LIMITE DE SO\ IMPARTIALITE
encore d une pari les joies et peines du mariage et de l'autre les actes et mœurs des ecclésiastiques. Qu'on lise chacun des fragments de l'œuvre inachevée, chacun des o-roupes que forment les contes consécutifs entre les lacunes, on y trouve l'un ou l'autre de ces motifs qui domine à moins que les deux n'y aillent alternant avec une symétrie parfois parfaite. La peinture successive de l'amour courtois et de l'amour très crûment sensuel compose le premier fragment. Le quatrième groupe expose tour à tour les principes matrimoniaux de la Bourgeoise de Bath et les démêlés du Frère mendiant avec le Semoneur. Le cinquième fait succéder à l'éloge en Grisélidis des vertus de la femme la dénonciation par le Marchand des perfidies féminines. De façon inoins marquée, des préoccupations semblables tiennent encore la principale place dans les autres groupes ; dans le deuxième, avec le conte du Marin sur l'épouse qui trompe .son mari pour un moine et est dupée par son complice, avec les perfections infinies de dame Prudence, femme de Mellibée, avec les discussions conjugales de Chantecler et de dame Pertelote dans le conte du Prêtre de nonnains. Le troisième groupe est dominé par le Marchand de Pardons, le cinquième par la suave peinture de la parfaite épouse Dorigène; le dernier est tout aux saintes paroles du bon Curé de village.
Rares sont les personnages ou les histoires qui ne se ramènent pas à ces deux points. Espacées comme le sont ces exceptions, elles semblent des récréations ou des arrêts le long: d'une route dont la direction reste néanmoins la même. Par bonheur ces thèmes sont si élémentaires et si larges à la fois qu'ils ne dénoncent pas l'arbitraire de l'auteur. Il ne s'y tient, semble-t-il, que parce que c'étaient les sujets courants de toute conversation entre gens de toute classe. C'est le moyen âge qui se résume en cette double préoccupation, ce n'est pas Chaucer qui l'introduit de son chef et l'impose. Ou bien disons qu'elle