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4é CHAPITRE II
Les premières inventions produisirent tous les maux, entre autres la guerre. Si, du moins, on n'avait jamais connu que la guerre étrangère! Cette réflexion amène un éloge des vertus militaires des Gaulois, que la France, après avoir invoqué la Muse, va chanter. Elle rappelle leurs exploits au delà des Alpes, la victoire de TAllia, la prise de Rome et cette invasion renouvelée en ce siècle par les guerres d'Italie, auxquelles elle fait allusion en vers assez raboteux :
Hinc semper mansit nostris exterrita telis, Signaque pertimuit, nostrae sobolisque refugit Congressum, et pavida trépidât formidine, campis Insultare Italis ardet si nostra juventus \
Suit une brève énumération des autres conquêtes des Gaulois en Espagne, en Germanie, en Grèce et en Asie. A cet âge de fer succède une période de paix ; puis, par la volonté des dieux, la Gaule change de visage et une population nouvelle y apparaît :
Et nova forma subit, subit et novus incola terras ^.
Après avoir repris du cœur en invoquant de nouveau les Piérides, la France commence l'histoire du Troyen Francus. Au lendemain de la ruine de Troie, Francus, de la race d'Hector, s'éloigne de sa patrie sur des navires. Le dieu marin Triton soulève une tempête : les vaisseaux se brisent sur des rochers. Les Troyens descendent à terre et Francus les exhorte à reprendre courage en leur rappelant les épreuves qu'ils ont déjà subies. Après l'orage viendra le beau temps; un grand peuple sortira d'eux, grand par la puissance, grand aussi par la gloire des lettres dont il prédit la renaissance :