‹ Geoffroy de MalvynChapitre 22 sur 155 · Id.y I · texte numérisé non relu

Id.y I

Montaigne, en avait été privé, comme indigne, par un arrêt du même Grand Conseil du dernier février 1585 '. Le Parlement n'osa pas s'opposer, en principe, à cette réintégration; à l'audience du 15 novembre il enregistra les lettres patentes. Mais une question délicate fut aussitôt posée : Pichon serait-il remis au rang qu'il occupait à la Grand Chambre lors de sa destitution, c'est-à-dire au onzième % ou le placerait-on au troisième, c'est-à-dire à celui qu'il aurait eu en 1 5 94, s'il avait continué d'exercer sa charge depuis 1583 ? La difficulté soulevée n'était pas de pure forme : selon la solution qu'il adopterait, le Parlement laissait entendre qu'il amnistiait le passé ou qu'il laissait subsister les effets de la flétrissure. La question fut d'abord laissée en suspens : à l'audience du 18, Pichon fut « remis sans dire en quel rang ». Mais le 23, Malvyn prit la parole devant les chambres assemblées pour « disputer le rang au dit sieur Pichon ».

Il était désigné pour intervenir dans l'affaire. Il avait déjà hautement manifesté son souci de rétablir dans leur intégrité Tordre et la discipline de la compagnie, gravement compromis par de nombreux abus. A la suite de la terrible remontrance que Catherine de Médicis, passant par Bordeaux pour accompagner sa fille Marguerite qui allait rejoindre son mari, le roi de Navarre, fit adresser, le 28 septembre 1578, au Parlement par Paul de Foix \ Malvyn

1. Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 369, 5, p. 323. — Bernard de Pichon, d'une vieille famille de bourgeois et marchands bordelais, était fils de Jehan de Pichon et de Mathurine de Guérin, et frère de Jacques, contrôleur général des finances en Guienne, et de Richard, clerc de ville. Il avait obtenu son office le 22 mars 1568. Il épousa Marie Calneau, dame de la terre et seigneurie de Restault, en Saintonge (dossiers Dast de Boisville).

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