‹ Geoffroy de MalvynChapitre 29 sur 155 · Chronique de CruseaUy I · texte numérisé non relu

Chronique de CruseaUy I

moins vive qu'en 1596. Uédit fut apporté le 15 juillet 1599 ' par le maître des requêtes Pontcarré. La délibération, aussitôt commencée, dura jusqu'au 21 août. Le vendredi 13, dit Cruseau, « le sieur de Cessac opina plus longuement et élégamment que profitablement pour conclusion * ». Nous possédons les brouillons autographes de deux discours dans lesquels Malvyn développa son opinion : ils justifient en partie l'appréciation plutôt malveillante de Cruseau '. Le premier, long, diffus, surchargé de citations classiques et d'allusions mythologiques, est plutôt une dissertation historique et théologique sur l'impossibilité absolue d'admettre deux religions « également dominantes et de pareille authorité » à vivre côte à côte dans un htat, qu'une discussion méthodique et précise des avantages concédés par l'édit aux réformés. L'orateur n'a pas évité le péril qu'il signalait pourtant dans son exorde: sans « étoile du nord pour guide », il a parfois perdu de vue son « grand chemin » et s'est égaré dans ce vaste sujet qu'il comparait à « une forest espesse et profonde ». Si d'ailleurs il se borne à énumérer, à la fin, les « particuliers inconvenientzquise descouvrent dans cestEdit et Articles », en ajoutant qu'il né veut pas s'attarder à « l'entourde cesescueils », s'il indique en termes trop vagues qu'il convient d'accorder simplement aux réformés les libertés dont ils jouissaient en 1585, sans doute avant l'édit du 18 juillet par lequel Henri III, sous l'influence de la Ligue, révoqua tous les édits de pacification antérieurs, son opinion n'en

1. Il avait été enregistré le 25 février par le Parlement de Paris après plusieurs jussions.

2. Chronique de Cruseau, I, 221. Le 11, Malvyn s'était levé, après le sieur de Mérignac aîné « pour n'opiner poinct, car il n'avoit du temps assés, puisque l'hure estoit tarde ; fust dict que monsieur le praesident ne pouvoit rompre le rang, car le dict sieur vouloit sauter à un autre rang » (/t/., I, 220).

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