‹ Geoffroy de MalvynChapitre 40 sur 155 · Quodque magis miror, quod vix Maro condidit annis · texte numérisé non relu

Quodque magis miror, quod vix Maro condidit annis

Viginti, condis mensibus ipse tribus.

4. « Est, inquam, quod gratuleris qui talem genueris, ut isto solo testimonio dubitare possis, num ad Poëticam magis quam ad Oratoriam factus videatur. De illo quod sentio, verbo dicam (novi enim adolescentem). Dispeream, ejus aetatis in humanioribus (absit assentationis labes) consummatiorem vidi neminem. Verum tu ipse id novisti : taces tamen, quod scias Geoflfredum tuum multos in posterum praecones buccinatoresque illius egregiae suae doctrinae et eruditionis habiturum, si eo quo cœpit gradu (quod tuis auspiciis perbelle praestabit) ad excellentem gloriam perrexerit ».

C'était sa première œuvre : primiim fatum, disait un magistrat bordelais, ami de la famille, Géraud d'Amalvy, dans une lettre à Theureux père, imprimée à la suite du poème, où il faisait un éloge enthousiaste du jeune homme et lui prédisait le plus brillant avenir*. Les camarades de l'auteur, les jeunes avocats au Parlement qui l'avaient pressé de se faire imprimer, s'étaient réunis pour lui faire cortège et, dans des pièces liminaires dithyrambiques, le célébraient aussi à l'envi. Etienne de Cruseau, le futur chroniqueur, qui n'était pas encore brouillé avec Malvyn, consolait la France de la mort du grand jurisconsulte Arnaud de Ferron en lui promettant un grand poète, et proclamait que l'œuvre nouvelle n'avait pas à redouter les traits des Zoïles. Maurice et Charles de Marcis, probablement deux frères, la saluaient en d'élégants distiques. Le premier se faisait connaître, la même année que Mahyn, par un recueil d'épigrammes latines % dédié à un Bordelais inconnu, avocat et poète, lo, Cruceus (Jean Lacroix?) qui avait, lui aussi, inscrit en tête de la Gàllia gemens quelques vers, où l'auteur

1 . « Neque enim me fallit, in hac adolescentia nostra lucubratîunculas meas constant! seculorum judicio et solido posteritatis consensu minime authoratas iri. Verumenimvero mihi nonnihil et ipse indulgere soleo, qui cum necessitudini multum esse tribuendum autumem, tuni etiam adolescenti liberaliter instituto neque ignobili majorum série et sordida plebeiorum natalium conditione hebescenti supra multitudinem aliquid audendum existimem » (Dédicace à Ch. de Malvyn).

2. Mauritii Martii, Btirdigalensis Epigrammata^ Burdigalac, 1563, pet. in-40^ 16 ff. Le seul exemplaire connu est à la Bibliothèque nationale (Yc 8349). Les pièces contenues dans ce recueil sont dédiées au président Christophe de Roffignac, à l'archevêque de Bordeaux Antoine Prévost de Sansac, au président Nicolas Bohier, aux conseillers Joseph de la Chassaigne, Joseph de Valier, Etienne de La Boétie, Jean de Rignac, à Antoine de Gouvéa, à Rodolphe Dubert, abbé d'Uzerche, à Elie Vinet. On y trouve aussi des épitaphes du président René de Brinon et de Tristan de Moneins, une pièce Ad urhem Burdigalam^ une autre Ad Ausonium, de Poriicu et Amphiteatro Burdig. Une des pièces à Joseph de La Chassaigne a pour sujet la villa d'Ausoiie, nom donné par le conseiller, grand amateur d'archéologie, à sa propre villa.

était mis au-dessus de Lucain pour avoir, à dix-huit ans, achevé un aussi long poème. Le même éloge lui était adressé par Pierre Paschal, avocat aussi au Parlement, plus tard maître des requêtes ordinaires de Thôtel du roi de Navarre, avec qui Malvyn conservera d'amicales relations, attestées par une lettre où, pour le remercier de lui avoir obtenu un arrêt favorable, Paschal lui envoyait de Cadillac une églogue de Buchanan '. Ce concert d'éloges hyperboliques, dans le goût du temps, était un peu redoutable pour le jeune étudiant en droit. Son poème répondait-il à ces magnifiques promesses?

Il débute par un exorde à grand fracas : une imprécation de la France (Gallià) invoquant toutes les divinités de la terre et des enfers et souhaitant de voir les plus grands maux se déchaîner. Revenue à elle, elle demande pardon aux dieux et supplie en particulier Jupiter d'avoir enfin pitié de son lamentable état. Puis elle entame brusquement l'histoire des premiers âges de la Gaule et fait naturellement un tableau de l'âge d'or, époque bénie où régnaient la paix et la fraternité :

Civilisque cruor per Gallica jugera nondum Fluxerat, et calido nondum de vulnere nostri Fervebant agri^...

1. Voir cette lettre à l'Appendice, no XXXVII. — M. Paul Bonnefon, dans son étude sur Pierre de Paschal, historiographe du roi (1^22-1^6^), Paris- Bordeaux, 1883, in-40, p. 45, no 2, a distingué l'historiographe de Henri II de son homonyme, le maître des requêtes du roi de Navarre. Il a commis une légère erreur en conjecturant que ce dernier déposa, le 9 décembre 161 3, dans l'inquisition sur l'âge, la vie et les mœurs de Pierre de Lestonnac, faite par Geoffroy de Malvyn et Jacques de Lescure {Arch. hist. de la Gir., VIII, 289-290). Le Paschal qui figure dans cet acte étant âgé de 40 ans ou environ, était le fils de celui dont nous parlons ici et qui était mort à cette date.

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