagines artifice manu ad vivutn expressss^ nec minore industria Theobaldi Mulleri Marpur^ gensis Musisillmiratœ... fol. 30, le portrait de Mohammed II, repr>>duit ci-contre, est accompagné de trois distiques qui manquent dans l'édit. de 1575 et dans celle de 1578 (Bâle, in-fol ).