‹ Geoffroy de MalvynChapitre 16 sur 155 · Conseiller lai, reçu le 3 décembre · texte numérisé non relu

Conseiller lai, reçu le 3 décembre

à Blaye traiter avec Pardaillan de la remise des otages. Ce singulier march é fut conclu à Taudience du 9 septembre : le sieur de Lineyrac, Sevin, Makanam et le conseiller catholique Jehan d'Alesme se rendirent à Blaye pour négocier TafTaire. Les conseillers huguenots reprirent leurs sièges sans être autrement inquiétés. Le procureur général Jean de Lahet avait tout fait pour assurer le succès de ce compromis : il demanda au Parlement de ne pas permettre à Malvyn et à ses collègues d'opiner dans cette affaire. Ils répondirent en récusant Lahet « comme ennemi mortel desdits de Malvin et Camain ». Lahet protesta contre ces récusations « plaines de piques » et maintint ses réquisitions. Les craintes de Malvyn étaient d'ailleurs vaines : la réintégration des conseillers réformés n'eut pour lui aucune fâcheuse conséquence '. L'incident n'en est pas moins curieux : il prouve que les catholiques savaient, à l'occasion, faire fléchir leur intransigeance et que les deux partis ne répugnaient pas aux petits accommodements.

Désormais sûr du lendemain, à l'ombre de la gloire paternelle, modeste conseiller à la seconde des enquêtes % Geoffroy de Malvyn passa dans une heureuse obscurité les premières années de sa carrière. Devenu vieux, il avouait franchement que son c( incapacité» les avait rendues « infructueuses » ^ Il était entré trop jeune au Parlement ; il ne pouvait que se taire et écouter. En 1571, il se maria : il épousa, par contrat du 12 octobre, Jeanne de Salignac de La Mothe-Fénelon,

1. Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 369, 3, fos 213 vo-216 r». Voir le récit sommaire et vague de Bosch eron des Portes, Histoire du Parlement de Bordeaux^ 1,226-227.

2. Il est porté avec cette qualité dans la « faction » des chambres du 1 3 novembre 1572 (Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 369, 3, f» 276 vo).

3 . Dans une lettre sans date, adressée peut-être au chancelier Hurault de Cheverny (ms. Delpit, fo 188 ro).

fille d'Armand de Salignac et nièce de Bertrand, le diplomate que son ambassade en Angleterre avait mis en évidence '. A la rentrée de novembre 1573, il alla serv^ir, avec Pierre Duduc % à la première des enquêtes \ Cette promotion eut pour cause une dispute, dont on ignore le motif, qui avait éclaté, le mois de février précédent, entre le jeune conseiller et son président Gabriel de Cruseau. La querelle paraît avoir été violente : Charles de Malvyn, le vieux doyen, vint apporter à son fils Tappui de son prestige et

« print concluzions en réparation d'injure contre ledict

Cruseau ^ ». Ce fut lui qui sans doute obtint que TofFensé changeât de Chambre. Cet incident explique la malveillance systématique qu'Etienne de Cruseau témoigne à Malvyn en plus d'un endroit de sa Chronique.

En novembre 1576, son père ayant résigné son office, il monte avec Jean de Gascq ^ à la Grand Chambre ^. Il y restera jusqu'à la fin de sa carrière : il n'a point d'ambition ; il se déclare satisfait du rang où Ta placé une fortune bienveillante. La notoriété paternelle l'a très vite élevé assez haut : il s'est laissé faire, mais désormais il ne fera point d'effort pour monter davantage. « Pour mon regard, écrit-il en 1385, je suis si sensible à ces attouchemens qui procèdent de l'honneur que je ne puis nier que je n'en sois fort esmeu et que je ne vueille rechercher tous les moyens qui me peuvent conduire à une très claire réputation de

1. D'HoziER, loc, cit. Voir une^ lettre de Malvyn à son neveu François de Salignac à r Appendice, no XXI.

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