Voir appendice, noXXXIV
4. Le texte de ce document a été publié dans les Arch. hist. de la Gir,, XXVI,
5. Procès-verbal de l'ouverture du testament de Geoffroy de Malvyn, 20 septembre 161 7 (/M., XXVI, 31).
l'humaniste
En 1363, au lendemain de Tédit d'Amboise, qui rendait la paix à la Guienne épuisée par deux ans d'anarchie et de guerre civile, parut à Bordeaux une élégante plaquette in-4° de trente-huit feuillets non chiffrés, imprimée en caractères italiques. Elle sortait des presses de la veuve Morpain, qui, cette même année, avait succédé à son mari François Morpain à la tête de l'imprimerie que lui avait transmise en 1342 son maître Jean Guyart '. Les magistrats bordelais, humanistes et bibliophiles, à qui elle fut offerte, durent l'ouvrir avec une curiosité sympathique. C'était, en effet, des vers, et des vers latins. Le premier feuillet était presque entièrement occupé par un titre qui promettait beaucoup : Gallia gemens, || De prisca Francornm || origine eorumque rehns gestis, a Faramundo || usqne ad initia regni Caroli IX. semper Augusti, Il breuis et stwcincta, inque libros très digesta descriptio. Il Per Godofridum Maluinum Burdigalensem. \\ Ad obseruandissimum patretn Carolum \\ Maluinum in ampli ssimo Bnrdigalensium II Ordine Senatorem integerrimum. || Cineri fit Musa superstes. Il Burdigalae \\ apud viduam Fr. Morpanii \\ 1^6) ^ Le livre
1. Jules Delpit, 'Origines de V imprimerie en Guyenne, Bordeaux, 1869, in-80, pp. 74-75. — A. Claudin, Les origines et les débuts de l'imprimerie à Bordeaux, Paris, 1897, in-80, p. 100. — Ernest Labadie, Notices biographiques sur les imprimeurs et libraires bordelais des XVÎ^ , XVIP et XVIIP siècles, Bordeaux, 1900, in-80, p. 85.
2. Ce titre ambitieux a induit en erreur la plupart des érudits qui ont parlé du livre sans l'avoir vu. Le P. Lelong a cru qu'il s'agissait de trois ouvrages distincts : i© un poème, la France gémissante ; 20 une dissertation, De prisca
paraissait à son heure : après les angoisses qui venaient d etreindre les âmes, on sereprenaità vivre, on était disposée goûter le plaisir délicat que procure une œuvre nouvelle. L'auteur était, sans doute, un débutant, presque un écolier : il
Fraticorutn on\^itte ; ^^ De Gallorutn rchus i^estis... brn*is (Uscriptio (^BihUoth. hist., II, nos 15378 et 15726). D'HoziER a adopté cette erreur dans sa notice généalogique; il ajoute : « Ces trois ouvrages furent imprimés à Bordeaux en 1563 » {Arm. gén., >« reg., 2^ part., p. 731). Ta.mizey DELARRoauE, d'ordinaire si bien informé, a cru à son tour à l'existence de trois li\Tes (De la fofidation de la Société des Bibliophiles de Guyetine^ dans la Reviu de Gasco^iu^ 1866, VII, 408-409); il a n:cnie supposé que le De prisai Frattcorum origine était un ouNTage d'érudition, publié à Bordeaux en 1 569 (Une lettre inédite de Geoffroy de Malvin au président de Tlxm dans les Annales de la Faculté des Lettres de BordeauXy 1879, PP- 187-188), sur la foi de Jules de Gères, qui avait dit avant lui : « Cette dissertation est imprimée dans le même volume que le poème, mais ce sont deux ouvrages entièrement différents, et le seu qui en réunit les titres est une erreur de Bernard de La Monnoye. » Le même érudit avait aussi parlé avec assurance d'un recueil des œuvres complètes de Malvyn qui n'a jamais existé (Alphabets de Guiettrtây dans la ProvificCf n» du 7 décembre 1877). Andrieu, dans sa Bibliographie géttérale de VAgenais, II, 106, a distingué à son tour trois ouvrages imprimés à Bordeaux en 1563. Jules Delpit avait, par contre, décrit exactement le volume dans ses Origines de V imprimerie en Guyenne. M. de Bordes de Portage, l'éminent bibliophile bordelais. Ta vu et l'a fidèlement décrit à son tour ; mais, abusé par l'autorité de ses devanciers, il a cité aussi, sans donner, du reste, aucune indication bibliographique, le De prisca Francorum origine comme distinct (Statistiqtie de la Gironde y d'Kld. Feret, III, 426). La Croix du Maine et Du Verdier avaient pourtant signalé un seul ouvrage et ils en avaient reproduit à peu près exactement le titre (Bibliothèque françoise^ éd. de 1772, VI, supplément, p. 82). M. Dezeimeris a- parlé en plusieurs endroits de la Gallia geniens en érudit qui connaît le livre (Recherches sur V auteur des épitaphes de Montaigne^ p. 24 ; Recherches sur la vie de Pierre de Brachy au t. II de l'édition de ses Œuvres poétiques, p. xxxvii ; De la Renaissance des lettres à Bordeaux, p. 60). Le seul exemplaire connu de l'ouvrage est à la Bibliothèque municipale de Bordeaux (no 5589). Il est particulièrement précieux. Sur le haut du titre on lit : Ex lib. Ar. de Pontac protoprœsidis catal. inscrip. ; et au bas : hic lïbellusab Def. autJx)re hujusce datus est mihi Helio Bordesio queni perlegi. Le volume est donc un don de l'auteur, et il fut plus tard acquis par son petit-fils, le premier président Arnaud de Pontac. Dans l'intervalle il avait appartenu au poète bordelais Martin Despois, comme le prouvent les annotations suivantes qu'on lit au v» au titre : Helius Bordèsius. [De la main de Despois : ] Dedtt mihi Mart. Desposio qui euni lihrum perlegi datus ante ei aut[em] fueral ah auclore. Ajoutons que les trois premières pièces liminaires présentent dans les interlignes une traduction française manuscrite. Cet exemplaire a été cité
avait dix-huit ans à peine. Mais son nom n'était pas inconnu. C'était le fils d'un conseiller au Parlement très estimé de ses collègues. Si Tindulgence était nécessaire, elle lui était assurée d'avance.
Une respectueuse dédicace du jeune Geoffroy à son père informait le lecteur qu'il avait composé ce poème aux heures de loisir que lui laissait l'étude du droit \ Dans une pièce liminaire de sept distiques latins, François Moncaud, « le poète crotté » de Bordeaux au xvi^ siècle \ comparant sans hésiter l'auteur à Virgile, s'étonnait qu'il n'eût mis que trois mois à le faire ^ Après l'avoir achevé, il l'avait gardé secret pendant au moins sept mois ; mais ses amis, en ayant eu connaissance, l'avaient obligé à le publier. Il s'en excusait, invoquant, pour se faire pardonner, d'abord cette contrainte, puis son éducation soignée, qui peut-être lui permettait d'être un peu plus audacieux qu'un autre ^.
par Louis Machon dans son Catalogue des livres de la Bihliothèqtie de monseigneur Arnaud de Pontac (Bibl. munie, de Bordeaux, ms. 830, p. 376) avec la date inexacte de 1593. Sur l'histoire de cette bibliothèque célèbre, voir la notice de Daspit de Saint- Amand qui accompagne l'édition du Discours placé par Machon en tête de son catalogue (Public, de la Soc. des Biblioph. de Guyenne^ 111,62-65).
1 . « Horis subsecundariis quibus ab altioribus paulo literis et jurisconsultorum voluminibus nobis otium dabatur. »
2. C'est le nom que lui a très heureusement donné M. Dezeimeris dans son Discours, p. 59.