‹ Geoffroy de MalvynChapitre 33 sur 155 · Chronique â" Isaac de Pérès ^ p · texte numérisé non relu

Chronique â" Isaac de Pérès ^ p

protestants avaient essayé de résister en s'opposant à ce que les rues fussent tendues. La Chambre rendit un arrêt disant -que les habitants souffriraient que la façade de leurs maisons fût tendue à la diligence et aux dépens des catholiques. L'évêque de Condom marchait sous le pavillon, précédé de vi ngt-quatre ou vingt-cinq prêtres ou moines et suivi de la cour Gt du peuple. Les protestants se comportèrent fort paisiblement; le pasteur Mermet les avait, le matin, exhortés au calme'. Malvyn, grand ami de Nesmond et comme lui grand catholique, s'associa certainement à ces manifestations. Son s,nciennetélui donnait le premier rang après le président de la <Dhambre: à l'audience il siégeait à sa droite ^ En janvier 1602, ses pouvoirs et ceux de ses collègues furent continués, par lettres patentes, jusqu'à la Saint-Martin suivante '. Le chroniqueur néracais Pérès nous a conservé le souvenir d'une petite mésaventure, dont il fut victime à cette date. « Monsieur de Cessac, dit-il, conseiller en la Chambre de l'Edict, demura fort offensé de certains soldatz et autres du Petit- Nerac, qui, faisant la patrouille par la ville, entrèrent jusques dans son logis, à savoir au chasteau de Birac, où il estoitlogé, poursuivant quelqu'un de ses gens, qui leur avoit jette des pierres, ainsin qu'ils passoient, ce que ledit sieur leur ayant remonstré, et qu'ils ne dévoient entrer en son dit logis avec les armes, ils ne firent pas grand cas de cela,

1. Chronique (Tlsaac de PérèSy pp. 115-116. Le P. Garasse, dans son oraison funèbre, loue le président de Nesmond d'avoir rétabli la procession de la Fête-Dieu à Nérac (Remontrances ^ p. 13).

2. Chronique d'Isaac de Pérès, p. 114. M. de Feydeau, président protestant, siégeait à la gauche de Nesmond, qui « tenoit le coing »,

3. Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 369, 5, p. 386. — En novembre 160 1, le Parlement avait porté à trois présidents et dix-huit conseillers le nombre des membres de la Chambre de l'Édit (ihid., pp. 377-378, 380-381. Cf. Chronique de Cruseati, I, 282).

ains se portèrent fort indiscrètement jusques à luy dire qu'il feroit bien de se retirer, luy présentant la poincte des] hallebardes à l'estomac, duquel excès il fit plainte, le lendemain, à la Court, et y eust quelque information decrettéej de prinse de corps contre quelques-uns qui passèrent le guichet. Enfin estant ledit S"" de Cessa'c prié de quitter cestc] offense tant par les consulz que amis, il s'accorda, et n'enj fust autre chose. Ce fust le 3*^ janvier 1602 ' x.

Nous sommes mal renseignés sur l'œuvre judiciaire délai Chambre de l'Édit. Nous savons seulement que plusieurs condamnations capitales furent prononcées \ Il semble bien,! que les passions religieuses, encore très vives, rendirent difficile la tache des conseillers. Malvyn, qui avait déjà constaté l'impuissance de la Chambre d'Agen de 1578, dut prendre part avec quelque scepticisme aux travaux de celle de Nérac Il ne croyait pas à l'efficacité de ces juridictions mi-parties et il eût sans doute trouvé trop optimiste rimpression, dénuée pourtant d'enthousiasme, que l'un de ses successeurs, Cruseau, consignait l'année suivante dans sa chronique : ft Nous vacasmes à l'exercice de nos charges le moins mal que faire se peust et avec beaucoup d'accord et de patience. Mais je croys que la prudence de messieurs les praesidentsj furent (sic) cause de si bonne harmonie qui dura jusques sur] la fin de l'année ^ » C'est sans regret qu'au mois d'octobrej 1602, il quitta Nérac avec ses collègues catholiques, relevésj comme lui de leurs fonctions, pour rentrer à Bordeaux ^

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