LIMITE DE SON IMPARTIALITE
vonne quand il justifie par le désaccord des Evangélistes la divergence de son Conte de Mellibée avec l'histoire jiiimitive. On sent que l'harmonie a cessé d'être parfaite outre le dogme et les intelligences. Pas assez pour une révolution immédiate, lévènement le prouvera, mais suflisammentpour enfoncer déjà le coin du scepticisme dans If temple. On juge, on censure, on raille. La scolastique lait souvent sourire. Une aube incertaine de Renaissance (lU de Réforme, on ne sait au juste, blanchit très loin à I horizon.
Rien ne rend ces disparates de la réalité plus sensibles <[ue les Contes de Canterbury . N'étant ni une satire ni un livre d'édification, ce poème nous convainc de l'aspect <{iie présentait la société contemporaine à un observaunv avisé et non passionné.
Ghaucer aurait-il donc échappé à la loi commune ? Aurait-il réussi à faire œuvre artistique sans que rien de cet arbitraire qui est la condition même de l'art vint imposer sa forme à la réalité ? Les Contes de Canterbury sont-ils comme un fragment de la vie de son temps découpé sans aucune idée préconçue ? Non plus que les autres poètes, Ghaucer n'a pu s'abstenir entièrement; il a dû comme les autres choisir en vue de l'eiïet, grouper de façon à organiser le désordre et à éclairer la confusion. Son poème n'est lumineux comme nous le voyons, que grâce à des éliminations vastes de ce qui demeurait obscur môme pour son œil clairvoyant et grâce à la concentration du regard sur un nombre très restreint de •questions.
Si l'on examine attentivement les Contes^ on s'aperçoit que ce livre si divers et d'allure si libre, s'ordonne en somme autour de deux thèmes dominants, l'amour et la religion, ou en d'autres termes la femme et le prêtre, ou