SG LA MAISON DE RENOMMÉE
quotidien de controlcui" ajoute à sa tâche de poète. « Je sais », ajoute-t-il,
Que par ta mauvaise fortune Tu ne reçois nouvelle aucune D'aucun amant, joyeux ou triste, Ni de rien qui sur terre existe ; Non seulement il ne t'arrive Nouvelles de lointaine rive, Mais des voisins d'aucune sorte Qui demeurent presque à ta porte Tu ne sais cela ni ceci ; Aussitôt ton travail fini Et tes registres enfin clos, Tu ne prends plaisir ni repos.
Mais tu rentres chez toi grand'erre Et là, muet comme une pierre, Devant un autre livre assis, Jusques à voir trouble tu lis, Tant que semblerais un ermite, Toi dont l'abstinence est petite.
Voilà pourquoi Jupiter a décidé que Chaucer visiterait la Maisoji de Renommée. C'est pour lui donner jeu et •distraction, en récompense de ses labeurs et de sa dévotion à Cupidon qui n'en a cure. En cette Maison il apprendra plus de choses sur l'amour et les amoureux, leur foi, leur déloyauté-, leurs joies, leurs désaccords, leurs tromperies, qu'il n'est de grains de sable sur la grève ou ■de grains de ])lé dans les granges.
Chaucer se refuse d'abord à croire que Prénommée, eût-elle toutes les pies et tous les espions du royaume à son service, puisse apprendre ^toutes ces nouvelles-là. Mais l'aigle, qui a lu Boèce, entame un exposé méthodique : la Maison de Renommée est juste au milieu du chemin, entre ciel, terre et mer, sur la voie où doivent passer tous les sons. Il enseigne que toutes choses se comportent selon leur nature, que la pierre tombe, que la fumée monte. Or le son n'est que de l'air brisé. Chaque parole, chaque son, fait, comme la pierre jetée dans l'eau,