SOURCES DE SES COXTES
^irrie de Rutebeuf) et qu'il servait à exposer satiriqueiiient les maléfices d une profession.
Encore ne sont-ce là que les plus notables emprunts laits par Ghaucer, ceux des sujets ou des genres. Dans I intérieur même de ces cadres, il continuera de déverser liondamment, selon son usage, les maximes et les ima- s, les développements et l'érudition qui lui viennentde ses lectures, surtout de ces deux livres dont il faisait sa société constante : le Roman de la Rose et les Consolations de Boëce.
Ainsi son grand poème apparaît-il comme un réservoir qui a été rempli par toute la littérature du moyen âge, et qui s est alimenté des sources les plus diverses. Peutêtre risquerait-il par là d'olïrir un plaisir diminué à quelques lecteurs d'aujourd'hui — principalement aux lecteurs de France qui ne sauraient toujours être tenus en haleine par des histoires dès longtemps familières, intrigue et dénouement. Mais ce défaut d'amorce pour la curiosité vulgaire est peu de chose. Plus grave est le péril auprès des érudits dont l'attention se concentrera sur les différences de détail entre le récit chaucérien et ceux qui ont précédé ou suivi. Dans ce cas la nature vraie et la verve originale du recueil ne seront pas perçues.
Faisons-nous un instant des esprits naïfs, ignorants, enfantins, comme ceux des pèlerins de Canterbury. Acceptons comme neuves toutes les histoires que nous allons entendre sans nous soucier en rien de leur origine. Soyons capables d'émotion fraîche en oyant narrer la mort de \ irginic tuée par son père pour la sauver de la luxure d'Appius, ou de nous ébaudir comme si pour la première fois on nous contait les ruses de Renard, les farces du Poirier ou du Berceau. Ignorons, toute la durée d'un chapitre, les questions de source, de contamination et d'influence ; suspendons aussi l'étude proprement littéraire, pour n'avoir cure que de la vaste comédie qui se d('roule, du divertissement changeant que nous procurent