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CHAP. III. — NIVELLEMENT TOPOGRAPHIQUE

48. Il est rare qu’on soit obligé de calculer les différences d’élévation , et l’on doit préférer les obtenir directement par un nivellement. On se sert de trois sortes de niveaux, celui de maçon , les niveaux d’eau et à bulle d’air.

Niveau de maçon, ou à perpendiculc (fig. 3g). C’est une

NIVELLEMENT. fa

équerre ABC, dont les branches sont réunies par une barrelïK propre à les maintenir à distance. Les trois règles qui le forment sont assemblées à tenons et mortaises; et un fil-à-plomb, suspendu vers le sommet C, doit battre sur un trait I marqué sur la barre transversale. Les branches AC,BC sont égales; posées sur une règle horizontale, le fil doit couvrir le trait I, même lorsqu’on retourne le niveau bout pour bout ; cette épreuve en indique la bonne construction.

49. Le niveau d’eau est formé d’un tubeMM'(fig. 37) en fer blanc , long d'environ un mètre , coudé aux deux bouts , où sont lutées deux fioles de verre gg' : il est monté sur un pied à trois branches BB, à l’aide d’une douille.

On remplit le tube d’eau colorée , et l’on fait en sorte que le liquide apparaisse dans les fioles vers le milieu de leur hauteur. Le bout des fioles est ouvert ; mais on les étrangle pour pouvoir les boucher, quand on transporte l’instrument. On a inàaginé, pour rendre ce niveau plus portatif, de faire’ le tube en cuivre et de le fractionner en plusieurs parties qui se vissent hermétiquement bout à bout, ainsi que les bases des fioles. On place latéralement le long de chaque fiole une petite lame verticale peinte au vernis en noir ou en rouge; cette couleur se réfléchit sur l’eau, qui en paraît teinte, et l’on ne se sert que d’eau limpide. En visant les deux surfaces liquides, on a un plan horizontal.

50. Le pointage de ces deux espèces de niveau se fait à l’aide d’une mire qu’on établit à la distance voulue par les localités et les circonstances. Cette mire est composée d’un voyant abcd ( fig. 4°) , petite planchette ou lame de tôle , en forme de parallélogramme , en travers de laquelle on a tracé une ligne horizontale mn, séparant deux rectangles peints, l’un en blanc , l’autre en noir ou en rouge. Cette planchette est soutenue par une queue ou tige , qu’on tient appliquée le long d’une règle divisée ou verticale ; on hausse ou baisse la planchette , selon la direction des signaux donnés par l’observateur, jusqu’à ce que la ligne mn de visée du voyant soit dans

TOPOGRAPHIE

le même plan horizontal que la ligne de niveau. Un lit ensuite, sur la règle , la hauteur à laquelle cette ligne se trouve audessus du sol.

Cette mire a peu d’exactitude, mais elle suffit aux opérations grossières qu’on peut faire avec les niveaux dont on vient de parler, et qu’on ne destine qu'au travail de pavage ou de conduite des eaux. Mais quand il faut faire des nivellemens plus précis , on y emploie le niveau à bulle d’air , que nous allons décrire, et l’on doit se servir d’une mire qui présente plus d’exactitude et une manœuvre plus facile.

La mire ( fig. l\o ) est composée d’une règle verticale efy divisée métriquement sur une des faces , et d’un voyant abcd fixé au bout d’une autre règle plus étroite qui glisse avec aisance dans une rainure longitudinale pratiquée sur la première. En faisant couler cette réglette le long de la rainure, on peut élever le voyant au-dessus de l’extrémité de la règle , et en doubler ainsi la longueur. Les règles ont a mètres de hauteur, et la réglette est divisée en centimètres, portant ses numéros de graduation croissante de haut en bas , à commencer par ao décimètres. On comprend que lorsque la réglette occupe toute la rainure longitudinale, la ligne de visée du voyant se trouve juste au bout de la règle , et à a mètres d’élévation au-dessus du sol ; que si l’on fait sortir le voyant, et que la ligne de visée se trouve, par exemple, à 4 décimètres au-dessus du bout supérieur de la règle , elle est élevée au-dessus du terrain à 24 décimètres de hauteur ; on lit alors ce nombre 24 sur la réglette, à la ligne eg, où se termine la règle. On peut même tracer sur celle-ci un vernier (n° 10 ) qui permette d’estimer les fractions de centimètre. Ainsi , quand la mire sera portée à une station élevée de plus de 2 mètres au-dessus du niveau , il sera bien facile de noter le chiffre qu’indique la mire. Une vis de pression P arrête la réglette sur la règle , pour donner le temps de faire la lecture du numéro.

Mais si la station est , au contraire , plus basse que 2 mètres, il faudra renverser la mire ; et, faisant glisser la réglette dans sa rainure , amener le voyant dan» la ligne de visée du

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