‹ Geoffroy de MalvynChapitre 59 sur 155 · Jean Guijon.fait aussi allusion au siège de Sienne · texte numérisé non relu

Jean Guijon.fait aussi allusion au siège de Sienne

... Senarum dira obsidionis egestas Et plus quam Perusina famés.

Connaissait-il, d'ailleurs, son héros? Pour se faire une idée juste de Monluc, il suffirait presque de prendre le contre-pied des vers suivants, qui ont tout l'air d'être ironiques :

Ht faciles aditus, et blandsc questibus aures,

Mens quoque non avidis unquani temerata rapinis,

Insontesque nianus nec iniqua caede madentes.

Voir sur Jean Guijon, Gaullieur, Hist. du collège de Guyenne, Paris, 1874, in-80, p. 273.

3. De Brach imagine Monluc aux enfers conversant avec Charon et lui racontant sa vie. Pour la valeur historique de cette pièce, je me permets de renvoyer à ce que j'en dis dans Biaise de Monluc historien, p. 2, n. i. M. Dezeimeris n'a pas jugé ce poème de commande digne d'être réimprimé.

n versifiant cette pièce, de Brach acquittait une dette, inée précédente, Malvyn avait écrit pour l'édition de ses mes une pièce liminaire de douze distiques latins, où il îbrait les succès du jeune lauréat des Jeux Floraux de ulouse et dressait en vers la table des matières de son ueil '. Ces échanges poétiques nouèrent entre le conseilet l'avocat au Parlement des liens étroits d'amitié. A l'occan de la nouvelle année, de Brach dédiait à Malvyn, pour 'estrener », une ode mi-sérieuse, mi-badine, où, tout en câblant de compliments, il se déclarait incapable de le louer nement :

Je veux donques seulement^ Me taisant honteusement, Couvrir ma simple faiblesse Des vertus qu'avare en moi.

Le ciel prodigua sur toi...

Et cependant ne refuse Cette estrene de ma Muse, Que pour avant-jeu je mets A ce que je te promets.

Mais en te donnant la tienne.

Je demande aussi la mienne ^

Ivyn s'exécuta en composant le sonnet suivant:

Amour, je n'ai long temps apris de ton école Les aigreurs, les douceurs, les espines, les fleurs, Les faveurs, les rigueurs, les plaisirs, les douleurs Dont régent tu déçois la jeunesse plus mole.

. Poèmes de Pierre de Brach Bourdelols, diuisés en trois Hures, A Bourdeaux, on Millanges, 1576, in-40 de 220 ff. — La pièce de Malvyn a été réimprimée M. Dezeimeris au début du 1. 1 de sa belle édition des Œuvres poéiiqiies de Pierre rach, Paris, 1861, in-40, 2 vol.

. Œuvres poétiques de P. de Brach y éà. Dezeimeris, II, 199-204.

Toutes fois la leçon qui mon de Brach affole.

Mon de Brach qui m'a peint de ses braves couleurs.

Me faict en sa faveur souspirer tes chaleurs.

Et qu'encor soubz tes coups tes disciples j'immole.

Sorcier de nos espritz, feinte Divinité,

Qui soubz un beau semblant masques ta cruauté, VoUeur, magicien, tyran des fantasies,

Je n'ai faict qu'esbaucher icy tes premiers traitz ; Mais si en liberté mon de Brach tu ne metz.

Je ferai voir au jour toutes tes hérésies \

Il faisait allusion dans ces vers à la flamme, aussi pure qu'ardente, dont de Brach brûlait pour sa femme, Anne de Perret. Lorsqu'elle mourut, le 8 juillet 1387, et que l'époux inconsolable décida de consacrer désormais sa Muse à la pleurer, Malvyn fut des premiers à l'approuver et à collaborer au Tombeau d\4ymée, pour lequel il composa les distiques suivants ;

Gaude, morte tua felix et nobilis umbra,

Mors tibi dat vita nobiliore frui :

Brachius ecce tuuscassam te vindicat orco,

Adscriptam cœlo syderibusque locat :

Hic tuus ittheriis ardet magis ignibus ignis,

Phœbi et purpureas vincit honore faces :

At thalami pars fida tui sic flagrat ab illo,

Luminibus radient ut sua scripta tuis.

Optandum fatum egregia; quod praemia laudis,

Quod meriti eximii pignus utrique dédit *.

De Brach ne se lassait pas, d'ailleurs, d'épancher son chagrin dans le cœur de son ami. Dans une élégie insérée au livre III des Regrets et larmes funèbres sur la mort éHAymée^ il lui racon-

1. Ms. Delpit, fo 299 r«. Public par M. Dezeimeris dans son P. de Brach, H, p. XLiv, n. I.

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