Dans sa remontrance, Malvyn dit au douzième
3 . Voir le texte de cette remontrance dans les reg. secr. (Bibl. munie, de Bor-
avait soumis à ses collègues des propositions où, reconnaissant le bien fondé des reproches de la reine mère, il dénonçait avec une franchise et une énergie singulières les désordres qui s'étaient glissés dans Texercice de la justice : TindifFérence religieuse des magistrats, la tenue scandaleuse des présidents aux procès, la faveur substituée au mérite dans le choix des rapporteurs, « ceste profonde cacheté de larcins, concussions et voleries », le réseau de « parantèles et aliances » qui enveloppait presque toute la cour et convertissait la justice « en ligue et faction », les propos injurieux qu'échangeaient entre eux les conseillers et qu'on tolérait chez les étrangers admis à l'audience, l'abus des récusations et des ajournements, etc. Après avoir signalé le mal sans réticence, Malvyn proposait les remèdes. Contre les malversations il n'en voyait pas d'autre que le droit laissé à chacun de dénoncer les coupables, sans crainte d'autre peine que d'être astreint à payer des dommages et intérêts si la dénonciation était reconnue calomnieuse. « Le remède, disait-il, est extraordinaire, mais nécessaire pour le salut de ceste compagnie \ » Geoffroy de Montaigne, qui n'avait pas hésité à l'employer contre Bernard de Pichon, avait été certainement approuvé par Malvyn. Lorsque Pichon obtint d'être réintégré, Malvyn ne put se dispenser de protester pour défendre les idées qu'il avait jadis fait triompher et qu'une réhabilitation obtenue d'une juridiction complaisante mettait en péril.
La remontrance qu'il prononça est vraiment belle. Après avoir rappelé qu'à défaut de son mérite, ses vingt-six années de services lui donnaient quelque droit d'intervenir en
deaux, ms. 369, 4, (os 609 vo-610 v©). — Boscheron des Portes, Hht. du Parlement de Bordeaux, I, 266-268.