Chronique de Cruseau, II
freteau laîné à se démettre de son office en faveur de nos fils et à lexercer pourtant encore trois ans *. Il avait, luimême, le 10 janvier 1597, fait enregistrer des lettres de survivance de son état de conseiller en faveur de son gendre Geoffroy de Pontac '.
Gardien jaloux des traditions du Parlement, Malvyn avait hérité de son père une irréductible intransigeance en matière religieuse \ Avec la majorité de ses collègues il estimait que la diversité de religion devait nécessairement causer la ruine de l'État. Ami de de Thou et de Lazare Coquelay, il se refusait à admettre, comme eux, que le roi pût négocier avec les prétendus réformés. Huit guerres civiles dont il avait été le témoin, l'avaient persuadé que les huguenots n'étaient que de dangereux rebelles. Aussi le trouve-t-on au premier rang parmi les magistrats bordelais qui s'efforcèrent d'entraver la politique pacificatrice de Henri IV. Lorsqu'au début de 1 596 le Parlement de Bordeaux fut prié, à l'exemple de celui de Paris, d'enregistrer ledit de 1577 "*, première tentative du roi pour donner satisfaction aux réformés sans mécontenter les catholiques, au cours de la longue discussion qui eut lieu à ce propos, Malvyn opina, le 21 février,
1. Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 369, 6, fos 7 vo-8 r». — Voir sur ce débat, qui ne se termina que le 16 janvier 161 5, par enregistrement sur lettres de jussion, V Essai généalogique sur h famille Gaufreteau de Jules Delpit (Chronique bordelaise de Gaufreteau, II, 323-326).