‹ Geoffroy de MalvynChapitre 57 sur 155 · Voir Appendice, no X · texte numérisé non relu

Voir Appendice, no X

3 . Ms. Delpit, fo 266 ro-yo. Ces quatrains ne m*ont pas paru dignes d'être publiés.

Ne sçauroit espuiser, ce los va fournissant Discours dessus discours, tant soit peu ne lassant Cil, qui reveremment comme il faut le demaine.

He ! que n'ay-je semblable au vouloir le pouvoir ? He ! que n'ay-je ton vers, qui pourroit esmouvoir Les rochers Thraciens lors que mon cœur il emble ?

Pense un peu, mon Mauvin, quel ouvrage immortel Sorciroit de ma forge alors qu'un sujet tel.

Ton style et mon vouloir seroient conjoints ensemble '.

En 1577, la mort du vieux maréchal de Monluc fournit à Malvyn une occasion nouvelle d'exercer son talent poétique. L'endurant Gascon, qui tant de fois avait risqué sa vie sur les champs de bataille de Piémont et de France, s'était vu trois jours abandonné des médecins dans Sienne, avait failli rester sous les ruines de la Tour-aux-Puces à Thionville et dans le fossé de Rabastens, s'était éteint dans son lit, sans gloire.

Mourant comme une lampe à qui l'huile deffaut ^.

Sa disparition, qui passa inaperçue à la cour, fut un événement dans la province. Son dernier fils, l'éveque de Condom,Jean de Monluc, lui fit de solennelles funérailles. Il fut

1 . La Muse chrestienne de G. de Saluste, seigneur du Bartas, A Madame MargueriU de France, Roine de Nauarre. A Bourdeaus, par Sinion Millanges^ iS74i J'^"4° ^^ 78 ff. n. chifF. sign. /i-X, car. ital. Ce volume, qui est une des plus élégantes productions de Millanges, est la première œuvre en date de Du Bartas. D contient trois poèmes : la Judit, en six livres, dédié à Marguerite de France ; Le Triomft de lafoy, en 4 chants, dédié à Guy du Faur, seigneur de Pibrac; VUranie, dédiée à Gabriel de Minut, et sept sonnets adressés à Malvyn, à Florimond de Raemond, à Pierre de Brach, au même, à Jean Foyssin, conseiller à Lectoure, à I. du Femer, jurisconsulte d'Aux (Auch), et sur la naissance du vicomte de Cogotès, fils aîné de M. de Fonterailles. Brunet (V, 98) a indiqué par erreur ce volume sous la date de 1573. Le seul exemplaire connu est aujourd'hui à Bordeaux : il fait partie de la bibliothèque de M. Ernest Labadie.

2. P. DE Brach, Les Mânes de Messire Biaise de Monluc, mareschal de France,

l'humaniste 69

m instant question de transporter à Bordeaux le corps du K conservateur de la Guienne » et de lui élever un tombeau au fond de la nef de Saint-André, « au devant du pillier du milieu des troys qui soutiennent les grandz orgues » '. Le projet ne fut jamais réalisé, mais un tombeau poétique fut du moins dressé à la mémoire de Monluc par des poètes bordelais. La première idée de cet hommage posthume appartint sans doute à Jean du Chemin, vicaire général de Condom, humaniste et poète, qui avait collaboré au Tombeau d'Arnaud de Ferron. Mais Malvyn fut à Bordeaux lame de Tentreprise. Son père était un vieil ami du maréchal : il avait été, en 1569, son collaborateur; il avait noué avec lui ^es relations intimes.; le 22 juillet 1 5 76, il avait signé comme •érnoin au bas de son testament \ Geoffroy connut aussi '^rsonnellement Monluc; il prit un vif intérêt à la rédaction ^s Commentaires ; il obtint même la grande faveur d'en faire '-ixe une copie. Aussi dut-il accepter avec empressement ^^ffre que lui fit Jean du Chemin de célébrer en vers Pilastre capitaine ^

Il a signé dans le Tombeau de Monluc deux pièces : Tune, en rançais, de deux cent quatre alexandrins; Tautre, en latin, de ^ept distiques *, dont les deux derniers permettent de sup

1 . Contrat passé par le chapitre métropolitain de l'église Saint-André de Bordeaux avec M. de Monluc, évêque de Condom, août 1579, publié par G. Tholin et Ph. Lauzun, Le château d'Esiillac, Agen, 1898, in-80, pp. 27-28.

2. Clément Simon, Le testament du maréchal Biaise de Monluc (Rec. des trav. de la Soc. d' agriculture d'Agen, 1872).

3. Il resta lié avec la famille de Monluc et composa l'épitaphe du petit-fils du maréchal, Jean-Biaise, tué au siège d'Ardres en 1596. Voir Appendice, no XV.

4. Ces pièces portent la date de 1577. J'ignore si elles furent publiées alors. Florimond de Raemond les inséra en 1592 à la fin de l'édition originale in-folio des Commentaires. Elles ont été réimprimées dans les éditions de 1592, in-80, 1661, iii-i2, 1746, in-i2, et par J. Lapaume, Le Tombeau de Michel Montaigne, Rennes, 1899, in-80, qui appelle l'auteur Godefroy Mauvin et qui y a joint un commentaire minutieux, parfois à l'excès.

poser qu'il a mis aussi la main aux épitaphes en prose qi ouvrent le Tombeau. I^ pièce latine est assez courte pour êtr citée tout entière ; elle le mérite, d'ailleurs. L'auteur fait parlej son héros et lui fait prédire, en vers fermes et pleins, sa renommée future d'écrivain :

Ignavi Pario quairant in marmore vitam

Queis vitx tantum spes jacet in tumulo ; Hx*c gessi ut niutos liceat contemnere testes,

Praxitelisque manus seu, Polyclete, tuas.

Nec vatum scriptis mea busta incisa legàntur :

Funditus extinctos hic tueatur honos.

Sic scripsiy ut possint vates nihil addere^ nobis

Sternum ingenio suppeditante decus '.

Sed ne forte meum longinquo ex orbe profectus

Ut redeat viso, praetereat tumulum, Extremi nomen sculpatur margine saxi.

Hoc satis est : populis caetera fama canet.

Sic olim qui Alpes, Italas qui fregerat arces,

Scribi unum hoc jussit : Annibal hic situs est ^

UEpiiaphe de Biaise de Monluc, mareschal de France et de Mm-

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