LA MAISON DE HENOMMÉE
Ce n'est pas tant de 1 ironie que de la bonhomie assaisonnée d'un grain dhumeur narquoise. Notez que le poète garde la faculté d admirer tout en se confessant trop menu pour les hautes ambitions.
Le bel aigle aux plumes d'or a fondu sur lui avec la promptitude de la foudre et l'a saisi dans ses puissantes serres comme il ferait d'une alouette. Puis il l'a emporté si haut dans son essor, que le pauvret perd conscience quelque temps. La voix humaine de l'aigle l'a enfin réveillé. Elle s'efforce de le réconforter, lui promettant qu'il ne prendra aucun mal et le conviant à contempler le magnifique spectacle qu'il a sous les yeux. Mais le poète demeure malgré tout inquiet :
Dieu, pensai-je, qui fis la terre !
Ne niourrai-je d'autre manière .' Me voudrait-on stellifier ?
Que peut cela signifier .' Enoch ne suis que Dieu possède, Ni Rouiulus, ni Ganymède, Lequel fut jadis dans l'éther Enlevé par don Jupiter, Ainsi que mon livre l'atteste, Et là fait bouteiller céleste.
L'aigle le rassure :
Jupiter nullement ne songe.
Je t'en puis bien donner ma foi, A faire une étoile de toi.
Non, le dieu du tonnerre désire seulement récompenser le poète qui a si longtemps et si fidèlement servi son neveu Cupidon et aussi la déesse Vénus, sans guerdon •pour lui-même, et qui a, malgré son faible esprit, écrit livres, chansons etditiés en l'honneur d'Amour et de ses serviteurs, sans avoir part à ses grâces. Jupiter lui sait gré de s'être si souvent donné le mal de tête à ce travail si désintéressé, au profit des amants dont lui-même n'est pas. 11 prend garde aussi aux difficultés que son labeur