‹ Geoffroy de MalvynChapitre 63 sur 155 · Voir Appendice, nos XIX et XX · texte numérisé non relu

Voir Appendice, nos XIX et XX

3. Cruseao raconte, sous la date du 4 juin 1 597, que, présidant les disputes taux escoles de jurisprudence pour prendre ses degrés de doctorat », Jeao de Malv)ii attaqua « de convices, moqueries et injures » le sieur de Cayac, conseiller au Parlement, lequel porta l'alTaire devant la cour. Cessac intervint en faveur de son tîère Primet et « rompit le coup » en faisant .récuser les conseillers récusés dans ses propres causes (Chronique , I, 168).

4. « Sic vitam ab ineunte adolescentia institui, ut omnia ad conscîentiam, nihil

l'humaniste ioi

un savant homme ' ; il se jeta avec fougue dans la controverse religieuse et batailla contre Gilbert Primerose, pasteur de l'église de Bègles. En 1614, Primerose ayant écrit un 'libelle en français Jean de Malvyn y répondit par une déclama^ tiuncula. A une réponse dans laquelle Primerose lui repro-

" chait d'être chauve et de ne pas savoir le latin % il opposa

' une Confutatio morologùe G. Primerossi \ Les deux adversaires ne manquaient pas de verve ; celle de Jean de Malvyn est parfois populacière et sent son ligueur impénitent ^.

> Sa mort, survenue la même année ^ ne termina pas la lutte.

l . Elle fut continuée par un jésuite, qui s'était rendu célèbre

ad £axnain direxerim ; populares fumos et auras refugiens abstinui muneribus civi- Ubus procurationibusque publicis; aequales omnes mei super lilia et insignia Gallici imperii sedent; ego in inferioribus subselliis semper delitui... Vitam quietam et tranquillam egi... quamvis et nondum lanoso barbitio gênas inumbrante potuerim juvenis inter senatores allegi, ipso sufFragante senatu et renunciante » (Confutatio morolcgûeG, Primerossi,.., pp. 23-24).

1. Il avait au moment de sa mort une bibliothèque formée de 403 volumes, d'après l'inventaire de ses biens dressé le 12 août 16 14 (Arch. dép. delà Gironde, Notaires, minutes de Chadirac).

2. Adversus declamatiuttculam I.M.I.V.D [loannis Malvini juris utriusque doctoris] Gilberti Primrosii Ecclesie Burdigaîensis pastoris apologia. La Rochelle, 161 4, în-80; suivi de pièces de vers latins où Primerose est appelé Rosa et Malvyn Malva et où l'on oppose la fleur odorante à l'herbe vulgaire. Cet opuscule n'a pas été signalé par les frères Haag dans leur article Pritnerose (France Protestantey VIII, 329).

3. Confutatio moroîogix G. Primerossi auctore loanne Malvino,Primetio^causarum in Senatu Burdigalensi patrono et utriusque jurisprudentix prof essore puhlico. A

.' Bourdeaus, par S. Millanges, i6i4,in-8o. — A la suite on trouve : 1° un dialogue à la Lucien, Icaro-Primrossius sive dialogus Primrosiiet Tricongii, MDCXIIII^ in-80 de 19 pp. et I p. n. chifF., qui est une réfutation du libelle de Primerose Adversus dedamatiuncuîam..., avec un sonnet final; 2© une Responsio ad libeîîum Primerossii cathedrarii in vico Bagleano doctoris. Bordeaux, Millanges, 16 14, dédiée à Jean de Malv}^ [V.C.D.I.M.I.V.D] et terminée par 39 distiques latins.

4. Il appelle Primerose Primerossus. Il le traite d'âne et le peint prêchant « in illis effusioribus et patentioribus campis Beculani vici » (Confutatio, p. 14).

5. Et non en 161 6, comme le dit Andrieu (Bihliogr. gén. de VAgenais, II, iotJ- : Le ms. Delpit contient une épitaphe du sieur de Primet en forme de sonnet ^

(fo 105 vo).

comme prédicateur dans tout le midi de la France, Jean Gontery *, par Pierre de Lurbe, chanoine et archidiacre de Blaye ', et par le propre fils de Florimond, François de Raemond, qui dédia ses Trophées de la vérité à Geoffroy de Malvyn K Le doyen du Parlement ne s'était pas soucié de descendre lui-même dans l'arène pour défendre la mémoire de son frère. Sans doute il était grand catholique; mais ces vulgarités et ces violences lui répugnaient.

Sa carrière de magistrat s'était faite tout entière aux côtés d'un des parlementaires les plus distingués de l'époque, le président André de Nesmond. Reçu conseiller cinq mois

1 . Voir sur ce personnage la préface du t. II de son ouvrage : La Pierre de Touc})e ou la vraye metfxxie pour désabuser les esprits trotnpe:( souIk^ couleur de Reforviatiou. Bordeaux, S. Millanges, 1614, in-8, 2 parties en 2 vol. (la 2« partie est dédiée à « Mes^'igneiirs de la cour du Parlement de Bordeaus, »), à laquelle le pasteur Jean Cameron répondit par le Discours apologétique pour ceux de la Religion reformée au jugewetil de Dieu. Bergerac, 16 14, in-8 (voir sur Cameron la notice de la France protestante y i^éd , III, 658-665). Gontery avait écrit aussi : La Correction fraternelle dressée pour la réfutation d'un libelle diffamatoire intitulé le Voeu de Jacob, escrit par un Escossois nommé Gillebert Primros, ministre de Begle les Bourdeaus. Bordeaux, S. Millanges, 16 14, in-8, en réponse au Vani de Jacpb opposé aux vœux des moines, par Gilbert Primerose, ministre de la Parole de Dieu en V Eglise de Bordeaux. Bergerac, Gilbert Vernoy, 161 o, 5 vol. in-8. — Le ms. Delpit contient (fo2i6ro) une curieuse lettre originale de Gontery à Geoffroy de Malvyn, datée d'Agen, 19 décembre 1 595 : au lendemain de la conversion de Henri IV, le jésuite jette pardessus bord ses opinions ligueuses et proclame son loyalisme.

2. Briefvc repfutation de quelques poincts principaux du libelle diffamatoire de Gilbert Primerose, soy disant Pasteur de VEglise reformée de Bourdeaus. Bordeaux, S. Millanges, 1614, in-8 [bibliothèque de M. E. Labadie]. A la fin, un sonnet résumant l'historique de la querelle et faisant allusion à la part qu'y prit aussi un avocat bordelais, Blouin, contre qui Primerose écrivit une Défense de la religion réformée. contre F. Blouin. Bergerac, 1618, in-12.

3 . Les Trophées de la vérité contre les fausseté:^, cotisequances impies et interventions humaines des prétendus reforme:^ et la dernière deffaicte du ministre de Begle,.. Bordeaux, par Arnaud du Brel, 161 5, in-8. L'ouvrage est anonyme, mais la dédicace est .signée F. D. R. et l'exemplaire de la Bibliothèque municipale de Bordeaux, qui

• •• 5>rpvient Ju collège de la Madeleine, porte cette inscription manuscrite : Dono • \ *Aiithoris Dni de Raymond.

avant que Malvyn fût pourvu de sa charge ', Nesmond mourut quelques mois avant lui. Le 28 mars 1611, cest sur le rapport de Malvyn que le Parlement avait enregistré les lettres de premier président en sa faveur à la place de Guillaume Daffis ^ Nesmond nous est connu par un gros volume, où son fils a réuni ses plus fameuses harangues et quelques arrêts célèbres K Le premier de ces arrêts, en date du 25 mars 1595, est relatif à un procès « touchant la location d'une maison infestée des esprits ». On sait combien les questions de sorcellerie et de magie préoccupaient alors lopinion ; quelques années plus tard, un conseiller au Parlement, Pierre de Lancre ne dédaignera pas d'écrire plusieurs ouvrages sur la matière. Dans l'affaire jugée par Nesmond, il s'agissait d'un bail rompu dans une maison de la rue de la Rousselle, qui passait pour hantée. .Le public se passionna. Le jour où l'arrêt fut rendu, il y eut foule au Palais. C'est Pierre de Brach qui nous' l'apprend :

* • Ainsi lorsque l'huissier, heraud du Parlement,

Eust ouvert le parquet, et huche hautement, Au son retentissant de la voix recognue La troupe foule à foule en torrent est venue Desbonder dans l'entrée, entrecherchant d'avoir Quelque place commode à t'ouir et te voir :

A grand peine on attend que ta voix on entende. Que plus tost le silence à chacun ne commande ; Tous béent après toy et tiennent curieux Leur parole en la bouche et dessus toy les yeux ^.

1 . Le 6 mars 1 568. — Voir, sur Nesmond, la notice de Communay, Le Parlement de Bordeaux t pp. 54-59.

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