Chapitre II. La miniature a été enlevée
Chapitre III. La miniature occupe la page au verso du titre de ce chapitre. Sur le devant, des couples amoureux s'entretiennent, soit assis, soit en se promenant. Les hommes portent des toques à longues plumes, commme on les représente dans les bas-reliefs de l'hôtel de Bourgtheroude. La disposition d'architecture du fond est délicieuse. A côté d'un arc de triomphe se dresse la tour d'amour. Des flammes s'échappent de toutes ses fenêtres, et cependant par sa porte se précipite une longue procession de femmes, poursuivie par un Amour aux yeux bandés. L'artiste a peint la lettre initiale de son nom sur la tour.
Chapitre IV. Dans cette miniature, la figure de Pétrarque, deux fois répétée, semble être la reproduction d'un portrait original. Le G se voyait sur une pierre du premier plan, il a été effacé.
« Sensuyt le secund triumphe de messire Francisque Pétrarque qui est le triumphe de Chasteté. »
La miniature occupe deux pages qui se font face, mais elle forme deux compositions séparées. Les bâtiments du fond sont disposés dans un goijt quasi italien, sans être toutefois la reproduction d'aucun monument connu. Godefroy a placé son G à gauche, sur un arbre, en compagnie de trois lézards, circonstance qui ne doit pas passer inaperçue, parce qu'elle se reproduit plusieurs fois, comme si le nom de ces animaux avait quelque rapport avec celui de l'artiste.
2i8 Troisième Partie.
« Triumphe de la Mort qui est le troysiesme triumphc de Pétrarque. )>
La miniature est une des plus curieuses et des mieux conservées. La Mort, tenant sa faux, est debout, au-dessus d'une jeune femme étendue morte sur le char de triomphe. C'est bien le triomphe italien, comme nous en avons tant de compositions. Ici la miniature est double , ainsi que le sujet. Le G se voit au bas.
Chapitre IL Miniature sur une seule page. La mort de Laure. La j eune femme est étendue sur le lit funèbre. Elle est entourée de ses compagnes, qui tiennent des palmes dans leurs mains. On aperçoit dans le haut l'apparition de la Vierge au milieu du ciel. C'est un ensemble très-gracieux, remplissant bien le cadre, et d'un charmant effet.
Chapitre III. Pétrarque et Laure sont assis sous l'ombrage de grands arbres, au bord d'une pièce d'eau agitée par deux cygnes. Ces deux mêmes personnages se voient encore dans le fond , répétés deux fois en plus petite proportion, selon les plans. Une ordonnance d'architecture d'un goût assez italien ferme la perspective du fond. Le G est marqué sur une pierre qui se trouve aux pieds de Pétrarque et de Laure.
Évidemment Godefroy avait étudié quelques portraits de ces deux personnages, et il les répète avec succès dans leurs différentes poses. Les arbres sont rendus avec tant d'habileté qu'on croirait reconnaître le pinceau d'un paysagiste, et un effet général très heureux donne à cette miniature toute la valeur d'un tableau.
« Sensuyt le cinquiesme triumphe de messire Francisque Pétrarque qui est le triumphe du Temps. »
La miniature occupe les deux pages et forme deux compositions. Dans l'une, le Temps, exprimé par les signes du zodiaque et par les allégories de l'antiquité, marque sa marche dans le ciel ; les humains en subissent l'influence sur la terre. L'artiste a signé son œuvre, au bas, adroite, et cette fois de son nom entier : Godefroy. Sur l'autre miniature se déroule le triomphe du Temps. Il passe dans son char, tiré à quatre chevaux lancés au galop, entre les quatre Saisons. On voit au bas, à gauche, un G et deux lézards.
« Sensuyt le sixiesme et derrenier triumphe de messire Francisque Pétrarque qui est le triumphe de la Divinité. «
Une miniature double suit ce titre. Dans l'une, on voit Dieu le Père et Jésus-Christ, sur les têtes desquels plane le Saint-Esprit, assis sur la
Iconographie. 219
boule du monde et présidant au dernier jour. Des flammes tombent du ciel sur les humains, qui se partagent en bons et en mauvais; des anges conduisent paisiblement les uns, les diables poursuivent brutalement les autres. Au bas, à droite, le G. Sur l'autre page. Dieu le Père et Dieu le Fils, également surmontés du Saint-Esprit, sont assis dans un char de triomphe traîné parle bœuf, le lion, l'aigle et l'ange, qui sont les attributs des évangélistes. Ils s'avancent, entourés de tous les dignitaires de l'Église. L'Amour païen, les yeux bandés, est étendu mort par terre près des roues du char; une longue file de saints et de saintes, cachés jusqu'à mi-corps par un pli du terrain , suivent sur le premier plan la direction du char. Cette disposition a permis à l'artiste de donner à ses figures de plus grandes proportions et d'exprim.er leur physionomie avec soin. Le G se voit au bas de la miniature sur le terrain.
Toutes ces miniatures, peintes en grisaille avec des ciels et des eaux bleues, avec quelques détails colorés, ont en hauteur 86 millimètres, en largeur 68.
Comte LÉON DE Laborde.
On lit dans le catalogue de la bibliothèque de M. Firmin Didot père, vendue en 181 1 (in-80, 18 10, p. 124, n^SSo), la description suivante d'un magnifique manuscrit :
« Les trois premiers livres de Diodore Sicilien, translatés de latin en français par maître Antoine Macault. Petit in-fol. maroquin bleu, dentelles, lavé, réglé, relié aux armes de François F'"", dont il porte le chiffre sur le dos et sur la couverture.
« Superbe manuscrit sur vélin, présenté à François F"", contenant lyS feuillets de 3o lignes à la page. 11 est orné de miniatures et d'un grand nombre de lettres initiales peintes avec le plus grand soin.
« La première miniature représente François l" entouré
220 Troisième Partie.
des seigneurs et des savants de sa cour; elle a lo pouces de haut sur 6 et 1/2 de large. Cette peinture , d'un grand fini dans l'exécution, a le mérite d'offrir les traits de plusieurs grands hommes de ce temps. Toutes les pages où commencent les chapitres sont encadrées dans des filets d'or et d'outremer. Les lettres initiales ont 19 lignes de haut sur 12 de large. Plus de cinquante de ces initiales offrent la peinture de l'objet principal de chaque chapitre. Le troisième livre surtout présente , à commencer de la p. i3o, une suite de petites miniatures d'une perfection admirable et de la plus grande exactitude de formes.
ce Ce manuscrit a le mérite d'être de la plus belle conservation. »
Ce livre fut adjugé à M. Brunet, l'auteur du Manuel du Libraire, au prix de 1,476 francs (non compris les frais habituels), pour William Beckford, esq., résidant à l'abbaye de Fonthill, dans le comté de Wilts, dont Salisbury est le chef-lieu. L'auteur du Reperîorium Bibliographicum , imprimé à Londres (in-8'^) en i8ig, nous apprend en effet que le manuscrit de Macault se trouvait alors dans la bibliothèque de cet amateur distingué, qui est décrite pages 2o3 à 23o I.
Voici la description qu'on y trouve de notre manuscrit :
« DiODORE. — Les trois premiers livres de Diodore Sicilien , historiographe grec des antiquitez dEgipte , Ethiopie et autres pays dAsie et dAffrique. Translatez de latin en francoys par maistre Anthoine Macault, notaire, secrétaire et valet de chambre ordinaire du roy. »
« Folio, ms. on vellum, in the original binding; the sides strewed with fleurs de lis and the initial letter F.
I. Suivant un renseignement qui m'a été fourni d'Angleterre, il paraît que ce beau manuscrit de Macault est aujourd'hui dans la bibliothèque du duc d'Hamilton (Hamilton house, n» 22, Arlington street, Piccadilly, à Londres).
Iconographie. 221
« On one side, in a square compartment , in gold letters :
DIODO
RE
SI
CILIEN
« On the opposite side :