Ibld., fol. 41 v
j. Des types, etc., 2^ fascicule, seizième siècle, p. f66.
26 Prem 1ère Partie.
de l'architecte manseau ; mais c'est une hypothèse erronée : la fin de la citation prouve qu'ils ne s'étaient Jamais vus. D'ailleurs Tory revendique un peu plus bas, d'une manière très -pertinente, l'honneur d'avoir été son propre maître dans cette matière : « le ne sache autheur grec, latin ne francois qui baille la raison des lettres telles que iay dicte, par quoy ie la puis tenir pour myenne, disant que ie Iay excogitee et cogneue plustost par inspiration divine que par escript ne par ouyr dire. Sil y a quelcun qui laye veu par escript, si le dye, et il me fera plaisir '. »
On voit que Tory ne transige pas sur sa théorie, qui, pour être différente de celle de ses devanciers 2, n'en est pas meilleure. Au reste, quelle que soit son opinion sur le type originel des lettres romaines, ce n'est là, à mon avis, qu'un avant-propos qu'on peut passer sans inconvénient. Le fonds de son travail est dans le troisième livre. Il ne quitte pas le second , toutefois, sans revenir à la charge en faveur de sa langue maternelle.
« le scay, » dit-il, « quil y a mains bons esperits qui escriroient voluntiers beaucop de bonnes choses silz pensoient les pouvoir bien faire en grec ou latin , et neanmoings ilz sen déportent de paour de y faire incongruyte ou autre vice quilz doubtent , ou ilz ne veulent escrire en francois, pensant que la langue francoise ne soit pas assez bonne ny élégante. Saulve leur honneur, elle est une des plus belles et gracieuses de toutes les langues humaines, comme iay tesmoigne au premier livre par authorites de nobles et anciens autheurs, poètes et orateurs, tant latins que grecqs'. »