I. J'ai décrit ce livre p
J46 Troisième Partie.
(Bibl. imp., Y. 4572J. En i55o, un certain Guillaume Alard (peut-être gendre de Fezandat), qui demeurait « e regione collegiide la Mercy, » s'en servait également ainsi. Voyez à la Bibliothèque impériale, section des estampes, œuvre de Tory. L'apparition de cette marque sur le livre du libraire Alard provient peut-être uniquement de ce que ce livre a été imprimé par Fezandat. Je n'ai pu vérifier le fait, parce que le fragment de frontispice où j'ai vu cette marque et le nom d'Alard ne contient pas le titre du livre. On voit seulement au verso quelques vers grecs qui donnent à penser qu'il s'agit d'un ouvrage de Jean Blaccus Danois, dont on a déjà une traduction en vers latins d'Isocrate, imprimée également en i55ochez Regnault Chaudière, in-4<' (Sermonum liber iinus ex Isocratis notione de regno, carminé heroico. Bib. Mazarine, 14524). Ce G. Alard n'est pas nommé par Lottin dans son Catalogue des imprimeurs-libraires de Paris. Je trouve encore cette marque dans un petit volume intitulé le Bouquet des fleurs de Sénèque. A Caen, de l'imprimerie de Jacques le Bas, imprimeur du roy, iSgo, in-8°. (Bibl. imp., Y. Falconet, iiSjô.) Je vois encore la marque de Fezandat sur un livre publié par le libraire J. Dupuy en 1549. {Novum Testamcntum, grec et latin, in-i6.) Pourquoi ? Je l'ignore.
Gibier (Eloi), imprimeur à Orléans. — Une marque représentant une presse. Cet imprimeur, dont la plus ancienne impression connue est datée de i5 5g, a évidemment exercé plusieurs années auparavant. Voici au reste ce qu'on lit à son sujet dans la Bibliothèque historique des auteurs Orléanais, de dom Gerou, conservée en manuscrit dans la Bibliothèque publique de la ville d'Orléans : « On peut dire en quelque manière qu'Éloy Gibier est
Iconographie. 347
le premier imprimeur d'Orléans : Mathieu Vivian et Pierre Asselin l'avaient précédé, mais on ne connaît qu'un seul ouvrage imprimé par chacun de ces imprimeurs, au lieu que d'Eloy Gibier on en a une grande quantité. On ne sait pas quand il a commencé, mais le plus ancien livre imprimé par lui que nous connaissions est de 1559. D'abord, dans le frontispice de ses ouvrages il ne mettait aucun chiffre. La place où le chiffre doit se trouver était entièrement vide; mais dans la suite il en mit un, et encore ne s'en servait-il pas toujours. Ce chiffre était une presse d'imprimerie autour de laquelle on lisait : In sudore vultus tui vesceris pane îuo. « J'ai vu cette marque sur les Coutumes générales d'Orléans, imprimées par Gibier, en iSyo, in-S", et qui se trouvent à la Bibliothèque de l'Institut, L. 35o H, Mais il adopta ensuite la marque de Conrad Bade. Voyez ce nom.
GouRMONT (Gilles de), imprimeur-libraire à Paris de i5o6 à i53o. — Trois marques. La première, en forme de cadre, se trouve sur le titre de neuf comédies d'Aristophane, imprimées chez Pierre Vidove, aux frais de Gilles deGourmont, en 1 528, in-4" (Bibl. imp., 4", Y. 335, A) : on en trouvera la description p. 256; la seconde représente la Renommée : c'est une femme nue et ailée, sur le corps de laquelle on voit des yeux, des langues et des oreilles. Au bas on lit sur une banderole : Ecquis incoMBERE FAM^, sous-entcudu sans doute POTERiT. Lacroix de Lorraine paraît à gauche, tout au bas de la gravure. J'ai vu cette marque sur un petit livre intitulé : Alphabetum hebraicum^ et formant 8 feuillets, imprimé par Pierre Vidove (Silvestre, n° 98). Quoique le nom de Gourmont ne paraisse nulle part ici, je ne doute pas que cette marque n'appartienne à Gilles de Gourmont, car elle est
^^8 Troisième Partie.
accompagnée de ses deux initiales E et G {Egidius Gourmontius) placées, la première à gauche, la seconde à droite, et nous allons voir que cette marque fut ensuite celle de Jérôme de Gourmont, fils ou neveu de Gilles. Peut-être est-ce à cause de l'emprunt des caractères hébreux de Gourmont que sa marque paraît sur ce précieux livret, dont voici la description : i''^ page en commençant par la fin, suivant l'usage hébreu et arabe, la marque de Gourmont dans un cadre en pièces mobiles. Au verso de ce titre, l'épître de Pierre Vidove au lecteur (elle est datée de sa maison, le r'' août i53i); puis le texte, terminé par cette souscription : « Petrus Vidovœus Vernoliensis excudebat Lutetiae. « Puis enfin la marque de cet imprimeur, la Fortune, avec les mots : Audenîes juvo (Silvestre, n° 65). La troisième marque de Gilles de Gourmont signée de la croix de Lorraine a été publiée par M. Silvestre (n" 826). Elle représente les armes des de Gourmont : un écu coupé, trois roses en chef et un croissant en pointe, ayant pour cimier un saint Michel tenant une épée nue, et pour support deux cerfs ailés ayant au cou une couronne ducale. Ce sujet, beaucoup plus développé, figure sur la première page des Tableaux des arts libéraux de Savigny, in-plano, publié en iSSy par les fils de Gilles de Gourmont, Jean et François, qui exercèrent après lui rue Saint-Jean-de-Latran '.
I. L'apposition de ces armes sur la marque typographique de Gilles de Gourmont prouve, contrairement à l'opinion commune, que la profession d'imprimeur ne faisait pas déroger. (Voyez au reste ce que j'ai dit à ce sujet dans mon livre sur l'origine de l'imprimerie, t. l,p. 210, et t. Il , p. 89.) Les Gourmont de Paris étaient en effet issus d'une famille noble du Cotentin, qui subsiste peut-être encore, et qui portait les mêmes armes au dix-septième siècle. Gilles de Gourmont était venu se fixer à Paris vers les dernières années du quinzième siècle, ainsi que plusieurs autres de ses frères, qui exercèrent la même profession que lui. L'aîné,
Iconographie. 349
GouRMONT (Jérôme de), imprimeur-libraire à Paris de 1524a i553. — Une marque représentant la Renommée, copiée sur la seconde marque de Gilles de Gourmont que nous venons de décrire, mais dans une pose inverse. Au-dessous de l'inscription Ecquis incombere fam^, on voit, dans un petit cartouche, les initiales H. D. G. (Hierome de Gourmont), au-dessus duquel est la croix de Lorraine. J'ai vu cette marque sur un volume publié à Paris en i 534, P^^" Jérôme de Gourmont, sous ce titre : PauU Paradisi... de modolegendi hebraice dialogus (Bibl. imp., in-8", X, 64), et sur un autre aussi publié à Paris {Dionys'u) en i535, sous un titre grec dont voici la traduction latine : Apollonius Alexandrinus, de Constructione (Bibl.
Robert, paraît déjà dans cette ville en 1498; Jean, le puîné de Gilles, ne paraît qu'en 1 507. On voit encore figurer un Jérôme et un Benoît, libraires à Paris vers le milieu du seizième siècle. J'ignore quels étaient leurs liens de parenté avec les premiers. Peut-être étaient-ils fils de Robert. (Benoît, marié à Catherine Goulard, fit baptiser un fils sous le nom de Gilles à l'église Sainte-Croix-en-la-Cité , le 9 octobre 1540.) On voit également paraître un Jean-Théobald de Gourmont à Anvers en 1 527. Quant à Gilles, il exerça la librairie et l'imprimerie de i (06 à 1533 environ, et laissa deux fils, Jean et François, qui conservèrent son établissement, rue Saint-Jean-de-Latran, et y imprimèrent, en IJ87, les Tableaux des arts libéraux de Christophe de Savigny. C'est un in-plano en tête duquel on voit une magnifique gravure représentant les armes de la famille ayant pour support deux cerfs ailés couronnés au cou de couronnes ducales, et pour cimier un saint Michel tenant une épée nue. Cette composition remarquable, qui porte le chiffre des deux frères, doit être de Jean, l'aîné, qui était peintre et graveur. Le Musée du Louvre possède un tableau qu'on croit de lui [Notice des tableaux du Louvre , 3*= partie , p. 1561; il est l'auteur d'un beau portrait du cardinal de Bourbon cité par Mariette, et qui se trouve au Cabinet des estampes ; il est également cité par l'abbé de Marolles et par Papillon pour des cavalcades et des morceaux d'ornement dont la marque (formée des lettres IDG accolées) et le nom se trouvent sur plusieurs pièces citées par Brulliot, sut des planches d'une Bible de 1 560, et sur certaines pièces de Tortorel et Perrissim (Renouvier, Maîtres graveurs du seizième siècle, p. 195). On voit que Gilles eut de dignes successeurs ; malheureusement, en eux s'éteignit la race des Gourmont de Paris.
350 Troisième Partie.
Mazarine, in-8°, 20061.) Jérôme de Gourmont a encore publié au moins un autre livre à DyonisU en i535; mais je n'en connais pas le titre, que je n'ai pu voir. Tout ce que je puis dire, c'est qu'Ausone est cité dans la préface latine placée au verso du premier feuillet, dont je n'ai vu qu'un fragment en la possession de M. Silvestre.
Je pense que Gourmont exerça l'imprimerie, quoiqu'on ne le mentionne que comme libraire dans les ouvrages de bibliographie. Les livres que je viens de mentionner prouvent que c'était un érudit qui suivait les traces de Gilles de Gourmont. Le premier de ces livres, en effet, qui est en latin, renferme quelques mots d'hébreu ; le second est tout entier en grec.
J'ai vu un petit livre imprimé en i SSg à Paris, avec la marque de Jérôme de Gourmont, c'est Pugna porcorum per J. Porcium, in-8°. On lit à la souscription, au-dessous de la marque : Pansus, apud Anthonium Bonnemere. Anthoine Bonnemère était-il éditeur pour Jérôme de Gourmont ou son successeur à la même enseigne ? C'est ce que j'ignore.
Gourmont (Benoît de), libraire à Paris. — Une marque représentant un homme placé au-dessus de deux précipices ; au-dessus de lui est une banderole où on lit : UNDiQVE PRAEciPiTivM, et au-dessous les initiales B. D. G. (Silvestre, n° 838.)
Grandin (Louis), imprimeur-libraire à Paris de 1542 à i553. — Deux marques. Voyez Silvestre, n°5 277 et 4 16. Elles représentent deux hommes, dont un reçoit une sphère de la main de Dieu ; l'autre en tient une qui se brise entre ses doigts. Sur la dernière marque on lit :
Iconographie. 351
(c Confidere in Domino bonum esse quam confidere in homine. Ps. 117. »
GuEULLARD (Jean), imprimeur-libraire à Paris de i552 à i553. — Deux marques représentant le Phénix sur des flammes ' dans un cadre ovale; la plus petite porte dans le cadre : Anior vitx acer nimis, et plus bas les initiales de Gueullard, I. G. (Silvestre , n° 790.) Cette marque a o"'.o5 5 de hauteur sur o"'.o44 de largeur. Je l'ai vue sur un livre intitulé : « Patri Ruffi Druydae dialectica, nuper ab eodem autore emendatur. » 3« édit., in-4", i 553. Bibl. Mazarine, 14290. La plus grande porte dans le cadre : Mori vivere mihi est; elle a o'".o87 de hauteur sur o'".o63 de largeur. (Silvestre, n° 882.) Je l'ai vue sur un livre intitulé : « Hexastichorum moralium libri duo, per Nie. Querculum Tortronensem Rhemum, i552. » In-4°, Paris. (Bibl. imp. , Y. 2617.) Voy. Harsy (Olivier de).
GuiLLARD (Charlotte), imprimeur-libraire de i5i8 à i556. — Une marque représentant son enseigne, un soleil d'or dans un ciel étoile. Au-dessous, deux lions debout tenant un écusson où sont ses initiales, C. G. Cette dame exerça l'imprimerie pendant plus de cinquante ans. Elle épousa d'abord, en i5o2, Berthold Rembold, associé du premier imprimeur de Paris, Ulric Gering. Berthold, qui avait fixé son domicile rue Saint-Jacques, au Soleil d'or, ayant laissé Charlotte veuve en i5i8, elle exerça seule jusqu'en i520, époque où elle épousa Claude Chevallon, qui vint habiter la même maison. Claude Chevallon étant mort à son tour en 1542, Charlotte continua à exercer jusqu'en i556. C'est à l'époque de
I. Gueullard demeurait à l'enseigne du Phénix, e regione collegii Remensis.
5C2 Troisième Partie.
ce second veuvage que fut gravée la marque en question ' , que nous donnons ci-dessous. Claude Chevallon portait sur la sienne, par allusion à son nom, deux chevaux debout (cheval-long). M. Silvestre a pourtant publié une marque de lui où l'on voit les lions (n° SpS).
Harsy (Olivier de), libraire à Paris de i556 à i584, s'est servi de la marque de Gueullard sur divers ouvrages de Nicolas Ellain, entre autres : « Elegia libri duo ad Joach. Bellaium, quo adhuc vivo eos scripsit. (i56o, in-4".) Parisiis, e typogr. Olivarii de Harsy, ad Cornu cervi, in clauso Brunello. » (Bibl. imp., in-4", Z. 2120. V. 891,) J'ignore pourquoi Olivier de Harsy avait adopté la marque de Gueullard. Voyez ce nom.
1. Je l'ai vue sur un livre in-4'' intitulé « Institutionum civilium libri quatuor. IJ50- Parisiis, apud Carolam Guillard , viduam Claudi Chevallonii, sub Soli aureo, et Guilelmum Desbois, sub Cruce Alba, in via divi Jacobi (Saint-Jacques).»
Iconographie. 355
HoTOT (Fabian), imprimeur à Orléans. Voyez Bade (Conrad).
Houic (Antoine), libraire à Paris. Voyez Regnault (Barbe).
Kerver (Thielman II), imprimeur-libraire à Paris de i53o à I 55o. — Une marque représentant l'écu des Kerver. C'est un gril {cratis) tenu par deux licornes et accompagné des lettres T. K. Au bas, les noms de cet imprimeur au long, THiEMAN (sic) KERVER. Cette marque paraît sur un livre d'Heures de i55o. Voyez ci-devant, p. 3l2.
Le Bas. Voyez Fezandat.
Le Coq (Jean), imprimeur à Troyes de i5o6 à i525. — Une marque représentant deux loups encapuchonnés, tenant l'écu de Le Coq (un coq) pendant à un arbre ; audessous on lit : Jean Le Coq. (Silvestre, n° 875.) Cette marque paraît déjà dans un Graduel de i52i, décrit p. 234. On la retrouve sur un livre d'Heures à l'usage de Toul publié en 1541 , et renfermant beaucoup d'autres gravures signées de la double croix ' . On la voit également dans un petit livre publié de nos jours par le libraire Aubry (Bibliothèque de l'Amateur champenois, 2^ livraison. Construction d'une Notre-Dame, p. 59). C'est dire que ce bois existe encore; il appartient à M. Aubry, libraire à Paris.
Le Noir (Philippe), imprimeur-libraire à Paris de i520 à 1539. — Trois marques. (Voyez Dibdin, Decameron bibliogr., t. II , p. 43; Silvestre, n° 61 2; et, plus haut, la